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Fausse adresse pour fréquenter l'école de son choix: des parents en colère

24/11/2014 05:53 EST | Actualisé 24/11/2014 05:53 EST
Monkey Business Images/Stockbroker via Getty Images

Le phénomène des fausses adresses est bien connu dans certaines écoles de la Commission scolaire de Montréal. Un problème qui crée de la tension entre des parents parce que certaines écoles manquent déjà de place.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

La situation est relativement simple. Des parents de l'extérieur du territoire où se situe une école publique avec un projet éducatif qui leur plaît souhaitent que leur enfant la fréquente. Ces parents demandent donc à des résidents du quartier de l'école visée la permission d'utiliser leur adresse pour y avoir accès.

Une manoeuvre qui va à l'encontre du règlement de la CSDM.

Le problème est important : des écoles sont surpeuplées et un enfant inscrit à l'aide d'une fausse adresse peut prendre la place d'un autre qui lui, habite réellement le quartier. À la Commission scolaire de Montréal, on est bien au fait de la situation, surtout présente dans les écoles St-André-Apôtre (Ahuntsic), Saint-Marc (Rosemont) et Louis-Colin (Ahuntsic). « Ça peut toucher même du personnel de l'établissement qui font des fausses adresses, je peux comprendre que ça peut être une petite bombe », explique Manon Bergeron, directrice de l'organisation scolaire à la CSDM.

Des parents en colère...

Mère de trois enfants, Marie-Hélène Gravel a dû expliquer à son jeune fils pourquoi il ne fréquente pas l'école Saint-André-Apôtre, comme ses deux soeurs aînées. « Je lui ai dit que l'école déborde et qu'il y a des gens qui font des demandes frauduleuses. Mon fils va avoir six ans », dit-elle.

Ce qui la choque le plus c'est que si des parents mentent sur leur lieu de résidence, leur enfant au bout compte doit aussi mentir.« Il faut que l'enfant continue de mentir à l'école. C'est ce qui me renverse là-dedans, c'est que les enfants continuent de mentir », se désole-t-elle.

...d'autres prêts à tout

Des parents semblent prêts à aller très loin pour que leur enfant fréquente l'école qu'ils désirent. Dans le quartier Ahuntsic, des demandes écrites ont circulé dans les boîtes aux lettres. Un résident de la rue Tolhurst a été sollicité pour qu'il prête son adresse. « J'ai été surpris de lire cette lettre-là, en fait j'ai lu qu'il voulait utiliser mon adresse. Je n'ai pas trouvé ça correct et je n'ai pas fait suite à cette lettre », raconte-t-il.

Les directions d'école n'ont pas l'intention de mener une vaste enquête pour dénicher les tricheurs. Sur le formulaire d'inscription, la CSDM a ajouté récemment que toute demande incluant une fausse adresse serait rejetée. Pour l'instant, c'est essentiellement la délation qui permet d'identifier les fausses adresses. Par exemple, à l'école Saint-Marc, un parent en a dénoncé un autre. « Je vous dirais que c'est délicat, mais c'est important que les gens sachent ça. On fait pas d'enquête pour vérifier chaque adresse », explique France Vézina, directrice de l'école Saint-Marc.

Même si le phénome est marginal, il a des conséquences bien réelles pour plusieurs enfants et parents.

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