POLITIQUE

Péladeau veut « reconstruire le pays »

30/11/2014 05:28 EST | Actualisé 30/11/2014 08:37 EST
Patrick Lauzon via FOTOimage

« Dans quatre ans, il nous faudra bâtir une grande coalition québécoise pour entreprendre la reconstruction du pays », a déclaré Pierre Karl Péladeau lors du lancement officiel de sa campagne à la direction du Parti québécois, aujourd'hui, à Saint-Jérôme.

Un texte de Lili Boisvert

Décochant plusieurs flèches vers Philippe Couillard, qui, selon lui, « travaille fort à obtenir le titre de pire premier ministre de notre histoire », le député de Saint-Jérôme a présenté le Parti libéral comme une formation politique « qui s'imagine que la solidarité coûte trop cher, que notre culture coûte trop cher, que notre identité coûte trop cher ».

Faisant référence au débat sur l'oléoduc de TransCanada, M. Péladeau a également considéré que « Philippe Couillard semble croire que le Québec doit consentir à l'oléoduc sans rien dire, en guise de remerciement pour la péréquation canadienne ».

« Je m'oppose à cette mentalité de porteur d'eau. »

— Pierre Karl Péladeau

Lors de son premier discours à titre de candidat dans la course à la direction du PQ, le grand patron de Québecor a estimé que son père serait fier de le voir s'engager en politique aujourd'hui, s'il était toujours en vie. « J'ai passé l'essentiel de mon existence à créer de la richesse, à créer des emplois, et aussi, à poursuivre l'œuvre de mon père qui voulait démontrer que les Québécois pouvaient réussir aussi dans le monde des affaires », a exposé l'héritier de Pierre Péladeau. Et cette oeuvre consistait notamment à « faire la preuve que les Québécois n'étaient pas nés pour un petit pain », a précisé le député.

« Il est absolument fondamental qu'un peuple contrôle son économie. Maîtriser son économie, c'est être maître chez soi. »

— Pierre Karl Péladeau

M. Péladeau avait par ailleurs déjà prévenu que la souveraineté au coeur de sa campagne électorale. S'il admet que la cause souverainiste a connu de meilleurs jours, il refuse néanmoins de croire « les prophètes de misère » qui estiment que lors des dernières élections provinciales, les Québécois se sont massivement convertis au fédéralisme. M. Péladeau interprète plutôt la défaite historique du PQ comme le signe que pour plusieurs Québécois, la souveraineté est devenue « bien lointaine et bien abstraite [...] Comme s'ils ne voyaient pas à quoi elle pouvait servir et ce qu'elle pouvait leur apporter. Ils nous ont dit : faites votre travail, vous voulez faire la souveraineté? Alors, expliquez-nous pourquoi ».

« On cherche à nous faire croire que la souveraineté est déphasée. Malheureusement, cette idée s'est lentement installée. Alors, je peux vous dire ceci : c'est faux, c'est terriblement faux! »

3250 signatures

M. Péladeau a confirmé aujourd'hui qu'il avait dépassé le cap des 2000 signatures nécessaires pour se porter candidat : il a en reçues 3250. Il avait jusqu'au 30 janvier pour amasser ces appuis.

Pierre Karl Péladeau bénéficie de l'appui de nombreux députés péquistes à l'Assemblée nationale ainsi que de plusieurs ténors du PQ, dont l'ancien premier ministre Bernard Landry qui a déclaré à son lancement, aujourd'hui, qu'il préférait « ceux qui lèvent le poing que ceux qui baissent les bras », en référence au poing levé du candidat lors de son arrivée en politique pendant la campagne électorale de mars dernier.

Dans une lettre publiée samedi, 18 anciens ministres et députés du Parti québécois lui donnaient leur appui, soulignant que le Québec avait besoin d'un tel leader, « audacieux, éclairé, branché et charismatique ». Parmi les signataires, on retrouvait Yves Duhaime, Guy Chevrette et Scott McKay.

Pierre Karl Péladeau est le sixième candidat confirmé dans la course à la chefferie, dont le vainqueur sera connu en mai. Les députés Alexandre Cloutier, Bernard Drainville, Martine Ouellet et Jean-François Lisée ainsi que le militant Pierre Céré sont aussi dans la lutte.

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