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Souci de l'environnement jusqu'aux rituels funéraires

30/11/2014 09:49 EST | Actualisé 30/11/2014 09:49 EST
Radio-Canada

Recycler, composter, conduire un véhicule hybride. On ne compte plus les gestes, petits ou grands, qui nous permettent de faire notre part pour la planète. Des gestes bien intégrés au quotidien. Mais comment faire preuve de cohérence et transposer ce souci de l'environnement jusqu'aux rituels funéraires?

Un texte de Catherine Mercier

Quel choix s'offre donc à ceux qui souhaitent partir en laissant le moins de traces possible?

« En ce moment, les questions environnementales, écologiques, sont en train de devenir ce qui est sacré pour notre société. »

— Julia Duchastel-Légaré, vice-présidente de la maison funéraire Alfred Dallaire MEMORIA

Polluer à petit feu

Longtemps perçue comme une solution plus écologique, la crémation a connu un boom de popularité sans précédent au cours des 50 dernières années. Interdite par l'Église jusqu'en 1963, elle est désormais le premier choix d'une majorité de Canadiens.

Mais s'il est vrai que la crémation permet une occupation de l'espace beaucoup moins grande que l'inhumation, elle n'est pas sans impact pour l'environnement. Selon une étude d'un professeur de l'Université de Melbourne en Australie, chauffer un four crématoire pour brûler un seul corps produirait 160 kg de gaz à effet de serre.

Et ce n'est pas tout : le cercueil incinéré avec la personne contient souvent du métal, tout comme... le corps lui-même! On peut penser aux amalgames dentaires, dans lesquels on retrouve du mercure. Une fois relâché dans l'atmosphère, ce métal hautement toxique se dépose au sol, dans l'eau et s'accumule dans la chaîne alimentaire.

En 2006, 16 % de la pollution au mercure du Royaume-Uni était liée à la crémation des amalgames dentaires. Le gouvernement a pris les grands moyens et forcé l'industrie à se doter de filtres ultraperformants. L'objectif de réduire cette pollution de moitié a été atteint en 2012.

Mais il a fallu y mettre le prix : ces filtres coûtaient 142 000 euros chacun.

En Suède et au Danemark, on est carrément remonté aux sources du problème. Depuis 2008, les amalgames dentaires contenant du mercure y sont interdits.

L'inhumation, pas si verte qu'on pourrait le croire

L'enterrement standard peut s'avérer, lui aussi, très polluant. Un cercueil en métal ou en bois exotique viendra tout de suite alourdir l'empreinte écologique du défunt. Sans compter que le cimetière, lieu du repos éternel, n'est pas toujours le parc naturel que l'on croirait. Dans un cimetière standard de 10 acres se trouveraient assez de bois de cercueil pour construire 40 maisons, près de 1000 tonnes de métal enfoui dans le sol et 20 000 tonnes de ciment dans les voûtes souterraines.

Que faire alors?

Se renseigner, poser des questions sur les produits écologiques. « Quand survient un décès, c'est brutal, c'est une décision qui se prend rapidement », explique Julia Duchastel-Légaré. Difficile parfois pour le personnel des maisons funéraires de savoir si le défunt avait la fibre écolo.

« Quand les gens viennent faire des préarrangements chez nous, dans un contexte beaucoup moins émotif, où ils ont le temps de réfléchir à ce qu'ils veulent, alors là, c'est sûr qu'on voit ces questions-là poindre et les gens nous demandent ces produits. »

— Julia Duchastel-Légaré, vice-présidente de la maison funéraire Alfred Dallaire MEMORIA

Des urnes écologiques, faites de matériaux biodégradables et fabriquées ici, sont désormais disponibles. Diane Bisson, une designer industrielle qui travaille en collaboration avec la maison Alfred Dallaire MEMORIA a d'ailleurs développé une urne de glace. « L'urne de glace, c'est l'immatérialité. Je me disais : « Quel est le matériau qui me permet d'obtenir zéro impact? » De l'eau! ».

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