NOUVELLES

Incendie de L'Isle-Verte: 6 questions toujours sans réponses

17/11/2014 12:59 EST | Actualisé 17/11/2014 12:59 EST
François Drouin - Infodimanche.com

L'enquête publique du coroner sur la tragédie de L'Isle-Verte s'est amorcée lundi matin au palais de justice de Rivière-du-Loup, dans le Bas-Saint-Laurent.

Le coroner et commissaire aux incendies Cyrille Delage se penche sur cet événement qui a fait 32 morts dans une résidence pour personnes âgées en janvier dernier. L'exercice n'a pas pour but de désigner des responsables, mais de comprendre les causes et les circonstances afin d'éviter qu'un tel drame se reproduise.

Afin de vous aider à suivre le déroulement des audiences, voici un retour sur six éléments troublants de cette tragique soirée de janvier.

1- Le feu a-t-il été déclenché par une cigarette à l'étage ou a-t-il débuté dans la cuisine au rez-de-chaussée?

Dans les heures qui ont suivi l'incendie, la thèse d'une cigarette mal éteinte par un résident âgé a d'abord circulée. C'est d'ailleurs la version que maintient le préposé aux bénéficiaires Bruno Bélanger, qui était présent le soir du drame et qui a refusé de se soumettre au polygraphe. Depuis, la Sûreté du Québec a écarté cette thèse. Une autre hypothèse veut que l'incendie se soit déclaré dans la cuisine au premier étage.

2- La ville avait-elle été avertie dès août 2013 que les pompiers pourraient manquer d'eau en cas d'incendie dans un gros immeuble?

C'est ce qu'allègue l'avocat Guy Bertrand, qui a demandé une enquête publique sur les événements. Le soir du drame, la pression d'eau aurait été insuffisante dans les tuyaux des pompiers, toujours selon l'avocat et les propriétaires.

3- Pourquoi le chef des pompiers a-t-il tardé à demander des renforts?

Il a fallu 19 minutes au chef des pompiers de L'Isle-Verte pour demander des renforts aux services d'incendie des municipalités voisines. Le chef Yvan Charron attendra ensuite 85 minutes avant de demander l'aide des pompiers de Trois-Pistoles, puis près de trois heures avant d'appeler en renforts ses collègues de Cacouna. Le chef Carron a-t-il agi selon les règles? Si oui, doit-on revoir le protocole?

4- La Ville a-t-elle été négligente?

Une poursuite déposée par les assureurs et les propriétaires allègue que la municipalité de L'Isle-Verte n'a jamais élaboré de plan d'urgence ni de plan d'évacuation, malgré les demandes répétées d'une des propriétaires.

5- Y avait-il suffisamment de gens sur place pour évacuer les personnes âgées, particulièrement ceux en perte d'autonomie?

La résidence du Havre avait un seul préposé aux bénéficiaires la nuit pour 52 logements. Une des propriétaires, Irène Plante, dormait également sur place. La force de l'incendie a empêché de porter secours aux résidents, mais étaient-ils suffisants pour évacuer ces personnes âgées dont 27 étaient âgées de plus de 85 ans et considérés en perte d'autonomie?

6- Doit-on installer des gicleurs dans toutes les résidences?

La partie de la résidence ravagée par l'incendie n'était pas équipée de gicleurs, contrairement à l'autre moitié de la bâtisse, plus récente. «[...] s'il y avait eu des gicleurs partout, l'incendie aurait été contrôlé pas à peu près», a résumé au journal Le Soleil Alain Harvey, ex-policier enquêteur aux incendies et président de l'Association internationale des enquêteurs en incendie. Québec étudie maintenant la possibilité d'obliger les résidences à se doter de gicleurs, comme l'a fait le gouvernement ontarien en mai 2013.

Avec La Presse Canadienne

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Incendie dans une résidence pour personnes âgées à L'Isle Verte (23 janvier 2014)