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Denis Coderre sceptique devant les projets d'oléoducs

27/11/2014 07:00 EST | Actualisé 27/01/2015 05:12 EST
PC

MONTRÉAL - Préoccupées par les façons de faire de TransCanada, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et l'Union des municipalités du Québec (UMQ) demandent aux autorités fédérales de suspendre l'étude du projet Énergie Est de l'entreprise.

En conférence de presse, jeudi, les organisations ont estimé que TransCanada (TSX:TRP) n'avait toujours pas fourni certaines informations essentielles lorsqu'elle a déposé ses documents devant l'Office national de l'énergie (ONE), le 30 octobre.

«C'est un projet questionnable, a dit le président de la CMM et maire de Montréal, Denis Coderre. On est loin d'être convaincu parce qu'on n'a pas vu toutes les études d'impact. La compagnie n'a pas fourni à l'ONE le tracé présenté à notre équipe.»

D'après l'UMQ, quelque 70 municipalités et MRC sont concernées par ce projet visant à transporter quotidiennement environ un million de barils de pétrole à travers cet oléoduc de quelque 4600 kilomètres.

L'ONE, qui a suspendu l'inversion du flux de l'oléoduc de la Ligne 9B d'Enbridge (TSX:ENB) en raison de préoccupations, doit appliquer la même rigueur à l'endroit de TransCanada, croit la CMM — qui regroupe 82 villes.

M. Coderre a rappelé que la sortie effectuée par l'organisme en septembre dernier vis-à-vis deux conditions du projet d'inversion avait incité l'Office à aller plus loin et demander plus d'informations à Enbridge.

Selon lui, il revient à TransCanada de faire la preuve que son projet est sécuritaire, ce qui, à son avis, n'a pas encore été fait.

«Le tracé est risqué et la technique est risquée, a dit le maire de Montréal. On pense qu'il est risqué et nous ne sommes même pas certains du tracé, alors faites vos devoirs.»

Un porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, a reconnu que certains documents déposés devant l'ONE pouvaient être différents par rapport à ce qui avait été présenté auparavant parce que les consultations de l'entreprise se poursuivent.

Au cours d'un entretien téléphonique, M. Duboyce a affirmé à plusieurs reprises que la société albertaine était prête à changer le tracé de son oléoduc.

«Nous allons soumettre comme annexe au dépôt une carte avec des mises à jour, a-t-il dit. Ça risque de changer parce que l'on continue nos consultations.»

L'UMQ et la CMM se sont également montrées particulièrement préoccupées par les méthodes de TransCanada, qui, selon elles, demandent des ententes de confidentialité lorsque vient le temps de fournir de nouveaux documents.

«Ils veulent qu'on porte le singe sur nous, que les citoyens viennent nous voir en nous demandant des documents qu'on ne peut pas donner», a dit l'administrateur de l'UMQ et maire de Mascouche, Guillaume Tremblay.

M. Coderre n'a pas voulu dire ce qu'il comptait mettre de l'avant s'il devait essuyer un refus de l'ONE dans le dossier du projet Énergie Est, puisque jusqu'ici, ce «processus» semble fonctionner.

«Autant au début je pensais que c'était édenté cette affaire-là, autant qu'aujourd'hui on se rend compte que le président (de l'ONE) a mis ses culottes», a-t-il affirmé.

S'il a salué les sept conditions imposées par le gouvernement du Québec pour donner son aval au projet Énergie Est, le président de la CMM a dit avoir hâte de voir quand le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement sera mandaté.

M. Coderre devra vraisemblablement faire preuve de patience, puisque le cabinet du ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, a indiqué qu'une date n'avait pas encore été arrêtée.

Le président de la CMM s'est également montré sceptique quant aux retombées économiques du projet Énergie Est, qui, selon TransCanada, devrait se traduire par des recettes fiscales de quelque 2 milliards $ pour la province pendant la construction ainsi que les 20 années d'exploitation de l'oléoduc.

«Dites-moi ce que ça donne comme retombées parce que selon nos économistes et fiscalistes, elles sont très minimes», a lancé M. Coderre.

M. Duboyce a répliqué que ces données figuraient dans les quelque 30 000 pages de documents déposées devant l'ONE et que la société était prête à s'asseoir avec les représentants de la CMM et de l'UMQ pour en discuter.

De son côté, l'ONE n'a pas commenté, affirmant que son processus d'analyse de la demande de TransCanada était complet.

La CMM a par ailleurs réitéré que les réponses fournies par Enbridge à l'endroit de ses préoccupations sur deux conditions du projet d'inversion d'oléoduc de la Ligne 9B étaient incomplètes.

Elle estime que ses questions sur les conditions 18 et 20 demeurent «toujours sans réponse».

Il s'agit des conditions concernant le franchissement des cours d'eau de l'oléoduc — qui traverse entre autres la rivière des Mille Îles, la rivière des Prairies et celle des Outaouais — ainsi que des plans de mesure d'urgence.

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