POLITIQUE

Raymond Bachand est lobbyiste pour Bombardier auprès du gouvernement du Québec

17/11/2014 02:14 EST | Actualisé 17/01/2015 05:12 EST
PC

MONTRÉAL - Le premier ministre Philippe Couillard a minimisé, lundi matin, la récente inscription de l'ex-ministre des Finances de son parti et ancien collègue au cabinet, Raymond Bachand, comme lobbyiste pour le géant de l'aéronautique Bombardier.

Selon le registre québécois, M. Bachand s'est inscrit vendredi pour effectuer des activités de lobbying auprès du premier ministre, du ministre des Finances, Carlos Leitao, et du ministre de l'Économie, Jacques Daoust.

La déclaration déposée au registre par l'ancien ministre des Finances, qui avait tenté de devenir le chef du Parti libéral du Québec, précise que ses activités viseront à faire valoir «l'importance de maintenir le crédit d'impôt recherche et développement pour l'industrie aéronautique et donc maintenir les emplois au Québec», est-il écrit.

Le dernier budget du ministre Leitao, déposé en juin, annonçait des réductions de ces crédits d'impôt en recherche et développement, ce qui avait entre autres irrité Bombardier pour qui la recherche est d'une grande importance.

Interrogé sur le rôle de son ancien collègue, lors d'un point de presse à Montréal sur un autre sujet, le premier ministre Couillard a indiqué que le lobbying sur les crédits d'impôt n'était pas l'affaire d'une seule personne.

«J'ai comme l'impression qu'il y a quelques centaines de milliers de personnes qui se sont donné ce mandat-là au cours des dernières semaines. Je n'en fais pas l'exclusivité d'une personne ou d'une autre», a-t-il dit.

Il a félicité M. Bachand pour avoir respecté la loi en s'inscrivant au registre.

«Il a suivi les règles, il a fait les choses correctement», a insisté M. Couillard.

«Ma compréhension c'est que M. Bachand, avec Bombardier, a fait un mémoire pour la commission de la fiscalité et voulait s'assurer que le mémoire soit transmis», a-t-il ajouté.

Il a ensuite dit n'avoir fait aucune annonce en ce qui concerne les crédits d'impôt.

M. Bachand a cessé d'être ministre au moment du déclenchement des élections à l'été 2012 mais est demeuré député jusqu'au 13 septembre 2013. La loi prévoit que les titulaires de charges publiques ne peuvent devenir lobbyistes pour éviter qu'ils utilisent leur influence auprès du gouvernement avec lequel ils peuvent avoir eu d'étroits liens. Pour un ministre, l'interdiction est de deux ans et pour un député, d'un an seulement. M. Bachand semble ainsi avoir respecté la période prévue par la Loi québécoise sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme.

Sa déclaration déposée au registre indique que le rémunération reçue ou à recevoir pour ce mandat ne dépassera pas 10 000 $.

L'ex-politicien travaille comme conseiller stratégique pour le cabinet d'avocats Norton Rose Fulbright.

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