BIEN-ÊTRE

Le Pharmachien : la santé dessinée, simplifiée, démystifiée

19/11/2014 02:55 EST | Actualisé 19/11/2014 02:55 EST
courtoisie

Connaissez-vous Le Pharmachien? Ce sympathique personnage virtuel, au sarrau identique à celui de ses collègues qui pratiquent derrière les comptoirs des magasins Jean Coutu, Uniprix et autres Familiprix du Québec, est l’emblème, depuis septembre 2012, d’un site web au ton humoristique (www.lepharmachien.com), qui scrute l’industrie de la santé pour la simplifier aux yeux du grand public, et défaire mythes, préjugés et faussetés liés à la médecine, qui circulent trop souvent dans la population. «Le pharmacien impertinent qui simplifie la science et anéantit la pseudoscience», clame la page d’accueil du portail aux allures de bande dessinée, truffé de blagues et de vidéos rigolotes.

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Maintenant, la philosophie on ne peut plus accessible du Pharmachien s’étale aussi dans un livre, intitulé Le Pharmachien – Différencier le vrai du n’importe quoi en santé!, dans lequel Le Pharmachien ne prodigue non pas des conseils et des recommandations, mais affirme sa position devant toutes sortes de thématiques médicales toujours d’actualité.

Le Pharmachien, c’est en fait Olivier Bernard, pharmacien de formation qui exerce sa profession en tant que «pharmacien volant», c’est-à-dire en trottinant d’une pharmacie à l’autre, tant en Estrie que dans les Laurentides, en Outaouais ou à Montréal.

Tous les jours, en remettant à ses clients leurs pots de pilules, tubes d’onguents et sirops pour la toux, Olivier Bernard doit répondre à quantité de questions sur la maladie, les traitements, les médicaments. Habile communicateur, il s’est un jour désolé de ne pouvoir partager ses conseils sur une tribune plus vaste, qui lui permettrait de rejoindre un grand nombre de gens à la fois.

Pour son propre plaisir, sans attentes, il a donc créé le site web Le Pharmachien qui, en moins de temps qu’il n’en faut pour éternuer, est devenu immensément populaire, notamment grâce au concours des réseaux sociaux. Rapidement, les propositions de maisons d’édition ont afflué pour qu’il consigne son matériel sur papier. L’approche de la boîte Les Malins l’a séduit, et une entente a été conclue. Lancé à la mi-octobre, le bouquin Le Pharmachien – Différencier le vrai du n’importe quoi en santé! est déjà en rupture de stock à plusieurs endroits dans la province.

«Moi, je pensais qu’à un moment donné, j’aurais une centaine de lecteurs et ça serait bien correct, raconte le spécialiste. Je n’ai fait aucun effort de promotion, à part publier mes articles sur Facebook. Le bouche à oreille a fait son œuvre. À quelques occasions, je suis apparu dans le Journal de Québec ou Le Soleil, ce qui m’a permis de gagner quelques lecteurs, mais je n’ai jamais cherché à ce que ça devienne populaire. Ça l’est devenu et j’en suis le premier surpris.»

Sans jugements ni ordonnances

Olivier Bernard ne semble pas être du genre rêveur. Du moins, pas dans le cadre de son boulot. Les conclusions semi-prouvées, les remèdes de grand-mère plus ou moins efficaces, les rumeurs, les théories du complot en santé, très peu pour lui. Et c’est en ce sens que s’inscrit sa démarche. L’homme espère conscientiser les Québécois, ouvrir leur esprit et démasquer les charlatans, mais il le fait dans un enrobage léger et comique, jamais lourd.

«Mon objectif global, avec le site web et le livre, c’est d’encourager les gens à développer un esprit plus critique par rapport aux choix qu’ils font en matière de santé. La pensée magique qui revient tout le temps, l’idée qu’on peut trouver des solutions faciles à des problèmes extrêmement complexes, la croyance qui veut qu’on peut prendre une pilule ou un produit naturel et que tous nos problèmes vont être réglés, je m’attaque beaucoup à ça. J’essaie d’inciter les gens à se poser plus de questions et, peut-être, ainsi, à faire de meilleurs choix.»

