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Plusieurs milliers de manifestants marchent pour appuyer la survie de la SRC (PHOTOS)

16/11/2014 07:05 EST | Actualisé 16/01/2015 05:12 EST
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MONTRÉAL - Plusieurs milliers de personnes ont participé à une manifestation organisée par un citoyen pour appuyer la survie de Radio-Canada, dans les rues du centre-ville de Montréal, dimanche.

Nicolas Bédard, l'instigateur de l’événement, estime que la population tient plus que jamais à son diffuseur public.

L'article se poursuit après la galerie photos.

Manifestation pour Radio-Canada

Les compressions successives touchant Radio-Canada, les mises à pied, de même que la fermeture de studios et, plus récemment, du plus grand costumier en Amérique du Nord, inquiètent les défenseurs de la société d’État.

Lisa Djevahirdjian, porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique et l'une des responsables de la campagne «J'aime Radio-Canada», elle rappelle que ce mouvement a pris de l'ampleur ces derniers temps. Elle réclame un financement «accru, stable et pluriannuel» pour la société d'État, histoire d'obtenir, entre autres, une plus grande indépendance par rapport au gouvernement.

«Avec un conseil d'administration uniquement formé d'amis du Parti conservateur — sans oublier Hubert Lacroix —, obtenir cette indépendance est de plus en plus difficile», mentionne-t-elle.

De son côté, le comédien Vincent Bilodeau déplore un «travail de sape à long terme entrepris il y a déjà une trentaine d'années, et qui est insidieux».

«On ne peut pas couper des postes et des subventions sans que cela n'ait un effet. C'est sûr qu'à court terme, l'effet, on ne le sent pas beaucoup. Mais si je regarde ce que c'était il y a 30 ans, c'est presque mort, là», poursuit-il.

Le comédien déplore par ailleurs que l'annonce des compressions successives à Radio-Canada n'ait pas été traitée de façon plus importante dans les médias, entre autres parce que les réseaux rivaux n'«étaient pas mécontents» des coupes chez le concurrent. «Mais les plus récentes fermetures annoncées, la disparition du costumier, ça, ça manque l'imagination, c'est carrément mettre la clé dans la porte; il n'y a plus rien.»

Outre Montréal, des rassemblements se sont déroulés dans d’autres villes du Québec, comme Sherbrooke, Matane et Trois-Rivières, où se trouvent des établissements de Radio-Canada, ainsi qu’à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

À Moncton, le député néo-démocrate Yvon Godin a soutenu qu'environ 150 personnes avaient manifesté pour la survie du diffuseur public. «Radio-Canada est un diffuseur public important pour tout le pays, d'un océan à l'autre, et c'est vraiment important, aussi, pour la francophonie, y compris les minorités hors-Québec. La SRC a un mandat de nous rassembler, rassembler nos communautés, pour nos artistes, les gens pouvant nous amener la joie de vivre, et la joie de garder notre langue.»

Le député du Nouveau Parti démocratique soutient par ailleurs que les effets des compressions se font déjà sentir en région. «Couper une personne à RDI, c'est couper la moitié des effectifs, parce que RDI avait deux personnes à Moncton. Auparavant, nous avions une heure pour l'Atlantique. C'est désormais éclaté en une minute ici, une minute là.» M. Godin précise par ailleurs que la faute n'en incombe pas seulement à Stephen Harper. Sous le gouvernement Chrétien, dit-il, une somme de 250 millions $ a été retranchée du budget de la SRC en 1998. Ces compressions forcent la société d'État à se concentrer dans les plus importants centres de population pour y dénicher des cotes d'écoute, délaissant du même coup les régions.

«Va-t-on finir par perdre de Radio-Canada? Il faut aussi savoir comment le gouvernement s'implique dans le fonctionnement quotidien de la SRC/CBC.»

Par voie de communiqué, le président-directeur général de CBC/Radio-Canada, Hubert T. Lacroix, dont la gestion a été dénoncée par plusieurs observateurs au cours des dernières semaines, a affirmé que ces manifestations de gens clamant leur attachement à Radio-Canada témoignent de l'intensité de la relation qui les unit au diffuseur public. Il ajoute que cet attachement rassure et motive la direction à prendre tous les moyens nécessaires pour faire en sorte que CBC/Radio-Canada demeure un service public fort.

M. Lacroix a soutenu que la gestion quotidienne et les choix éditoriaux comme la définition des orientations sont libres de toute intervention politique.

«Du bla bla», lance M. Bilodeau au bout du fil. «Je ne veux pas m'embarquer dans une guerre de personnalité, mais si le conseil d'administration se battait pour contrer les coupures (...). Il faut que la population soit consciente du fait que c'est un joyau qu'on est en train de dilapider et de jeter aux vidanges.»

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