POLITIQUE

Le ministre de l'Agriculture Pierre Paradis pense que le rapport Robillard «n'a pas de bon sens»

25/11/2014 10:00 EST | Actualisé 25/11/2014 10:01 EST
PC

Le ministre québécois de l'Agriculture, Pierre Paradis, critique durement le rapport Robillard. Il affirme que la Commission de révision permanente des programmes n'a pas les connaissances nécessaires pour analyser un secteur aussi complexe que l'agriculture. Et les recommandations touchant les municipalités sont insensées à son avis.

En entrevue au quotidien Le Devoir, le ministre reproche au groupe présidé par Lucienne Robillard d'avoir envoyé « un signal de désinvestissement » à l'industrie agroalimentaire, alors que les agriculteurs ont déjà contribué de façon « substantielle » à l'atteinte de l'équilibre budgétaire.

Il rappelle que depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir, des compressions de 145 millions de dollars ont déjà été réalisées dans les crédits qui sont consentis à la Financière agricole, qui finance le secteur.

Dans son rapport rendu public dimanche, la commission recommande l'abolition du programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles, ce qui équivaudrait à une ponction de 300 millions de dollars dans le budget de la Financière agricole.

Le ministre Paradis blâme d'ailleurs le rapport pour les erreurs qu'il contient, disant que dans son analyse, la commission n'a pas tenu compte du fait que le budget de la Financière agricole avait déjà été réduit.

Le ministre pense qu'une telle proposition est inapplicable et indique que tous les pays financent leur agriculture, une chose qui est rentable pour le Québec et assure un emploi sur dix en région.

« La demande de produits alimentaires, tant sur les plans local, national et international, est en croissance. Il faut absolument que le Québec fasse partie de cette croissance économique. »

— Pierre Paradis

Québec souhaite soutenir les producteurs

Lundi, commentant le rapport, le président du Conseil du Trésor avait été assez flou sur les intentions du gouvernement en ce qui concerne l'agriculture. Martin Coiteux a déclaré que le gouvernement prenait acte de ce qu'on lui recommandait et en ferait l'analyse « avec doigté », tout en déclarant que l'aide aux producteurs agricoles ne serait pas complètement coupée.

Il a réitéré mardi l'intention du gouvernement de continuer à soutenir les producteurs.

« Dans le domaine de l'agriculture, c'est certain qu'on va faire extrêmement attention parce que c'est un secteur qui contribue de manière extrêmement importante à l'économie du Québec. Et il n'y aura justement aucune remise en question de l'aide que l'on peut apporter aux producteurs qui sont efficaces. »

— Martin Coiteux

M. Coiteux a aussi indiqué que la dernière chose que le gouvernement ferait serait de remettre en question les capacités des agriculteurs de faire des investissements.

Transfert aux municipalités

Dans Le Devoir, Pierre Paradis critique également la suggestion de la commission Robillard de couper 1,3 milliard de dollars par année dans les transferts aux municipalités.

« Il y a quelque chose d'irréel. Ça n'a pas de bon sens. »

— Pierre Paradis

De son côté, le président du Conseil du Trésor a répliqué à cela que le taux de croissance moyen des dépenses des municipalités est de 5,8 %, ce qui est « insoutenable ».

Il a indiqué que le pacte fiscal transitoire signé par les municipalités cette année avait retranché 300 millions aux transferts qu'on leur accorde, ce qui a été très bien accueilli par celles-ci, selon lui.

Un nouveau pacte fiscal doit être négocié en 2015.

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