«Les sujets abordés, en tant que tels, sont vraiment universels, mais je ne fais pas nécessairement dans le détail, et je ne dis pas aux gens quoi faire, poursuit Olivier Bernard. Et ça, c’est très important pour moi. En allant sur mon site web, les gens me disent souvent : «J’ai consulté ta page, mais je ne sais toujours pas quoi faire». Et c’est normal, parce que ce n’est pas mon but. Moi, j’ai envie d’intéresser les gens, de faire en sorte qu’ils aient envie d’apprendre sur un sujet et qu’ensuite, ils se servent de cette base pour poursuivre leur apprentissage.»

Ainsi, plusieurs notions sont abordées dans Le Pharmachien – Différencier le vrai du n’importe quoi en santé!, avec une douce ironie, mais beaucoup de clarté et de réalisme. On définit le rôle de tous les spécialistes de la santé, on décortique les incidences de quelques traitements et les effets secondaires, on questionne (gentiment) des concepts holistiques comme la guérison par les anges, le Reiki, la guérison par la pensée, l’homéopathie, l’irrigation du côlon et la thérapie quantique, on examine les toxines, on s’attaque à l’hyper-science, on défend avec vigueur les vaccins, on compare déprime et dépression, on suggère des solutions au stress, etc. Bref, on informe et on réfléchit, sans pointer du doigt, dans le but de former de futurs patients qui seront mieux outillés lors de leur prochaine visite à l’hôpital ou au cabinet de médecin. Le tout, dans une petite bible parsemée d’illustrations ludiques, aux couleurs vives, aux écritures en gros caractères, où on tutoie le lecteur.

«Si quelqu’un le considérait comme un livre pour enfants, ça serait un compliment, pour moi, lance Olivier Bernard en riant. Moi, j’apprends un peu comme un enfant. J’explique les choses, dans le livre, de la même façon que je parle aux gens dans la vie de tous les jours. Le langage est familier, les images sont simples. Lire de longs textes, écouter des discours monotones, ce n’est pas mon fort. Sur le site web, je savais dès le départ qu’il y aurait beaucoup de dessins et de vidéos, et le livre est à l’image de ça à 100%».

«Je trouve que c’est utile, que c’est comme ça qu’on apprend le mieux. Je pense que les adultes aussi, ont le goût d’apprendre, mais pas en ayant besoin de prendre des Tylenol après avoir lu trois ou quatre pages sur un sujet.»

Information «atroce»

À l’heure où Google s’offre aux internautes comme une fenêtre sur le monde entier, où on trouve réponses à nos interrogations en un clic de souris, Olivier Bernard estime-t-il que nous sommes adéquatement informés?

«Les gens sont plus informés que jamais, plaide le créateur du Pharmachien. Il n’y a aucun doute là-dessus. Maintenant, ils ne comptent plus seulement sur leur médecin ou leur pharmacien pour faire des choix en matière de santé. Mais est-ce que l’information obtenue est bonne? Sur Internet, des sites parfois obscurs, ou même très populaires, affirment des faits qui sont complètement atroces, fournissent une information incomplète, incorrecte, à la limite dangereuse, parfois. Avoir accès à l’information ne signifie pas que celle-ci est meilleure pour autant…»

Olivier Bernard sera présent au Salon du livre de Montréal pour des séances de signatures, le jeudi 20 novembre, de 19h à 20h, le vendredi 21 novembre, de 19h à 20h30, le samedi 22 novembre, de 15h à 16h et de 18h30 à 20h, et le dimanche 23 novembre, de 14h30 à 16h. Stand 2016, Éditions Les Malins.