POLITIQUE

L'opposition critique les promesses brisées

05/12/2014 08:01 EST | Actualisé 05/12/2014 08:01 EST
Radio-Canada.ca

C'est un tableau bien sombre qu'ont dressé les partis d'opposition au terme de la session parlementaire, reprochant tous au gouvernement de Philippe Couillard de chercher à atteindre à tout prix l'équilibre budgétaire au détriment de la population.

«Rarement a-t-on vu autant de promesses brisées», a déclaré d'entrée de jeu le chef de l'opposition officielle Stéphane Bédard, reformulant à sa manière les félicitations que s'adressait le premier ministre un peu plus tôt.

Le chef intérimaire péquiste a notamment reproché au gouvernement libéral son approche austère, s'attardant notamment à la modulation des tarifs de garderie. «C'est un coup de massue » pour les familles, a-t-il dit, ajoutant que le gouvernement «n'aime pas les familles».

L'équipe Couillard n'aime pas davantage les régions, aux yeux de Stéphane Bédard, qui a rappelé entre autres l'abolition des centres locaux de développement, ce qui place ainsi les régions « au cœur de l'austérité».

«Le bilan est simple : on s'est fait avoir, on s'est fait passer un sapin.»

— Stéphane Bédard

Les hausses de taxes découlant de la dernière mise à jour économique sont un autre motif de mécontentement du PQ, dont le chef s'étonne de la facilité du gouvernement à «aller chercher l'argent chez les familles pour atteindre l'équilibre budgétaire».

La réforme du réseau de la santé? «Un simple brassage des structures», selon le chef péquiste, qui constate que le patient et la qualité des soins ne sont pas au centre de l'intérêt des décideurs.

La réorganisation du système éducatif ne trouve pas grâce non plus auprès de Stéphane Bédard, qui parle du dossier le plus mal géré. «Cafouillage, erreurs et reculs» ont ponctué, d'après lui, la restructuration des commissions scolaires.

En somme, a résumé le chef péquiste, ce gouvernement «n'a pas de plan» et n'a fait qu'importer les idées de la CAQ, qu'il dit être en symbiose avec le gouvernement libéral. Il a également décrit Philippe Couillard comme le premier ministre qui a une «vision du Québec inféodée au Canada». «Du jamais vu», a-t-il plaidé.

« Une des sessions les plus sombres pour la classe moyenne », juge la CAQ

Déconnecté de la réalité des familles québécoises », « mal préparé », contraint à l'improvisation, responsable d'un « climat d'incertitude » : le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a lui aussi multiplié les critiques à l'endroit du parti au pouvoir.

M. Legault a dénoncé un gouvernement à « deux visages » - celui des promesses électorales et celui qui pige « dans les poches de la classe moyenne » à coups de hausses de taxes et de tarifs.

Au total, a-t-il soutenu, énumérant entre autres les hausses de tarifs des services de garde, d'électricité, des droits d'immatriculation et les taxes scolaires, c'est une somme supplémentaire moyenne de 1300 $, après impôt, que devra fournir chaque famille. « C'est en pleine contradiction avec ce qui était promis par Philippe Couillard pendant la campagne électorale », a-t-il déploré.

« On peut vraiment dire que le gouvernement été élu sous de fausses représentations », a soutenu le chef caquiste.

« On a un gouvernement qui choisit de sacrifier la classe moyenne en amputant son pouvoir d'achat. »

— François Legault

Ce qu'on oublie, a-t-il poursuivi, c'est que cela a un impact sur l'économie québécoise. M. Legault a estimé que les libéraux, sans plan de relance économique, créait un climat d'incertitude qui décourageait les entreprises à investir.

Alors qu'il s'est créé, depuis avril, 107 000 emplois à temps plein dans l'ensemble du Canada, il s'en est perdu 53 000 au Québec, a-t-il illustré.

Le Conference Board prévoit que, l'an prochain, « le Québec sera « la pire province en termes de croissance économique, à l'exception du Nouveau-Brunswick », a-t-il ajouté.

Un objectif qui oublie les plus démunis, selon Québec solidaire

Au cours de son propre bilan de la session, la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, n'a pas manqué de revenir sur une déclaration du premier ministre Couillard, selon qui l'austérité est une « vue de l'esprit ».

Les citoyens les moins fortunés, eux, sont touchés par les compressions, a-t-elle répliqué. « L'austérité, c'est de couper dans les services publics », a martelé la députée de Gouin.

« Pour les gens sur le terrain, [l'austérité] n'est pas vue de l'esprit, c'est une réalité. »

— Françoise David

Elle a par ailleurs prédit que les députés libéraux, qui au terme de cette session parlementaire retourneront dans leurs circonscriptions comme tous les élus, prendraient la mesure de l'insatisfaction de la population quant à la « politique d'austérité du gouvernement Couillard ». « Je vous rappelle qu'il y a dix jours, il y avait quand même 200 000 personnes dans les rues de Montréal et de Québec », a rappelé Mme David.

Les partis n'ont pas seulement décoché des flèches à l'endroit du gouvernement, ils ont aussi vanté leurs bons coups.

M. Bédard a soutenu que le PQ représente « la seule opposition » à l'Assemblée nationale, en soulignant les amendements apportés par sa formation à certains projets de loi controversés, comme celui sur la réforme des régimes de retraite, en faveur duquel la formation n'a cependant pas voté

Il a aussi rappelé l'initiative de son parti pour mettre en place une commission parlementaire sur la violence sexuelle.

Par ailleurs, à la question d'une journaliste qui se demandait si la course la direction du PQ n'avait pas éclipsé le travail parlementaire de l'opposition officielle, Stéphane Bédard s'est plutôt réjoui de l'écho que trouvent les candidats auprès des médias et du public.

« Une chose est claire à la fin de cette session, c'est que la CAQ est la véritable oposition officielle », a de son côté lancé le chef caquiste. « C'est nous qui sommes une opposition constructive », a-t-il soutenu, estimant que le PQ s'était « opposé à tout ».

Alors que certains observateurs, ainsi que le Parti québécois, ont relevé que le gouvernement avait repris plusieurs idées de la CAQ, notamment lorsqu'il est question de s'attaquer aux structures, François Legault a tenu à prendre ses distances des libéraux.

« Le gouvernement a peut-être copié une très petite partie de notre plan de réduction des dépenses, mais le gouvernement a surtout annoncé des hausses de taxes et de tarifs », a-t-il martelé, ajoutant que les caquistes, eux, étaient bien « préparés ».

Enfin, Québec solidaire a rappelé ses « positions fortes par rapport aux mesures d'austérité », que ce soit pour les CPE, les gels d'emplois et les salaires dans la fonction publique, les coupes à l'aide sociale », perçues comme des « attaques directes aux femmes ». « Si nous n'étions pas là pour le dire, qui l'aurait dit? », a demandé la députée Manon Massé.

Celle-ci a souligné que sa formation avait inité des mouvements non patisans à l'Assemblée nationale, qu'il s'agisse de la mise en place d'un comité contre le harcèlement sexuel, la prise de parole, hier, par les élues de tous les partis pour commémorer le 25e anniversaire du drame de Polytechnique ou encore l'adoption d'une motion en faveur de Radio-Canada.

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