POLITIQUE

PKP juge le Bloc pertinent mais invoque le «droit de s'interroger» sur son avenir

18/11/2014 02:03 EST | Actualisé 18/01/2015 05:12 EST
AFP via Getty Images
Canadian media tycoon Pierre-Karl Péladeau visits his electoral office on March 27, 2014 in Saint-Jérôme, Canada. Péladeau announced on March 9 he would run as the Parti Québécois candidate for the Saint-Jérôme provincial electoral district, 60kms (37 miles) northwest of Montreal. The party has welcomed Péladeau's commitment to an independent Quebec. The elections are scheduled for April 7, 2014. AFP PHOTO/Francois Laplante Delagrave (Photo credit should read Francois Laplante Delagrave/AFP/Getty Images)

QUÉBEC - Pierre Karl Péladeau corrige le tir et juge maintenant «tout à fait» pertinente la mission du Bloc québécois à Ottawa.

Le candidat pressenti à la direction du Parti québécois a eu de bons mots pour la formation de Mario Beaulieu, mardi, quelques jours après avoir affirmé que le Bloc «ne sert strictement à rien».

Le député de Saint-Jérôme a soutenu devant de jeunes militants de sa circonscription des Laurentides vendredi dernier que le Bloc n'aura servi qu'à «justifier le fédéralisme». En remettant en question l'utilité du Bloc, M. Péladeau venait contredire la position du Parti québécois.

En point de presse à l'entrée d'une réunion du caucus péquiste, mardi, l'aspirant candidat donné favori pour diriger le PQ a invoqué le droit de se questionner sur l'avenir du Bloc mais a assuré qu'il le jugeait encore pertinent.

«Il est tout à fait pertinent, tout à fait. C'était une interrogation, a expliqué M. Péladeau pour justifier sa sortie contre le Bloc. Je pense que nous avons le droit de nous interroger parce que la question, aussi, c'est de déterminer si on combat le fédéralisme ou si on travaille avec le fédéralisme. Les forces souverainistes doivent être ensembles pour le combattre.»

Le magnat de la presse a aussi rappelé les propos de Lucien Bouchard, chef-fondateur du Bloc, sur le succès de l'aventure souverainiste à la Chambre des communes.

«Il ne faut jamais oublier que M. Bouchard avait dit que nous allions apprécier le succès du Bloc à la longévité de son existence. Il faut constater que 25 ans plus tard, il y a encore du travail à faire et donc, c'est dans cet esprit de coordination, de cohérence, de convergence de toutes les forces souverainistes que je travaillerais, évidemment, si je suis candidat et que je suis élu», a-t-il déclaré.

M. Péladeau n'a pas nié avoir tenu les commentaires désobligeants qui lui sont attribués mais son fidèle supporteur, Pascal Bérubé, jouait les sceptiques en avant-midi mardi.

«Je vais échanger avec lui, je vais voir ce qu'il a à dire là-dessus, mais je n'ai pas d'indication, je n'ai pas entendu d'enregistrement, je n'ai entendu personne dire que c'est ce qu'il avait dit alors il faut aller aux sources. Je n'ai aucune preuve qu'il a dit ça», a-t-il dit avant que son mentor ne s'adresse aux médias.

Pour leur part, les candidats à la chefferie du PQ ont voulu se démarquer de leur adversaire potentiel en exprimant sans réserve leur soutien au Bloc québécois.

«On s'en est rendu compte depuis que le nombre de députés (du Bloc) a été réduit que la voix du Québec n'est pas entendue à Ottawa comme elle l'était avant. On a intérêt, en tant que Québécois, à avoir le plus de députés du Bloc possible à l'élection de 2015», a soulevé Jean-François Lisée.

Sa consoeur Martine Ouellet en a rajouté, proclamant que le prochain chef du Parti québécois devra appuyer fermement le Bloc québécois.

«Pour moi c'est très clair», a-t-elle estimé, arguant que le Parti libéral du Canada, le Nouveau Parti démocratique et le Parti conservateur «ont régulièrement pris des positions contre le Québec» par le passé.

Quant à lui, Bernard Drainville a énuméré, parmi les mérites présumés du Bloc, sa position en faveur de la défunte charte des valeurs.

«Qui parle pour la langue, la culture, les valeurs québécoises? C'est le Bloc. Qui se bat pour qu'on ait notre juste part des contrats fédéraux dans le domaine maritime? C'est le Bloc encore. Mulcair, Trudeau, Harper étaient tous les trois contre la loi sur la laïcité, il y a juste le Bloc qui disait que les Québécois ont le droit de se donner la laïcité», a-t-il relaté.

Beaulieu satisfait

À Montréal, le chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu, a accepté le changement de cap de M. Péladeau sans trop se poser de questions. Il a dit ne pas vouloir se mêler du processus de réflexion de M. Péladeau. Il a aussi refusé de s'avancer sur les motifs qui avaient poussé M. Péladeau à changer de cap aussi vite et aussi radicalement.

Il a confirmé avoir parlé à M. Péladeau durant le week-end dernier. Invité à détailler ce qu'il lui avait dit, M. Beaulieu a soutenu lui avoir tout simplement «rappelé que le Bloc avait un rôle indispensable à jouer» et que les deux partis avaient le même mandat, à savoir défendre les intérêts des Québécois et promouvoir l'indépendance du Québec.

«Le Bloc québécois a toujours pu compter sur le Parti québécois et le Parti québécois a toujours pu compter sur le Bloc québécois. Nos partis font partie de la grande famille indépendantiste québécoise et je sais que nous pourrons continuer à compter les uns sur les autres», a commenté M. Beaulieu.

Il n'a pas voulu se montrer rancunier ou manifester ouvertement du mécontentement, mais il n'a pu s'empêcher d'affirmer que «le Bloc québécois ne se mêlera pas de la course à la chefferie du Parti québécois et peu importe le choix de ses membres, le Bloc va continuer à travailler avec le Parti québécois, son chef et ses instances».

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