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Harcèlement: l'avocate Cynthia Petersen enquêtera sur les députés libéraux (VIDÉO)

05/12/2014 01:30 EST | Actualisé 04/02/2015 05:12 EST

OTTAWA - Une enquête menée par une avocate torontoise recrutée par le Parti libéral scellera le sort des députés libéraux Massimo Pacetti et Scott Andrews, qui ont été expulsés du caucus après que deux élues néo-démocrates eurent formulé des allégations de harcèlement à leur endroit.

Les libéraux ont confié à Me Cynthia Petersen le mandat de mener une investigation «indépendante, équitable et confidentielle» sur cette affaire, a confirmé vendredi Mylène Dupéré, la directrice des communications du chef libéral Justin Trudeau.

Le rapport que l'avocate remettra à M. Trudeau permettra à ce dernier de prendre «une décision éclairée» sur le sort des deux députés, à savoir s'ils réintégreront le caucus et s'ils pourront se présenter sous la bannière libérale en 2015, a précisé Mme Dupéré.

Me Petersen entrera en contact avec les quatre élus impliqués au cours des prochains jours: «Elle serait prête à les rencontrer immédiatement après le congé des Fêtes, si évidemment ils veulent participer à ces rencontres-là», a signalé la collaboratrice du chef libéral.

Ce dernier a soutenu en point de presse à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, qu'il espérait une enquête rigoureuse menée «avec un peu plus de rapidité que de lenteur». M. Trudeau n'a cependant pas voulu s'avancer sur un échéancier précis.

Associée au cabinet Sack Goldblatt Mitchell LLP, à Toronto, Cynthia Petersen se spécialise dans les questions touchant l'égalité des droits et les droits de la personne, peut-on lire sur le site Internet de la firme.

L'enquête de l'avocate, qui sera rémunérée par le Parti libéral, n'interférera pas avec les démarches entamées par les autorités de la Chambre des communes, selon Mylène Dupéré.

La semaine dernière, le comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre (PROC) a mis sur pied un sous-comité chargé d'élaborer un processus pour gérer les problèmes de harcèlement entre députés à l'avenir.

La whip du Nouveau Parti démocratique (NPD), Nycole Turmel, a informé vendredi les deux députées néo-démocrates de l'embauche de l'avocate.

«Par respect pour leur vie privée, nous ne commenterons pas plus pour le moment», a-t-elle indiqué dans une déclaration écrite.

L'élue qui a affirmé avoir eu une relation sexuelle «sans consentement explicite» avec le député montréalais Massimo Pacetti s'était dite ouverte à l'idée de prendre part à une enquête de la Chambre des communes, à condition qu'elle soit confidentielle et indépendante.

Le NPD n'a pas voulu préciser si elle serait intéressée à participer à l'enquête commandée par les libéraux.

Mais l'absence des députées néo-démocrates n'empêcherait pas pour autant la tenue de l'investigation, a fait remarquer Justin Trudeau.

«Les témoignages de ces députées en question sont déjà en notre possession», a-t-il dit, faisant référence aux notes prises dans les réunions où les députés mis en cause ont raconté leur version respective des faits.

Le chef libéral, qui avait été approché personnellement par l'une des deux victimes présumées, avait invoqué le «devoir d'agir» et d'accorder le «bénéfice du doute» aux victimes en annonçant, le 5 novembre dernier, la suspension de MM. Pacetti et Andrews.

Les deux principaux intéressés avaient rapidement nié avoir posé des gestes répréhensibles dans la foulée de leur expulsion et s'étaient engagés à collaborer.

Ni l'un ni l'autre n'ont commenté le nouveau développement survenu vendredi.