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Luka Rocco Magnotta souffre de troubles de la personnalité, selon un témoin de la Couronne

01/12/2014 02:24 EST | Actualisé 31/01/2015 05:12 EST
SPVM

MONTRÉAL - Un psychiatre de la Couronne affirme que quelques signes démontraient que Luka Rocco Magnotta souffrait de troubles mentaux à la suite du meurtre de Jun Lin, mais qu'il y en avait beaucoup plus pour démontrer qu'il simulait ou exagérait les symptômes.

Il existe plusieurs contradictions entre les actions de Magnotta et sa prétendue maladie, a déclaré le Dr Gilles Chamberland lors de son témoignage au procès pour meurtre de l'accusé, lundi.

Les psychiatres de la Défense ont pour leur part affirmé qu'ils croyaient que Magnotta avait des troubles psychotiques, n'avait pas été traité pour la schizophrénie pour au moins deux ans et était incapable de faire la différence entre le bien et le mal, le soir où il a tué Jun Lin.

M. Chamberland a cependant affirmé que les actions de Magnotta et le déroulement des évènements ne soutiennent pas cette théorie.

Le comportement de Magnotta n'est pas compatible avec celui d'une personne qui souffre de paranoïa, a-t-il ajouté.

Magnotta s'est décrit comme quelqu'un qui était malade mental et qui souffrait de symptômes psychotiques avant et après le meurtre.

Il a donné une version différente du meurtre à chacun des deux psychiatres de la Défense qui l'ont interrogé. Il ne se rappelait également plus de nombreux détails.

M. Chamberland a expliqué au jury que les gens paranoïaques sont souvent très vigilants et ont une excellente mémoire.

Les vidéos de surveillance de son appartement, qui montrent les agissements de Magnotta dans les heures qui ont suivi le meurtre et le démembrement de Lin ne révèlent aucun signe extérieur en lien avec la maladie mentale, a poursuivi Chamberland.

Magnotta, âgé de 32 ans, a plaidé non coupable aux accusations de meurtre prémédité, d’outrage à un cadavre, de production et distribution de matériel obscène, d’utilisation de la poste pour envoyer du matériel obscène et de harcèlement criminel contre le premier ministre Stephen Harper et d’autres députés fédéraux.

Il a admis avoir commis les actes, mais a plaidé non coupable pour cause de troubles mentaux.

La Couronne conteste le diagnostic de schizophrénie et soutient que les actions de Magnotta étaient planifiées et délibérées.

M. Chamberland a fourni plusieurs exemples, dont le fait que Magnotta avait filtré l'information et avait volontairement omis de fournir certaines informations aux psychiatres et aux docteurs.

Il a précisé que Magnotta avait révélé à un psychiatre qu'il craignait les agents du gouvernement qui se trouvaient à l'extérieur de son appartement et qu'il croyait que Lin en était aussi un. Malgré la peur alléguée, Magnotta a effectué plusieurs allers-retours dans les heures qui ont suivi la mort de Lin.

Dans un autre exemple, M. Chamberland a noté que Magnotta avait conservé la casquette de Lin malgré sa paranoïa et après avoir disposé de la plupart de ses propres effets personnels. «Ça pourrait aussi servir de souvenir d'un moment qui a marqué sa vie. C'est ce qui se produit chez certaines personnes qui commettent ce genre de crimes et qui veulent en garder un souvenir», a-t-il dit.

Alors qu'une maladie mentale comme la schizophrénie ne peut expliquer le comportement de Magnotta, le psychiatre de la Couronne a expliqué que les troubles de la personnalité le peuvent. M. Chamberland a affirmé que Magnotta démontrait des symptômes associés aux troubles de la personnalité limite, histrionique et narcissique et que ces conditions expliquent mieux son comportement que la schizophrénie.

Les autres psychiatres ont tous diagnostiqué des signes de troubles de la personnalité, a-t-il noté.

Le procès en est à sa dixième semaine, et se poursuit mardi.

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