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17/12/2014 08:04 EST | Actualisé 16/02/2015 05:12 EST

Australie: l'auteur de la prise d'otages n'était plus sous surveillance

AAP/9news

SYDNEY - L'auteur de la prise d'otages mortelle de Sydney, en Australie, n'était plus dans la mire des autorités depuis des années, même si son nom apparaissait jadis sur la liste de surveillance de l'agence nationale de sécurité, a révélé mercredi le premier ministre.

Man Haron Monis, un homme de 50 ans d'origine iranienne qui se présentait comme un leader religieux musulman, a pris 17 personnes en otage dans un café du centre-ville de Sydney lundi matin. Les policiers ont donné l'assaut 16 heures plus tard. Deux otages ont alors été tués, en plus de Monis.

Le premier ministre Tony Abbott a indiqué que Monis se trouvait sur la liste de surveillance de l'Organisation australienne du renseignement de sécurité en 2008 et 2009, mais qu'il en a ensuite été retiré. L'agence s'intéressait à Monis parce qu'il avait envoyé des lettres choquantes aux familles de soldats australiens tués.

«Je ne sais pas pourquoi son nom a été retiré de la liste à cette époque, je ne le sais vraiment pas», a admis M. Abbott.

Monis a écopé l'an dernier de 300 heures de travaux communautaires pour avoir envoyé des lettres insultantes aux familles de soldats morts en Afghanistan. Il a ensuite été accusé de complicité en lien avec la mort de son ancienne épouse. Plus tôt cette année, il a été accusé d'une agression sexuelle commise en 2002.

«Nous devons particulièrement comprendre comment un individu au passé aussi violent et à l'instabilité mentale aussi bien documentée a pu profiter d'une libération sous caution après avoir participé à un crime aussi horrible, a dit M. Abbott. Et nous devrons comprendre comment il a pu glisser de la liste de surveillance de l'agence de sécurité en 2009.»

M. Abbott a ajouté que Monis, qui était muni d'un fusil de chasse pendant toute la crise, disposait d'un permis d'armes. Les policiers de Nouvelle-Galles du Sud disent toutefois que cela n'était pas le cas.

«Il est clair que des questions doivent être posées quand un individu avec une telle histoire d'extrémisme, de criminalité violente et d'instabilité mentale peut obtenir un permis d'armes, a poursuivi le premier ministre. Nos lois sur les armes à feu sont très strictes et je pense qu'on peut se réjouir qu'il n'ait pas eu une arme encore plus puissante. Mais pourquoi avait-il un permis d'armes pour commencer?»

Une certaine confusion persiste toutefois quant à savoir si Monis détenait réellement un permis d'armes.

M. Abbott a promis que cette tragédie fera l'objet d'une enquête transparente et un rapport est attendu en janvier. Le premier ministre a dit qu'il est impossible pour les agences de sécurité de surveiller tout le monde, ce qui les oblige à décider qui représente la menace la plus importante pour les vies innocentes.

Le caméraman Greg Parker de la chaîne Channel Seven, dont les bureaux se trouvent directement devant le café Lindt, a été un témoin privilégié de la crise. Il a raconté qu'un tireur d'élite de la police s'est installé dans leurs locaux, d'où il avait une vue incomparable de la situation. Quand un coup de feu a retenti vers 2 h, mardi matin, ce policier a lancé, «Fenêtre deux, otage au sol», provoquant l'intervention policière.

«S'ils (les policiers) n'étaient pas intervenus ça aurait pu être bien, bien pire», a dit le commissaire de la police de la Nouvelle-Galles du Sud, Andrew Scipione.

M. Scipione a dit que la police s'était opposée à la libération sous caution de Monis, mais que le tribunal en a décidé autrement. Il a ensuite expliqué que Monis ne se trouvait sur aucune liste de surveillance parce que les accusations contre lui n'étaient pas de nature politique.

Des milliers de personnes continuaient mercredi à visiter Martin Place, le site de la tragédie, où les gerbes de fleurs s'accumulent devant les portes du café.

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