POLITIQUE

Philippe Couillard ouvre un dialogue avec des leaders musulmans québécois

17/11/2014 01:36 EST | Actualisé 17/11/2014 01:37 EST
Radio-Canada

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, annonce l'ouverture d'un dialogue et la création d'un groupe de travail réunissant des membres de son gouvernement et des leaders des communautés musulmanes québécoise afin de contribuer à prévenir le phénomène de radicalisation, notamment chez les jeunes.

Philippe Couillard, qui était accompagné pour l'occasion des ministres de la Sécurité publique, Lise Thériault, et de Kathleen Weil, ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, a salué la coopération et le volontarisme des communautés musulmanes québécoises à oeuvrer pour endiguer ce phénomène.

Précisant d'entrée de jeu que cette première rencontre d'une heure qu'il a eue avec les représentants des communautés musulmanes ne portait pas sur la répression, mais bien sur une approche davantage sociocommunautaire du problème, Philippe Couillard a expliqué que des rencontres régulières seront instituées entre son gouvernement et les musulmans du Québec.

Combattre le radicalisme religieux

Un groupe de travail impliquant des représentants musulmans ainsi que les ministres Lise Thériault et Kathleen Weil a été créé afin d'apporter le suivi nécessaire aux actions qui seront entreprises de part et d'autre pour combattre le radicalisme religieux en intervenant directement dans les milieux sociaux, notamment auprès des jeunes, en les dirigeant vers « les bons réseaux ».

« On doit également travailler sur notre société de façon à ce qu'on mette en place un environnement qui éloigne les jeunes particulièrement de ce genre de réaction ou de ce genre de projets qu'on peut dire maléfiques. » — Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Soulignant que ce problème concerne tous les Québécois, Philippe Couillard a également dit apprécier que la communauté musulmane québécoise reconnaisse qu'elle a aussi des efforts à faire dans ses rangs sur « des concepts tournant autour de l'islam, des messages mal donnés ou mal transmis qui dévient la religion de son objectif premier qui est de favoriser les rapprochements et la fraternité entre les peuples ».

Le premier ministre a du même souffle mis en garde les Québec contre les méfaits de l'islamophobie qui est une autre forme de radicalisme qui nourrit à son tour le phénomène de radicalisation religieuse.

« Ne pas nous laisser piéger par deux extrémismes qui se nourrissent l'un et l'autre. D'un côté l'extrémisme religieux qui déforme la religion vers la violence aveugle, la radicalisation. De l'autre côté, celui de l'islamophobie et de l'intolérance. Chacun a besoin de l'autre pour exister. » — Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Philippe Couillard avait déclaré, après les attentats d'Ottawa et de Saint-Jean-sur-Richelieu, que son gouvernement souhaitait rencontrer les représentants des communautés musulmanes du Québec dans le but d'ouvrir un dialogue sur les façons d'intervenir efficacement pour cerner les comportements à risque et éviter l'escalade de la violence en instaurant notamment des mécanismes d'intervention sociaux auprès des gens et de leur famille.

Le premier ministre avait aussi promis, avant son élection, une loi pour combattre la radicalisation religieuse, ce que son gouvernement n'a pas fait encore.

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