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Quand Rock Demers raconte les Contes pour tous

22/11/2014 09:49 EST | Actualisé 22/11/2014 09:49 EST
jean-Demers

Peu de producteurs peuvent se vanter d’avoir un ouvrage de plus de 370 pages, une belle grosse brique truffée de photos, immortalisant leur œuvre cinématographique. C’est le cas de Rock Demers, créateur de la série de films pour enfants Contes pour tous.

Histoire de commémorer le 30e anniversaire de la franchise et de son premier opus, La guerre des tuques, les Éditions Bayard Canada ont lancé, en septembre dernier, le livre-collection Rock Demers raconte les Contes pour tous, un objet au format impressionnant dans lequel le «père» de Bach et Bottine, La grenouille et la baleine, Pas de répit pour Mélanie, Opération beurre de pinottes, Tirelire, combines et cie, La forteresse suspendue et tant d’autres scénarios qui ont bercé l’imaginaire de toute une génération de bambins, raconte des anecdotes liées à la naissance de toutes les productions des Contes pour tous. L’histoire de chacun des 25 longs-métrages est exposée sur une dizaine de pages, dans l’ordre où ceux-ci ont pris l’affiche en salle. La rétrospective s’ouvre donc avec La guerre des tuques et se termine avec La gang des hors-la-loi, dernier bloc de l’édifice, sorti au cinéma en juillet dernier.

«On ne voulait pas faire quelque chose de formel ou trop structurel, explique Nicholas Aumais, conseiller en littérature jeunesse et éditeur chez Bayard. L’apport anecdotique de Monsieur Demers amène des faits cocasses, anodins, qu’on est contents d’apprendre. On plonge dans les coulisses de ces films-là, et les images font ressurgir des souvenirs d’enfance.»

Justement, les photos occupent une large part de l’imposant document ; on en compte entre huit et douze par titre des Contes pour tous.

«À l’époque, toutes ces photos n’étaient pas sur CD ROM, elles n’étaient pas numérisées, précise Nicholas Aumais. Il fallait voir si on avait la bonne résolution. Mais il fallait surtout choisir celles que le Québec entier aimerait voir. C’a créé des choix déchirants, mais c’était un beau défi.»

Un défi qui en aura valu la peine, si on se fie à la réaction enthousiaste de Rock Demers devant cette biographie professionnelle illustrée.

«C’est fantastique, s’émeut ce dernier. Je n’ai jamais vu un ensemble de photos de mes films comme celui-là. C’est tellement remarquable, la façon dont c’a été recadré et reproduit, comment les couleurs ressortent!»

Philosophie particulière

Plusieurs petits secrets de toute nature sont dévoilés dans Rock Demers raconte les Contes pour tous. On y apprend entre autres les principes qui guident Rock Demers dans la fabrication de ses fictions au grand écran. L’homme s’est construit une balise de critères au fil des ans, et c’est ce qui permet aux produits marqués du sceau des Contes pour tous de se distinguer.

«Ce sont tous des films contemporains, j’alterne entre filles et garçons pour les personnages principaux, j’alterne entre les tournages en français, en anglais et dans d’autres pays, la nature est toujours importante, il n’y a jamais de violence gratuite, et toujours de la fantaisie», résume le principal intéressé.

Dès le départ, une logique s’est imposée : Rock Demers a campé le décor de son premier Conte pour tous au Québec, parce qu’il est citoyen du Québec, celui de son deuxième, au Canada, parce qu’il est citoyen canadien, et celui du troisième, à l’étranger, parce qu’il est citoyen du monde. Le producteur estime qu’il est absolument essentiel d’ouvrir l’esprit et le regard de son jeune public aux autres communautés, aux autres coins du globe.

«Le film tourné à l’étranger qui a eu le plus de résonnance ici, c’est La championne, qu’on a tourné en Roumanie, se souvient-il. Fierro… l’été des secrets, qu’on a tourné en Argentine, a été l’un des plus grands succès au box-office dans ce pays, cette année-là. Même chose pour Le jeune magicien, qu’on avait fait en Pologne et qui a été très, très populaire, là-bas. En bout de ligne, les revenus générés par chaque film sont à peu près les mêmes, qu’ils aient été tournés en français, en anglais, ici ou ailleurs.»

L’amour des enfants

Toute sa vie, Rock Demers a valorisé l’art et la culture pour enfants, toujours dans l’amour et le respect de ceux-ci. Encore aujourd’hui, il tient à travailler avec des êtres qui entretiennent les mêmes convictions que lui.

«Ce n’est pas n’importe qui, qui peut faire des films pour enfants, pour la famille. Il y a des cinéastes de grand talent, que je respecte beaucoup, que je n’inviterais pas à faire un Conte pour tous. À mon avis, ça prend une sensibilité très particulière pour parler aux enfants, sans leur faire sentir, justement, qu’ils sont des enfants, et de travailler avec des gens qui n’ont pas d’expérience de plateau. Ce n’est pas tout le monde qui a cette capacité», juge celui pour qui la fidélité est une valeur précieuse, et qui fait souvent appel aux mêmes personnes, dont André Melançon et Jean Beaudry, pour différentes collaborations.

Vous n’entendrez donc jamais Rock Demers dire que de faire du cinéma pour les enfants, et avec eux, est ingrat.

«Non, lance le pionnier en éclatant de rire. Ça traverse les frontières peut-être plus facilement que si on travaille pour les adultes, et avec les adultes…»

Rock Demers sera présent au Salon du livre de Montréal pour une séance de signatures, ce samedi, 22 novembre, de 14h à 15h. Stand 156, Éditions Bayard Canada.

Ce dimanche, 23 novembre, l’émission Le banquier, à TVA, célébrera les 30 ans des Contes pour tous.

10 livres à lire pendant le temps des fêtes