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«La femme du roi» : le nouvel ode à l'amour de Jean-Pierre Ferland

06/12/2014 08:38 EST | Actualisé 06/12/2014 08:38 EST
Courtoisie

L’amour, toujours l’amour. C’est le sentiment qui a porté Jean-Pierre Ferland toute sa vie et qui a inspiré l’écriture de toutes ses chansons. Et c’est encore sur l’amour que repose son projet La femme du roi, comédie musicale sur laquelle il travaille depuis plus de dix ans, et dont l’album était lancé plus tôt cette semaine.

L’histoire de La femme du roi est celle de l’Américaine Wallis Simpson et d’Edward VIII, roi d’Angleterre et empereur des Indes. Au milieu des années 1930, le souverain avait causé une énorme controverse en demandant la main de Wallis Simpson, femme issue d’un milieu mondain, divorcée à deux reprises. L’ire soulevée par leur liaison a été telle qu’Edward VIII a renoncé à la Couronne britannique, pour pouvoir épouser librement celle qu’il aimait. On lui a par la suite accolé le titre de duc de Windsor.

Julie Anne Saumur, conjointe de Jean-Pierre Ferland, et Jean-Sébastien Lavoie, participant à l’édition 2013 de La voix, interprètent Wallis Simpson et Edward VIII, tant sur le disque que dans la version scénique de La femme du roi. Étienne Cotton, Julie Massicotte, Jacques Lebel et Francis Mondoux, autres recrues du populaire concours de TVA, ainsi que Lynn Jodoin, sont également de la distribution.

Pour Jean-Pierre Ferland, cette romance improbable devenue réelle relève du fantasme absolu. «Aimer quelqu’un au point d’en abdiquer son royaume, c’est mon rêve», déclare l’auteur-compositeur dans la pochette du disque La femme du roi.

«Je n’aime que ça, l’amour, lance Jean-Pierre Ferland avec la fougue qu’on lui connaît. Parce que je ne suis pas un vrai artiste, un vrai poète. Je suis arrivé dans le métier par hasard, par le chemin de l’amour. J’ai écrit des chansons d’amour sincères pour les femmes que j’aimais et, petit à petit, j’ai développé un goût pour les histoires et les chansons d’amour. Et je pense que j’ai prouvé que je suis capable d’aimer…»

Travail de longue haleine

Il en a tellement parlé qu’on se demandait si son idée allait finalement voir le jour. Jean-Pierre Ferland a commencé à songer à La femme du roi, dont le titre de travail a longtemps été Madame Simpson, à la fin des années 1980, lorsque sa comédie musicale Gala a pris l’affiche. Il s’est attelé plus sérieusement à la tâche en 2002, aidé de son complice, le compositeur Alain Leblanc, qu’il côtoie depuis la parution de l’opus Écoute pas ça, en 1995.

«Les premiers démos des chansons de La femme du roi sont sur mon Atari (ndlr : ancêtre des ordinateurs qu’on connaît aujourd’hui)», rigole Alain Leblanc.

Ce dernier a imaginé toutes les musiques de La femme du roi, mais c’est Jean-Pierre Ferland qui en a pondu les textes et rédigé le livret. Divers engagements, de part et d’autre, ont ralenti le processus de création de La femme du roi mais, aujourd’hui, les deux hommes sont très fiers de présenter au public la première partie du fruit de leur labeur. Le spectacle, lui, devrait être officiellement dévoilé en février ou mars 2016, mais la tournée de rodage pourrait s’enclencher dès l’été prochain.

Tout donner

Jean-Pierre Ferland n’a pas eu besoin de parcourir les encyclopédies et de chercher bien longtemps pour dénicher les personnages légendaires qu’il mettrait à l’avant-plan dans sa deuxième fresque musicale. L’idylle d’Edward VIII et de Wallis Simpson est venue à lui naturellement, sans qu’il ne l’attende ou ne l’espère, et, dès ce moment, il a été absolument fasciné, et a voulu la relater à sa façon.

«Je les ai rencontrés, se remémore-t-il avec émotion. J’ai rencontré le duc et la duchesse de Windsor, dans un restaurant, quand je vivais à Paris (ndlr : à la fin des années 1960). On s’est parlé. Et je les ai trouvés touchants. J’ai lu tout ce qui s’était écrit sur eux, les bonnes et les mauvaises affaires. Ils avaient ensemble un amour exceptionnel, un amour intelligent, un amour d’un certain âge, qui n’était pas un amour de bébé. C’était un amour édifiant. Alors, j’ai passé une dizaine d’années à fouiller leur histoire… et à l’admirer!»

Cette gigantesque entreprise, Jean-Pierre Ferland y croit profondément. Il a répété sur quelques tribunes avoir tout investi dans La femme du roi. Lorsqu’on lui demande à combien se chiffre son engagement, il évoque plutôt l’aspect émotif de l’affaire.

«Quand on aime ce qu’on crée, on donnerait tout pour que les gens l’aiment aussi, nuance-t-il. Et moi, je donnerais ma vie entière! J’ai fait ça toute ma vie. Je l’ai fait pour mon disque Jaune, pour mes spectacles à la Place des Arts. La femme du roi, c’est dix ans de ma vie, et je ne crois pas que je pourrai, un jour, m’asseoir une nouvelle fois et passer dix autres années à écrire une comédie musicale.»

Devenir de grandes vedettes

En choisissant quelques-uns de ses poulains de La voix, soit Jean-Sébastien Lavoie, Julie Massicotte, Étienne Cotton, Jacques Lebel et Francis Mondoux, pour donner corps à sa réalisation, Jean-Pierre Ferland souhaitait leur offrir ce qu’il n’a pu leur apporter lorsqu’il était assis dans son fauteuil rouge du Studio Mel’s, il y aura déjà bientôt deux ans.

«Ils chantent, ils ont des voix extraordinaires, ils ont du talent à la pelle, louange le maître avec énergie. Comme coach à La voix, je n’ai pas pu les emmener nulle part. On n’a rien gagné de concret, sauf une seule chose : l’admiration réciproque. C’est pour ça qu’ils sont mes vedettes. En fait, c’est ce que je leur offre : de risquer de devenir de grandes vedettes! (sourire) C’est ce que je voudrais!»

Or, l’étoile masculine principale de La femme du roi, Jean-Sébastien Lavoie, semblait prédestinée à être le visage de cette grande épopée amoureuse.

«Jean-Sébastien Lavoie étudiait à l’école Prochant en 2002, raconte Alain Leblanc. Ma sœur enseignait là-bas, et j’avais été voir l’une des comédies musicales de ses élèves. J’avais trouvé ça intéressant, et j’avais approché Jean-Sébastien. Il a enregistré mes premiers démos, au tout début, et, par la suite, il est allé faire À la recherche de la nouvelle star, en France. On s’est perdus de vue pendant presque 10 ans. Récemment, grâce à La voix, on a renoué, et il est rembarqué sur le projet. Et c’a donné ce qu’on a aujourd’hui!»

L’album La femme du roi est présentement en vente.

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