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Le Québec en campagne pour Michaëlle Jean à la tête de l'OIF

27/11/2014 01:14 EST | Actualisé 27/01/2015 05:12 EST
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DAKAR, Sénégal - Alors que le Québec fait campagne pour la candidature «plus moderne» de l'ex-gouverneure générale Michaëlle Jean à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le premier ministre Philippe Couillard a assuré que son gouvernement maintiendra son financement au regroupement malgré ses difficultés budgétaires.

M. Couillard a expliqué cette position par le fait que l'OIF est la seule instance internationale dont le Québec est membre à part entière, sur un pied d'égalité avec des États indépendants.

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«On a étudié ça et il n'y aura pas de compressions, a-t-il dit. Pourquoi? Parce que l'Organisation internationale de la Francophonie, c'est l'instance internationale dans laquelle le Québec parle de sa propre voix.»

Des représentants québécois ont affirmé jeudi que le gouvernement québécois assume un peu plus de six pour cent du budget de fonctionnement de l'OIF, avec une contribution de 4,3 millions $ d'euros. Au total, le gouvernement québécois estime à 10 millions $ ses dépenses reliées à la Francophonie et ses programmes.

Le Sommet de la Francophonie, qui s'ouvre samedi dans la capitale sénégalaise, sera l'occasion de choisir un successeur à l'actuel secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf, qui a choisi de ne pas solliciter un nouveau mandat.

M. Couillard a rappelé notamment que le gouvernement québécois, qui traverse actuellement une période de compressions budgétaires, ainsi que celui du Nouveau-Brunswick, sont sur un pied d'égalité avec le Canada au sein de ce regroupement de 57 États ou gouvernements qui ont le français en commun.

«Lorsqu'on parle, on parle au nom du Québec, c'est très précieux, a-t-il dit. Bien sûr on exerce nos juridictions à l'international également, mais c'est un forum qui pour nous est très important, d'autant plus qu'on y ajoute maintenant un volet économique.»

Gouverneure générale du Canada de 2005 à 2010, Mme Jean est parmi les cinq candidats qui veulent succéder à M. Diouf, un Sénégalais.

La tradition fait en sorte que le choix est fait par consensus entre les membres de l'OIF, mais une élection est possible bien que cela n'ait jamais été nécessaire jusqu'ici.

Constatant le silence observé jusqu'ici par la France, qui assume 43 pour cent du budget de 100 millions $ de l'OIF, M. Couillard a noté que la partie n'est pas encore gagnée pour Mme Jean.

«Il faut se garder de certitudes ou surtout de dire qu'on n'a plus besoin de travailler, tout va bien, a-t-il dit. Non, il y a du travail à faire. Il y a des candidats de qualité également.»

La candidature de Mme Jean a reçu l'appui du Canada, du Québec et du Nouveau-Brunswick. Haïti est le seul autre membre de l'OIF a s'être affiché en sa faveur.

Des prévisions citées par le gouvernement québécois estiment que les Africains compteront pour 90 pour cent des francophones d'ici 2017.

Plus tôt, à Dakar, la ministre québécoise des Relations internationales, Christine Saint-Pierre, a affirmé que Mme Jean offrirait un visage plus moderne à l'OIF, si sa candidature l'emporte dimanche.

Lors d'un échange avec des journalistes, Mme Saint-Pierre a signalé que la campagne québécoise est en marche en prévision du choix de dimanche.

«On parle de son profil, de ce qu'elle a fait dans sa carrière, comment elle pourrait donner un nouveau visage à la Francophonie, a-t-elle dit. Poursuivre l'oeuvre de M. Diouf, qui est un grand féministe, M. Diouf a toujours été en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes, et donner un visage plus moderne, maintenant, à la Francophonie.»

Après avoir rencontré des représentantes de groupes de femmes, Mme Saint-Pierre a affirmé que le choix de Mme Jean, qui serait la première femme à diriger l'OIF, enverrait un message «puissant» pour l'égalité des sexes.

«On dit que la moitié du monde est une femme, eh bien la moitié de la Francophonie est aussi une femme et il faut qu'on dise aux femmes de la Francophonie: 'voilà vous avez en la personne de la secrétaire générale la personne qu'il faut pour faire avancer l'égalité entre les hommes et les femmes'.»

Jeudi, Mme Saint-Pierre, ainsi que d'autres représentants du Québec, ont établi un parallèle entre la candidature de Mme Jean et le thème du 15e sommet de l'OIF, soit les femmes et les jeunes.

Des représentants ont souligné notamment l'âge de Mme Jean, 57 ans, face à celui d'un de ses adversaires, Henri Lopes, ambassadeur du Congo à Paris âgé de 77 ans.

Jean-Claude de l'Estrac, ex-ministre des Affaires étrangères de Maurice, Pierre Buyoya, ancien président du Burundi, et Agustin Nze Nfumu, un Équato-Guinéen, sont aussi en lice.

Alors que les derniers secrétaires généraux ont surtout été issus des pays de l'hémisphère Sud, traditionnellement d'Afrique, les Québécois insistent sur les origines haïtiennes de Mme Jean.

«On explique qu'elle est une femme du Nord bien sûr mais aussi une femme du Sud, parce qu'elle est originaire d'Haïti et qu'elle comprend bien la Francophonie, a dit Mme Saint-Pierre. Elle a une vision.»

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