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« Les services aux étudiants en péril », affirment les cégeps

13/11/2014 03:21 EST | Actualisé 13/11/2014 03:21 EST
RCQC

La Fédération des cégeps juge que le nouvel effort budgétaire d'une trentaine de millions de dollars qui sera demandé cette année aux universités et aux cégeps de la province risque de mettre en péril les services aux étudiants.

Les cégeps ont appris mercredi qu'ils feront face à de nouvelles coupes de 19 millions de dollars pour l'exercice financier en cours, qui s'ajoutent aux compressions de 21 millions annoncées au printemps dans le budget Leitao. La Fédération des cégeps souligne que cette nouvelle vague s'ajoute aux cinq compressions subies au cours des quatre dernières années par les cégeps, pour un total de 109 millions.

« On sait qu'il faut faire des efforts comme l'ensemble du secteur public et parapublic. Mais nous sommes à la croisée des chemins. Il faudra que le gouvernement fasse des choix parce qu'on affecte les services », affirme en entrevue Jean Beauchesne, PDG de la Fédération des cégeps. Selon lui, ce sont les étudiants les plus vulnérables qui en subiront les conséquences.

M. Beauchesne dit qu'il n'y a plus de marge de manoeuvre et que plusieurs cégeps ont déjà enregistré des déficits, alors qu'ils doivent boucler un budget équilibré en vertu de la loi.

Les cégeps disent mal comprendre « qu'on mette ainsi en jeu les services donnés aux jeunes et aux adultes du Québec » puisque « le rapport préliminaire de la Commission de révision permanente des programmes a établi que le gouvernement québécois ne dépense pas trop en éducation ».

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont aussi décrié ces coupes supplémentaires. Elles se disent particulièrement inquiètes du sort des établissements en région.

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec, de son côté, dit que ces coupes ont déjà des conséquences concrètes. « Elles affectent les services aux étudiantes et aux étudiants, augmentent leur nombre par classe, diminuent l'offre de cours, ce qui nuit à la diversité, à l'accessibilité et à la qualité de l'enseignement », peut-on lire dans un communiqué.

Les universités, de leur côté, n'ont pas encore réagi aux nouvelles compressions.

« Tout le monde a un effort à faire », dit Bolduc

Questionné à son arrivée au conseil des ministres par les journalistes sur l'imposition, dès cette année par son ministère, de nouvelles compressions aux universités et cégeps, le ministre Bolduc a acquiescé, en expliquant que cet effort budgétaire supplémentaire s'inscrit dans le cadre de l'effort commun demandé aux Québécois pour équilibrer les finances publiques.

« Je comprends que la situation est difficile, mais tout le monde a un effort à faire, y compris les universités et les cégeps », a expliqué Yves Bolduc sans toutefois confirmer le montant exact que son ministère veut récupérer dans le financement des universités et des cégeps. Cette somme qui sera amputée dès cette année du budget des établissements ne servira pas qu'à équilibrer le budget 2014-2015, mais sera coupée de façon permanente.

Le ministre Bolduc a ajouté qu'il devrait s'agir des dernières compressions imposées aux universités et cégeps, pour cette année du moins.

En juin, le gouvernement Couillard a réduit de 21 millions de dollars l'enveloppe versée aux cégeps et d'une cinquantaine de millions de dollars les sommes versées aux universités. Des coupes qui s'ajoutaient à celles de 124 millions de dollars imposées précédemment par le gouvernement Marois en décembre 2012 pour les années 2013 et 2014.

Pour sa part, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, parle d'un « grave manque de vision » de la part du gouvernement Couillard. Les universités sont un « moteur de l'innovation, indispensables à la relance de notre économie », soutient la CAQ dans un communiqué.

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