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Charles Tisseyre lance un cri du coeur pour Radio-Canada (VIDÉO)

19/11/2014 03:04 EST | Actualisé 19/11/2014 03:04 EST

L'animateur de l'émission Découverte, Charles Tisseyre, a profité de la tribune qui lui était offerte à titre de panelliste lors de l'assemblée publique annuelle de CBC/Radio-Canada pour lancer un cri du cœur pour le financement du diffuseur public canadien.

« On est allé trop loin! On n'a pas assez de moyens pour faire ce qu'on devrait faire et bien le faire », a martelé M. Tisseyre sous les applaudissements nourris du public présent. « Radio-Canada est une institution culturelle qui doit [bénéficier d'un] réinvestissement pour nous aider à faire notre travail correctement. »

M. Tisseyre a déploré que son émission ait dû amorcer sa saison avec trois semaines de retard en raison des compressions budgétaires. Il ajoute que l'émission doit présenter des reprises 25 % du temps à une heure de grande écoute.

« Nous faisons quand même notre travail au niveau de la qualité, mais au niveau de la quantité de notre offre, ça a diminué », a-t-il poursuivi. « Jamais en 21 ans à Découverte, n'ai-je vu ça. »

Loin de remettre en question le virage numérique entrepris par la direction, M. isseyre estime qu'il faut bien au contraire l'embrasser. Il ajoute toutefois qu'il faut y mettre les moyens.

« Qu'a fait La Presse lorsqu'elle a fait son virage numérique? Elle a investi 60 millions de plus. » — Charles Tisseyre

Il déplore que Radio-Canada amorce son virage numérique avec de nouvelles compressions budgétaires. « Nous devons avoir un réinvestissement dans cette boîte », a-t-il ajouté.

« Nous faisons ce virage-là, mais nous le faisons avec des moyens diminués. Et, en plus, ceux qui devraient être le fer de lance, le moteur de ce lancement-là, les jeunes, on les fout à la porte! » — Charles Tisseyre

Charles Tisseyre précise qu'il ne cible pas la direction de CBC/Radio-Canada pour la crise que traverse le diffuseur public, mais les gouvernements canadiens qui se sont succédé et qui ont imposé des compressions budgétaires.

Des revenus en baisse

Plus diplomatique, l'animateur Patrice Roy a parlé de la nécessité de prendre le virage numérique sans toutefois abandonner le contenu audiovisuel traditionnel. Rappelant que 87 % des Canadiens consomment toujours leurs émissions de télévision et de radio de façon traditionnelle, il a précisé qu'il fallait ajouter l'offre numérique pour rejoindre le plus de spectateurs, dont les plus jeunes.

Le président-directeur général de CBC/Radio-Canada, Hubert Lacroix, a réitéré son discours des dernières semaines en indiquant qu'il fallait gérer la décroissance des revenus et prendre le virage imposé par l'industrie médiatique. « Nous devons faire face à des revenus commerciaux instables - qui migrent vers le numérique - des crédits parlementaires en baisse et nous devons fonctionner avec des modèles d'affaires qui ne fonctionnent plus. »

M. Lacroix a expliqué que les coûts d'exploitation du diffuseur public étaient toujours plus élevés que ses revenus. Rappelant l'annonce de l'abolition de 400 postes au sein de l'entreprise au cours des dernières semaines, M. Lacroix a indiqué que l'exercice - bien que nécessaire - lui était pénible.

Le président déplore les événements qui s'enchaînent autour de lui au moment où il tente de mettre en place le plan stratégique du diffuseur public. « Théorie de conspiration, insinuation de pressions politiques, des attaques personnelles, un scandale, des critiques souvent virulentes et très amères », rapporte-t-il.

Il a toutefois réitéré son intention de demeurer en poste malgré les appels à la démission qui se multiplient à son endroit. Il a indiqué que demander la démission du président de CBC/Radio-Canada est une pratique courante dans l'histoire de la boîte, mais il souligne que les gens qui réclament sa démission ne proposent aucune solution de financement. »

Financement, régions et démission

Lors de l'assemblée publique, M. Lacroix s'est fait demander par une participante pourquoi il ne réclamait pas publiquement un financement accru d'Ottawa pour CBC/Radio-Canada, et a été pressé par M. Tisseyre de répondre à cette question.

La dernière augmentation des crédits d'exploitation remonte à 1973, a rappelé M. Lacroix. « Pensez-vous franchement qu'on va recevoir un dollar de plus », a-t-il déclaré, ajoutant : « toutes les interventions que je fais depuis sept ans visent à augmenter nos marges de manoeuvre financières. »

L'un des participants a voulu savoir comment Radio-Canada s'assurera d'avoir une programmation locale « variée et pertinente » pour toutes les communautés francophones. Le vice-président des services français, Louis Lalande, a expliqué que l'engagement de la société d'État était de produire dans toutes les stations régionales des informations locales, sept jours par semaine.

Le dernier intervenant de cette assemblée publique annuelle avait rédigé une lettre de démission pour Hubert Lacroix, « avançant que son départ est demandé par la population ». Il lui a remis cette lettre, demandant au président-directeur général de CBC/Radio-Canada ce qu'il attendait pour la signer.

« Je vous répète que j'ai l'intention de complémenter » mon mandat, a répondu M. Lacroix. « Je crois fermement au radiodiffuseur public, je vous l'ai exprimé de toutes les façons », a-t-il ajouté.

M. Lacroix est entré en poste le 1er janvier 2008 pour un premier mandat de cinq ans, qui a été reconduit, fin 2012, pour la même durée.

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