POLITIQUE
15/12/2014 12:38 EST

Québec offre le gel de salaire sur deux ans à ses employés (VIDÉOS)

Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, a fait cet après-midi le point sur les offres du gouvernement libéral aux employés de l'État, déjà largement connues.

Le gouvernement de Philippe Couillard propose un gel de salaire aux employés de l'État sur deux ans, suivi d'une augmentation annuelle de 1 % pour les trois années suivantes.

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Les syndicats représentant plus de 400 000 employés de l'État ont pris connaissance des propositions du gouvernement de Philippe Couillard en prévision des négociations de leur prochaine convention collective, laquelle arrive à échéance le 31 mars prochain.

L'équipe de négociation du Conseil du Trésor a donc rencontré les syndicats représentant les employés de l'État des secteurs de l'éducation, de l'enseignement supérieur, de la santé, des services sociaux et de la fonction publique.

Un écart important sépare les parties à l'aube de ces négociations, puisque les syndiqués réclament, notamment, des hausses salariales d'au moins 13,5 % au cours des trois prochaines années. Les groupes syndicaux ont présenté leurs demandes financières au Conseil du Trésor le 30 octobre dernier.

« La gestion des ressources humaines doit présenter plus de flexibilité et plus de souplesse qu'elle ne le fait actuellement. » — Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux

La mise à jour économique déposée au début du mois de décembre par le ministre des Finances, Carlos Leitao, donnait une indication de la direction qu'entend prendre le gouvernement. La mise à jour économique révélait la volonté du gouvernement de récupérer près de 690 millions de dollars dans ses dépenses de rémunération en 2015-2016. Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, a confirmé que les fonctionnaires devraient faire un effort dans l'intérêt de tous les Québécois.

Plusieurs rumeurs circulent à la suite des révélations du journal La Presse sur la possibilité de réduire les congés de maladie ou encore d'augmenter le nombre d'élèves par classe.

La vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, affirme que son syndicat est prêt à négocier avec le gouvernement. « C'est un dialogue qui va être difficile. Je pense qu'on peut s'attendre à ça. On y va carrément avec l'optique qu'on va défendre nos propositions. On va expliquer en quoi elles peuvent être non seulement heureuses en termes de conclusion pour les membres qu'on représente, mais qu'elles pourraient aussi constituer des solutions intéressantes pour le gouvernement », a-t-elle ajouté.

Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, semble encore vouloir prêcher les restrictions. « Ça va être une offre qui va tenir compte de la capacité de payer des Québécois. Mais ça, ce sont des choses dont on a déjà discuté. J'ai rencontré au mois de septembre tous les syndicats et j'ai expliqué quelle est la situation budgétaire et économique. Je pense que les gens vont être appelés à faire un effort, encore une fois, dans l'intérêt de tout le monde », a signalé Martin Coiteux.

Le député de Québec solidaire dans Mercier, Amir Khadir, a tenu à rappeler au président du Conseil du Trésor qu'il y a d'autres solutions pour récupérer de l'argent. « Au lieu d'une hausse du ratio maîtres-élèves, je dis à M. Coiteux, ce sont des économies de bouts de chandelle sur le dos de nos élèves qui vont diminuer la qualité des services à nos élèves, à notre Québec de demain. Moi, j'aimerais mieux augmenter le ratio impôts-profits des grandes multinationales. »

Les négociations s'annoncent ardues. Les groupes syndicaux réclament notamment des hausses salariales d'au moins 13,5 % au cours des trois prochaines années, alors que le gouvernement a déjà prévenu les syndicats que les augmentations de salaire seraient « très maigres », de l'aveu de la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque.

Elle craint, par ailleurs, pour l'avenir des services publics au Québec. « Il faut résoudre actuellement la problématique sur le plan de la rémunération. [...] Par exemple, les ouvriers spécialisés ont un écart de plus de 30 % avec le secteur privé. Or, il ne faut pas se surprendre qu'on ait de la misère à pourvoir des postes dans le secteur public dans ces conditions-là. C'est un exemple qui illustre très bien le genre de solutions sur lesquelles il faut qu'on travaille. [...] Nous sommes à la croisée des chemins pour l'avenir des services publics », s'inquiète Mme Lévesque.

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