DIVERTISSEMENT

«SNL Québec»: dans la tête de l'auteur Sébastien Ravary (ENTREVUE)

21/11/2014 07:03 EST | Actualisé 21/11/2014 09:50 EST
Courtoisie

Sébastien Ravary a gradué de l’École nationale de l’humour en 2010. Davantage attiré par la plume que par la scène, le garçon a fait ses classes en tant qu’auteur en collaborant au scénario du film Le sens de l’humour, d’Émile Gaudreault, en contribuant à des Galas Juste pour rire, et en participant au premier spectacle d’Eddy King.

Aujourd’hui, il fait partie du quatuor d’auteurs de SNL Québec. À ce jour, sa principale carte de visite demeure d’avoir co-écrit le dernier one man show de Patrick Huard, Le bonheur, en 2011-2012. Maintenant, devinez qui pondra le monologue d’ouverture de Huard, invité-vedette de SNL Québec, ce samedi? Évidemment, comme à l’habitude, la plus grande aura de mystère enrobe le contenu de cette édition de novembre – l’avant-dernière avant les Fêtes -, mais il y a fort à parier que le chauffeur de taxi le plus célèbre de la province, le renommé Rogatien, viendra faire son tour sur les ondes de Télé-Québec, entre 21h et 22h30. C’est du moins ce qu’ont laissé entendre des publicités, plus tôt cette semaine…

«Quand on rencontre les invités, on leur demande s’il y a un sujet dont ils aimeraient parler, explique Sébastien Ravary à propos de la tradition du numéro de bienvenue de SNL. On offre toujours à la vedette la possibilité d’amener ses propres auteurs. Antoine Bertrand a collaboré avec une personne proche de lui. Stéphane Rousseau et Louis-José Houde avaient déjà leur propre matériel. Pour Patrick Huard, puisque je suis son auteur, c’est moi qui l’écris. D’ailleurs, ça tombe souvent sur moi, parce que j’aime l’humour de stand up. La plupart du temps, les gens arrivent avec leurs idées, parce que c’est plutôt personnel, mais on essaie d’ajouter une petite twist, pour dynamiser le truc.»

Horaire bien rodé

Le rendez-vous SNL Québec désormais bien établi, une fois par mois, le groupe d’auteurs, supervisé par la chef Josée Fortier, s’impose un horaire et une discipline très stricts pour arriver à livrer la marchandise qui, on le sait, sera ensuite minutieusement commentée sur les réseaux sociaux.

«On a un remue-méninges de départ, dans la semaine qui suit la diffusion de SNL. On regarde ce qui se passe dans l’actualité très, très générale. À ce moment-là, on ne peut pas aller dans ce qui est trop précis, parce qu’on est encore trop loin de la date de tombée. On brainstorme, on trouve plein d’idées et, ensuite, on part chacun de notre côté. On écrit des textes sur les thèmes qui ont été discutés. Ensuite, on fait une lecture entre nous», résume Sébastien Ravary.

Une page Facebook a été créée pour faciliter les échanges entre les créateurs. Une fois la première lecture à voix haute complétée, chacun prend des notes, remanie son travail et relit celui des autres. La semaine suivante, les comédiens s’amènent dans le processus en parcourant ces premiers jets dans une «lecture à froid», comme l’indique Sébastien Ravary, sans costumes, sans accessoires, et même sans trop d’intonations.

«Dès lors, on va procéder à une sélection pour l’émission. On a un mois pour préparer chaque édition mais, en réalité, il faut prévoir un délai pour la conception des décors. Les textes doivent donc être choisis rapidement.»

Les dialogues seront peaufinés jusqu’à la semaine précédant le samedi avec un grand «S». Ces sept derniers jours, on enchaînera les répétitions, qui s’inscriront au nombre de trois ou quatre dans l’agenda de Katherine Levac, Pier-Luc Funk, Virginie Fortin, Phil Roy, Léane Labrèche-Dor et Mathieu Quesnel. Le vendredi, on augmente la difficulté d’un cran en se transportant dans les décors. Le samedi, on revoit le tout lors d’une générale en matinée et, le soir, c’est l’heure de vérité, en direct.

Tirer dans tous les sens

Les Nouvelles SNL sont imaginées à l’extrême dernière minute, histoire de les coller le plus possible à l’actualité. La troupe a récemment dû s’adapter au changement de «chef d’antenne» ; Mathieu Quesnel était auparavant le lecteur derrière le pupitre, mais a été remplacé, le mois dernier, par Mickaël Gouin et Guillaume Girard, qui s’investissent aussi dans l’écriture des gags. Or, la routine demeure sensiblement la même, et les personnages qui ponctueront le «bulletin d’informations» sont aussi impliqués le plus tard possible. Le fait que les auteurs connaissent bien les acteurs à qui ils ont affaire – et les connaissaient d’ailleurs, pour la plupart, bien avant de faire le saut dans les studios de Télé-Québec – facilite les démarches.

«On se casse beaucoup la tête à essayer de tirer dans tous les sens, estime Sébastien Ravary pour définir l’humour de SNL Québec. Une émission comme celle-là, on sait automatiquement que ce n’est pas tout le monde qui va aimer les sketchs, mais on se fait un devoir qu’il y en ait pour tous les goûts. Même dans le SNL original, on sait qu’on ne voit pas la même chose à 23h et à minuit. Plus l’heure avance, plus les blagues deviennent absurdes, edgy. Le contenu diffère. On essaie de ratisser le plus large possible, avec des parodies, des trucs niaiseux ou absurdes, et d’autres plus engagés.»

«Puisqu’on est quatre auteurs, on a quatre folies, quatre styles, quatre univers complètement différents. Quand on met tout ça ensemble, ça donne des combinaisons très le fun, originales, qui peuvent plaire autant à ma mère qu’à mes amis, qui n’ont vraiment pas le même bagage et les mêmes référents humoristiques», conclut le jeune homme, avec bonne humeur.

SNL Québec, avec Patrick Huard, ce samedi, 22 novembre, à 21h, à Télé-Québec. L’artiste musical du mois est Damien Robitaille. Guy A.Lepage sera le prochain invité-vedette, le 13 décembre.

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