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Étude sur les tarifs de garderies: les villes québécoises parmi les plus abordables

10/11/2014 04:18 EST | Actualisé 09/01/2015 05:12 EST
Jupiterimages via Getty Images

OTTAWA - C'est en Ontario que les frais de garderies grugent le plus le salaire des parents au Canada, conclut un rapport du Centre canadien de politiques alternatives.

Ainsi, à Brampton, en Ontario, les frais de garderie médians accaparent l'équivalent de 36 pour cent des revenus annuels de la mère, soit environ quatre mois de travail. À Toronto, London et Windsor, c'est 34 pour cent du salaire de la mère qui passerait aux frais de garde annuels. Cet indicateur prend en compte non seulement les tarifs quotidiens mais aussi le revenu des mères, qui est moins élevé dans certaines régions. Ainsi, à Ottawa, l'indicateur frais de garde/salaire de la mère est de 26 pour cent, surtout parce que les salaires y sont plus élevés.

Le coauteur de l'étude, l'économiste David Macdonald, a expliqué qu'on avait choisi cet indicateur parce que ce sont souvent les mères qui, pour s'occuper des enfants, prennent des congés payés ou occupent un emploi à temps partiel, ou qui s'absentent du travail pour prendre soin d'un enfant malade. «Lorsque les frais de garderies sont plus abordables, les femmes ont davantage le choix d'aller travailler ou pas», note-t-il.

Sans grande surprise, c'est au Québec que cet indicateur est le plus bas au pays — autour de cinq pour cent —, à cause du programme de «garderies à 7 $» (7,30 $ depuis octobre). Ainsi, à Gatineau, les frais de garderies coûtent aux mères environ deux semaines de travail par année, soit 4,0 pour cent du revenu annuel. À Montréal, Longueuil et Québec, c'est 6,0 pour cent — et 7,0 pour cent à Laval.

L'étude du Centre canadien de politiques alternatives a comparé les frais médians de garderies dans 22 grandes villes canadiennes. C'est à Toronto que les tarifs sont les plus élevés, à 1676 $ par mois par enfant. Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador, arrive pas très loin derrière avec 1394 $, suivie des autres grandes villes ontariennes et de Vancouver.

En comparaison, ces frais sont de 152 $ par mois partout au Québec. Vient ensuite Winnipeg, à 651 $ par mois en moyenne, grâce à un plafonnement des tarifs imposé par le Manitoba.

À l'inverse — ou par conséquent —, c'est au Québec que les dépenses publiques pour chaque place en garderies étaient les plus élevées, à près de 6000 $ (en 2012), contre environ 3000 $ en Ontario et 1600 $ au Nouveau-Brunswick.

«Des frais de garde abordables bénéficient non seulement aux parents mais aussi à l'économie canadienne», notent les auteurs de l'étude. «Lorsque les parents ont accès à des frais de garde abordables, comme c'est le cas au Québec, ils choisissent en grande majorité de travailler — et c'est surtout vrai pour les femmes. Ainsi, il y a un bénéfice économique réel à ne pas freiner l'accès au marché du travail par des frais de garde élevés.»

Le coût croissant des garderies est devenu un sujet d'actualité depuis un certain temps au pays. Au fédéral, Thomas Mulcair a promis le mois dernier qu'un gouvernement néo-démocrate consacrerait 5 milliards $ par année pour créer un million de places en garderies à 15 $ par jour maximum. Cette idée d'un programme national de garderies avait déjà été évoquée en 2005 par le gouvernement libéral de Paul Martin, avec une enveloppe similaire de 5 milliards $ par année.

Le projet a ensuite été écarté par le nouveau gouvernement conservateur, qui a adopté plutôt la Prestation universelle pour la garde d'enfants, qui verse aux familles un montant mensuel imposable de 100 $ pour chaque enfant âgé de moins de six ans.

Au Québec, le gouvernement libéral de Philippe Couillard songe maintenant à moduler les tarifs de garderies en fonction du revenu familial. Ainsi, le tarif pourrait atteindre jusqu'à 20 $ par jour, en fonction du salaire des parents, craignent les partisans du tarif universel. Le réseau québécois des centres de la petite enfance a été mis sur pied en 1997 par le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, sous la houlette de la ministre de l'Éducation Pauline Marois.

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