POLITIQUE

250 000 emplois: l'engagement libéral est une cible, pas une promesse, dit Carlos Leitao

10/11/2014 04:27 EST | Actualisé 10/11/2014 04:31 EST
PC

MONTRÉAL _ Talonné par les partis d'opposition en raison des chiffres sur l'emploi, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a tempéré lundi l'engagement électoral des libéraux de créer 250 000 emplois _ majoritairement à temps plein _ sur un horizon de cinq ans.

"Ce n'était pas une promesse, c'était une cible, un objectif", a-t-il dit, lorsque questionné sur le sujet, en marge d'un événement organisé par l'Autorité des marchés financiers à Montréal.

Pourtant, le 6 mars dernier, en pleine campagne électorale, le chef libéral Philippe Couillard, entouré de son "trio économique", s'était engagé à créer 250 000 emplois s'il était porté au pouvoir.

"Ça commence mal, les six premiers mois, a observé M. Leitao. On s'éloigne de la cible, mais on a encore quatre ans et demi. Je ne suis pas prêt à jeter la serviette tout de suite."

Le ministre des Finances y est allé de cette remarque alors qu'il était questionné sur les 30 000 emplois à temps plein perdus au Québec le mois dernier, ce qui porte à près de 100 000 le nombre de postes permanents perdus dans la province depuis un an.

En dépit d'une situation difficile, M. Leitao a prôné la patience, en affirmant que des mesures adéquates, comme la réduction du taux d'imposition des entreprises, ont été mises en place afin de stimuler l'investissement privé et la "création d'emplois" dès 2015.

"Les mesures (...) vont finir par recréer un climat de confiance, a-t-il dit. On voit que la croissance (économique) est meilleure que l'an passé, mais modeste. Avec le temps (...) on va finir par avoir une croissance plus rapide."

En octobre, M. Leitao avait déjà avoué que le Québec allait rater la cible de son budget déposé en juin qui prévoyait la création de 31 300 emplois durant l'année en cours.

Le ministre des Finances s'est par ailleurs montré surpris des demandes des partis d'opposition à Québec, qui, en raison des pertes d'emplois, exigent le dépôt d'un plan de relance économique dès cet automne.

Dans son discours prononcé devant un parterre de gens réunis pour l'événement de l'AMF, il a suggéré que l'opposition pourrait rester sur sa faim en réitérant que la relance économique du Québec allait émaner du secteur privé.

"Ce n'est pas l'État qui va créer des jobs, a affirmé M. Leitao. On ne va pas développer des programmes à gauche et à droite pour régler les choses. Ça me surprend les deux (partis) d'opposition qui disent "il faut un programme tout de suite". On se calme, on ne panique pas."

Il a également reconnu que le message du gouvernement Couillard visant à réduire les dépenses publiques avait "un peu de difficulté à passer" puisque le terme "austérité" est utilisé à outrance, selon lui, notamment par les partis d'opposition.

"Je ne suis pas un grand expert de la communication, a-t-il dit aux journalistes. Ce n'est pas de l'austérité, c'est une gestion rigoureuse des finances publiques (...) de limiter la croissance des dépenses. Ce n'est pas agréable, mais il faut le faire."

Le ministre des Finances y a par ailleurs fait allusion dans son discours en rappelant que "l'austérité québécoise" vise une augmentation inférieure des dépenses par rapport à la croissance des revenus.

Il a rappelé que la situation avait été bien différente à celle du Portugal où, à un certain point, le gouvernement n'avait pas limité la croissance de ses dépenses, mais réduit ses investissements de huit pour cent d'une année à l'autre.

"On dirait qu'on met le Québec à feu et à sang, a analysé M. Leitao. Ce n'est pas ça du tout."

Commission pancanadienne des valeurs mobilières: pas de discussions

M. Leitao a par ailleurs indiqué qu'il n'avait pas discuté du controversé projet de commission pancanadienne des valeurs mobilières avec son homologue fédéral, Joe Oliver, avec qui il participait à une annonce, lundi matin.

"Non, a-t-il dit, lorsque questionné à ce sujet. J'en ai parlé récemment avec mon homologue de l'Alberta pour dire que nous sommes toujours du même côté et déterminés à maintenir notre juridiction et le système actuel."

Plus tôt cet été, les provinces de la Saskatchewan et du Nouveau-Brunswick avaient indiqué qu'elles allaient adhérer au projet du gouvernement fédéral, rejoignant ainsi la Colombie-Britannique et l'Ontario.

Cette situation n'inquiète pas M. Leitao, qui a rappelé que le Québec et l'Alberta _ qui s'opposent au projet _ représentaient deux des plus importants marchés financiers du pays qui souhaitent conserver leur modèle actuel.

Québec a toujours défendu son droit le plus strict de réglementer seul le champ des valeurs mobilières, avec l'AMF.

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