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11/12/2014 07:16 EST | Actualisé 11/12/2014 07:16 EST

Mort du haut responsable palestinien Ziad Abou Eïn : des funérailles sur fond d'appels à la vengeance (VIDÉO)

Des milliers de Palestiniens ont assisté jeudi aux funérailles de Ziad Abou Eïn, un haut responsable qui est mort mercredi après une altercation avec des soldats israéliens.

« Nous te vengerons avec notre propre sang, Dieu est le plus grand! », « Nous poursuivons ton combat », a crié la foule qui a accompagné la dépouille jusqu'au cimetière d'Al-Bireh, dans la périphérie de Ramallah.

Ces obsèques ont été marquées par quelques incidents qualifiés de mineurs par les autorités israéliennes, qui ont d'ailleurs déployé deux bataillons de soldats et deux compagnies de garde-frontières supplémentaires pour contenir d'éventuels débordements.

Trois jours de deuil ont été décrétés par le président Mahmoud Abbas à la suite de la mort de Ziad Abou Eïn. Les écoles et les commerces étaient fermés et les murs de la ville sont tapissés de portraits du disparu.

Se basant sur l'autopsie, le porte-parole du gouvernement palestinien, Ehab Bessaiso, a parlé de « meurtre » dont Israël est tenu pour « entièrement responsable ». Israël, sur la foi de la même autopsie, évoque pour sa part un accident cardiaque qui pourrait être attribué à du stress.

Figure éminente et populaire du parti nationaliste Fatah et ancien et prisonnier des Israéliens, Ziad Abou Eïn est mort mercredi lors d'une manifestation contre la colonisation israélienne près d'un village de Cisjordanie occupée. Il a ressenti un malaise après avoir été empoigné au col et à la gorge par un soldat israélien et après avoir inhalé des gaz lacrymogènes. Des experts palestiniens, israéliens et jordaniens tenteront de déterminer les causes exactes de sa mort.

Quel avenir pour les négociations?

L'Autorité palestinienne doit faire connaître vendredi sa décision quant à la suite à donner à la mort de son ministre, un incident qui risque de compromettre la poursuite de la coopération avec Israël en matière de sécurité en Cisjordanie.

Mercredi, Israël a opté pour l'apaisement en exprimant ses regrets, par la voix de son ministre de la Défense. Le premier ministre Benyamin Nétanyahou et le président Reuven Rivlin ont donné de leur côté l'assurance d'une enquête et ont exprimé la volonté de « calmer les choses et d'agir de manière responsable ».

C'est que la tension est vive depuis quelques semaines dans la région, notamment à Jérusalem-Est, théâtre depuis l'été d'une flambée de violences et d'attentats qui ont fait au moins 18 morts. En outre, une vingtaine de Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne depuis juin en Cisjordanie, selon un décompte de l'AFP.

Israël doit aussi faire face à une pression internationale accrue alors qu'en Europe des initiatives parlementaires se succèdent pour la reconnaissance de l'État palestinien. Jeudi, c'est le Sénat français qui a emboîté le pas à l'Assemblée nationale en adoptant une résolution non contraignante demandant une telle reconnaissance.

Pendant ce temps, l'Autorité palestinienne poursuit ses efforts au Conseil de sécurité des Nations unies avec l'espoir d'un vote avant Noël sur une résolution qui fixerait un terme à l'occupation israélienne.

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