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Pénurie de travailleurs temporaires étrangers dans certaines régions du Canada

05/12/2014 06:41 EST | Actualisé 05/12/2014 06:42 EST
William B. Plowman/Invision/AP
Pictured is the scene at the 'Supper Suite by STK honors The Creative Coalitions Arts in America Benefit Gala' at STK DC on Friday May 2, 2014 in Washington, D.C. The event is supported by STK DC, Fiji Water, Maestro Dobel Tequila and Blue Moon Brewing. The annual benefit aims to promote the continued support of arts in America by encouraging the entertainment and media industry to dialogue with Capitol Hill. (Photo by William B. Plowman/Invision for The Creative Coalitions Arts in America Benefit Gala/AP Images)

Ottawa avait annoncé l'été dernier des changements au programme des travailleurs étrangers temporaires au Canada pour limiter les abus. Ce programme permet de combler des manques de main-d'oeuvre parfois vitale dans certaines régions. Mais depuis quelques semaines, ces changements sont devenus un véritable cauchemar pour des petites entreprises.

Un texte de Frédéric Arnould

La saison commence à battre son plein dans certaines régions où le travail est plutôt saisonnier. Ville de villégiature par excellence, Whistler attire les skieurs de partout dans le monde. Mais selon bien des commerçants, la ville n'est pas prête, car la pénurie de main-d'oeuvre est criante.

André St-Jacques, copropriétaire du populaire Bearfoot Bistro, vit un vrai casse-tête, car il n'arrive pas à embaucher localement pour sa cuisine. D'habitude, il faisait appel à la main-d'oeuvre étrangère dans le cadre du programme des travailleurs temporaires étrangers.

Mais depuis l'été dernier, le programme a changé. Résultat : «J'en ai pas d'employés, y'en n'a pas à engager, y'a personne».

Que ce soit à Banff en Alberta ou à Whistler et dans d'autres centres de vacances très prisés par la clientèle internationale, certains commerces embauchaient même jusqu'à 30 % de travailleurs temporaires étrangers. Mais, à cause de certains abus mis au grand jour plus tôt cette année, Ottawa a d'abord suspendu le programme, puis l'a modifié.

Les Canadiens d'abord !

Le programme du gouvernement fédéral prévoit depuis juin dernier que les entreprises de plus de 10 employés ne pourront pas faire venir de l'étranger plus de 10 % de leur main-d'œuvre peu rémunérée, et ce, par lieu de travail.

Dans les régions où le chômage est à plus de 6 %, les entreprises ne pourront pas recruter de travailleurs étrangers dans les secteurs de l'hôtellerie, du commerce au détail et de la restauration et le séjour d'un travailleur étranger au Canada sera limité à deux ans, au lieu de quatre.

Autant de restrictions qui viennent perturber le fonctionnement de certains commerces comme celui de Pepe Barajas, un Mexicain, lui-même arrivé au Canada il y a 6 ans grâce à un permis de travailleurs temporaires étrangers. Il possède aujourd'hui 4 entreprises, dont deux restaurants.

Les changements au programme fédéral ont un impact dévastateur sur ses revenus et sur l'activité économique touristique. Si d'ici 2 semaines, il ne réussit pas à combler son manque de personnel, il va devoir réduire ses heures d'ouverture et annuler des services.

Selon Val Litwin, président de la Chambre de commerce de Whistler, il y a maintenant trop de paperasse, trop de restrictions, et surtout un coût de demandes de permis qui est passé de 275 dollars à 1000 dollars, ce qui est hors de portée pour certains commerçants.

Une maladie imaginaire

Pour Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, « le gouvernement fédéral a eu une réaction hypocondriaque à une maladie imaginaire ».

Elle pense que les changements qui ont été apportés à la suite de certaines révélations vont trop loin, car la plupart des entreprises qui utilisaient ce programme-là l'utilisaient à bon escient.

Elle recommande que les programmes d'immigration soient bonifiés, car le Canada n'a pas juste besoin de docteurs et d'ingénieurs, la main-d'oeuvre moins qualifiée est tout aussi importante pour l'économie canadienne.

Ottawa avait promis d'évaluer les doléances de ces commerces l'été passé, mais ils n'ont toujours pas eu de réponses de la part du gouvernement.

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