POLITIQUE

Les cols blancs de Montréal en grève générale (VIDÉO)

02/12/2014 05:45 EST | Actualisé 02/12/2014 05:45 EST

Le froid qui souffle sur le Québec n'a pas refroidi les ardeurs des cols blancs en cette journée de grève générale de 24 heures. Plusieurs d'entre eux se sont massés devant l'hôtel de ville de Montréal afin de dénoncer l'adoption prochaine du projet de loi 3 sur la réforme des régimes de retraite.

« Le mouvement ne s'essoufflera pas », affirme le porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, Marc Ranger. « On a prévenu nos membres que c'était un marathon et que la bataille serait longue. On va donc poursuivre la mobilisation, on va continuer les manifestations. Le mouvement va s'élargir comme on l'a vu avec la grande marche à Montréal et à Québec.

M. Ranger a précisé que la Coalition entend porter la cause devant les tribunaux, et ce, jusqu'en Cour suprême du Canada.

Près de 10 000 cols blancs de Montréal, Dorval, Kirkland et Westmount font sentir leur présence et leur mécontentement avec des manifestations aux quatre coins de la Ville depuis les petites heures du matin. Les bibliothèques, les piscines, les arénas, les bureaux d'Accès Montréal, les comptoirs de permis, les bureaux de réclamation, la ligne info-travaux de même que plusieurs services administratifs sont fermés aujourd'hui.

Frappés prématurément par l'esprit des Fêtes, les cols blancs de la Ville de Montréal offrent le stationnement gratuit - dans les espaces de stationnement gérés par la Ville - à tous les citoyens et visiteurs de la métropole québécoise. En grève, les cols blancs ne percevront pas les droits de stationnement, pas plus qu'ils ne distribueront de billets d'infraction aux utilisateurs de parcomètres.

La Cour municipale sera ouverte uniquement pour les urgences, et la collecte de sang du maire de Montréal a été annulée en raison de ce débrayage de 24 heures.

« Cette semaine, nous allons enterrer le droit à la libre négociation pour des milliers de travailleurs québécois », avance le président du syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal, Alain Fugère. « On n'a pas de convention collective à cause de ce projet de loi 3. Les maires Coderre et Labeaume sont les instigateurs - à tous le moins ils ont poussé fort en ce sens auprès du gouvernement - pour avoir leur part là-dedans. »

« On trouve ça injuste que nous, on soit obligés de se plier à la loi 3 pendant qu'eux disent : « 50 % - 50 % on n'a pas de problème avec ça. », poursuit-il. C'est parce que ce n'est pas l'entièreté de la réalité. Nous, le 50-50, on serait prêt à l'absorber demain matin s'il n'y avait pas autre chose. Mais il y a beaucoup plus que ça dans le projet de loi 3. »

Les grévistes font du piquetage devant les édifices municipaux et la journée doit culminer avec le grand rendez-vous prévu pour midi devant l'hôtel de ville de Montréal.

« Moi, j'accuse le ministre Moreau de leurrer la population, de l'induire en erreur volontairement pour faire en sorte de faire passer son projet de loi 3, soutient le porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, Marc Ranger. « C'est ça qui met notre monde en maudit, quand un représentant du gouvernement ment à la population pour servir ses propres intérêts. »

Le président du syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal dénonce l'impact du projet de loi 3 sur les employés municipaux. « C'est notre droit à la libre négociation qui vient de prendre le bord. Ça remet en question tous les principes de négociation avec les employeurs respectifs sur l'île de Montréal », déplore M. Fugère.

Les fonctionnaires municipaux de Montréal, sans contrat de travail depuis 2011, exercent pour la première fois leur droit de grève depuis des décennies. Le syndicat affirme qu'un an après son élection, l'administration du maire Denis Coderre vient tout juste d'accorder un mandat de négociation à son équipe de ressources humaines.

« Le maire s'époumone à dire sur toutes les tribunes que sa porte est ouverte et que vous n'avez pas besoin de la défoncer, et nous ce qu'on dit c'est que son esprit n'est pas ouvert. C'est totalement irrespectueux ce qu'ils ont fait là » renchérit le leader syndical. « Et pour en rajouter, ce qu'ils nous disent, c'est qu'ils vont nous arriver avec de nouvelles demandes patronales ».

Les cols blancs ont déjà voté pour des moyens de pression allant jusqu'à la grève générale illimitée, si nécessaire.

CE QUI EST FERMÉ À MONTRÉAL

- l'ensemble des bibliothèques municipales de Montréal;

- les bureaux Accès Montréal;

- les comptoirs de permis;

- le Centre d'histoire de Montréal;

- la ligne Info-travaux;

- le Bureau des réclamations;

- la Cour municipale, sauf pour les services essentiels.

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