POLITIQUE

Inversion de la Ligne 9B: Enbridge tente de rassurer la Communauté métropolitaine de Montréal

20/11/2014 12:24 EST | Actualisé 20/01/2015 05:12 EST
Bloomberg via Getty Images
An Enbridge Inc. oil tank stands at the Hardisty tank farm in Hardisty, Alberta, Canada, on Saturday, Dec. 7, 2013. Canadian heavy crude reached its strongest level in more than two months on the spot market as a pipeline connection to the U.S. Gulf Coast began filling with crude ahead of its startup next month. Photographer: Brett Gundlock/Bloomberg via Getty Images

MONTRÉAL - Enbridge a répondu à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) quant à ses préoccupations vis-à-vis deux conditions du projet d'inversion de l'oléoduc de la Ligne 9B, mais sans nécessairement proposer de nouvelles mesures.

Dans une lettre de 22 pages datée du 14 novembre, la société pétrolière tente de rassurer l'organisme regroupant 82 villes en fournissant des «renseignements supplémentaires» sur ses méthodes actuelles de travail.

Selon elle, cette missive s'inscrit dans une «approche pédagogique» pour démontrer que l'inversion du flux de l'oléoduc 9B répondait à toutes les conditions émises par l'Office nationale de l'énergie (ONE) en mars dernier.

«On s'est aperçu, peut-être, que nous n'avions pas aussi bien expliqué que nous le pensions nos méthodes», a expliqué le directeur des affaires publiques des activités pipelines de liquides pour l'Est du Canada, Éric Prud'Homme.

En septembre, la CMM s'était montrée particulièrement insatisfaite des réponses données par Enbridge sur la surveillance et la gestion liées au franchissement des cours d'eau et sur les mesures d'urgence dans les zones à risque de graves conséquences en cas de bris de l'oléoduc.

L'organisme présidé par le maire de Montréal, Denis Coderre, estimait alors que l'entreprise albertaine n'avait pas respecté les conditions 18 et 20 émises par l'ONE.

«Je ne veux pas parler au nom du maire (Coderre), mais ce que j'avais entendu (...) ce n'était pas que les conditions n'étaient pas respectées, mais qu'il était inquiet qu'elles ne soient pas respectées», a dit M. Prud'Homme, qui signe également la lettre.

Le directeur des communications du maire de Montréal, Louis-Pascal Cyr, a confirmé la réception de la lettre, ajoutant qu'elle était encore «analysée».

«Cette réponse est assez technique, a-t-il indiqué. On n'a pas encore fait connaître notre réaction, mais elle sera connue une fois l'analyse complétée.»

L'entreprise avait utilisé la même approche avec l'ONE, qui, le mois dernier, avait soulevé des questions sur le respect de la condition 16 entourant l'installation de vannes aux principaux points de franchissement des cours d'eau.

Cela avait incité l'organisme à suspendre, le 6 octobre dernier, l'approbation du projet d'inversion et d'accroissement de la capacité de la Ligne 9B, forçant du même coup Enbridge à retarder la mise en service de son projet, prévue pour le 15 octobre.

Dans la lettre destinée à la CMM — retardée par la requête de l'ONE — Enbridge (TSX:ENB) revient notamment sur sa méthodologie de positionnement de vannes intelligentes (PVI) contrôlées à distance.

«Nous avons installé 17 nouvelles vannes (...) le long du corridor de la canalisation 9, portant le nombre à 62», est-il écrit, à propos de l'oléoduc qui traverse entre autres la rivière des Mille Îles, la rivière des Prairies et celle des Outaouais.

La société établie à Calgary souligne aussi que l'épaisseur de la paroi des pipelines augmente et que la canalisation est entourée de ciment au franchissement des trois rivières principales entourant l'île de Montréal.

«Le pipeline sous la rivière des Prairies passe en fait dans un tunnel en ciment qui traverse la rivière», fait valoir le document.

M. Prud'Homme a par ailleurs indiqué qu'il ignorait toujours à quel moment Enbridge pourra aller de l'avant avec l'inversion du flux de l'oléoduc 9B puisque l'entreprise attend toujours la réponse de l'ONE.

Même si Enbridge fait valoir qu'aucun incident majeur n'est survenu sur la Ligne 9 depuis sa mise en service, de nombreuses municipalités s'opposent au projet d'inversion du flux de la canalisation en raison des risques de fuite.

Exploité depuis près de 40 ans, le tronçon de 639 kilomètres de l'oléoduc entre North Westover (Ontario) et Montréal constitue la dernière étape du projet qui vise à permettre l'accès aux raffineries de l'Est du Canada.

La société pétrolière souhaite acheminer vers les raffineries du Québec et de l'Ontario quotidiennement entre 240 000 et 300 000 barils de pétrole en provenance des sables bitumineux.

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