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Manifestations pour l'universalité des services dans les CPE

09/11/2014 05:19 EST | Actualisé 09/01/2015 05:12 EST
Radio-Canada

Organisés par l'Association québécoise des centres de la petite enfance (CPE), des rassemblements ont eu lieu dimanche dans plusieurs villes du Québec afin de dénoncer l'intention du gouvernement Couillard de mettre fin à l'universalité des services de garde éducatifs à l'enfance.

Le gouvernement envisage d'établir une modulation des tarifs de garderies en fonction du revenu familial, dès le 1er avril prochain. Ainsi le tarif pourrait atteindre jusqu'à 20 $ par jour, en fonction du salaire des parents. Selon le premier ministre Philippe Couillard, une telle mesure serait plus progressiste que la hausse générale prévue par le Parti québécois avant les dernières élections.

Mentionnons que le tarif des garderies est passé de 7 $ à 7,30 $ par jour depuis le 1er octobre.

De Sept-Îles à Gatineau, en passant par Saguenay, Rouyn-Noranda, Sherbrooke, Québec et Montréal, éducatrices, parents, chefs syndicaux et élus politiques, dont ceux de Québec solidaire et du Parti québécois, se sont donc mobilisés dimanche pour « la sauvegarde de la politique familiale du Québec ».

Le président de l'Association québécoise des CPE, Louis Sénécal, exhorte Québec à ne pas heurter un réseau qui, selon lui, offre des avantages sociaux et économiques majeurs.

Au cours des deux dernières semaines, l'Association a sillonné 14 régions du Québec, à la rencontre de parents, de travailleuses et de citoyens. M. Sénécal affirme que, partout, l'inquiétude est vive quant à la menace qui pèse sur les services éducatifs de garde à l'enfance dispensés dans tous les CPE et en milieu familial. « La population nous dit carrément que ça remettrait en cause l'idée d'avoir un deuxième enfant, un troisième enfant », dit-il.

Le réseau des CPE pense que malgré les tentatives du gouvernement de rééquilibrer les finances publiques, il n'est pas obligé de modifier un programme qui a fait ses preuves. Il souligne d'ailleurs que le programme des garderies à 7 $ a été créé lors d'une période d'austérité à la fin des années 90, sous Lucien Bouchard.

Quant au chef intérimaire du PQ, Stéphane Bédard, il affirme que la proposition du gouvernement libéral est « un grand retour en arrière ». « Il n'y a personne au Québec qui a demandé ça. En fin de compte, même sur le plan économique, ça va nous nuire. Ça va être le retour du travail au noir. Ça va être moins de femmes qui vont être au travail aussi », avance-t-il.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, parle de son côté de « service essentiel ». « Pour moi, les services de garde, c'est un service essentiel, éducatif. Et il doit être considéré comme tel », indique-t-elle.

Réponse de la ministre

La réaction de la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, ne s'est pas faite attendre. Elle assure que rien n'est décidé pour le moment, bien qu'elle fasse planer la menace de la baisse des services des CPE si rien n'est fait pour diminuer le fardeau financier qu'ils représentent pour l'État.

Je crois qu'à chaque fois que la population du Québec cherche à influencer le gouvernement, elle y arrive. C'est une volonté qu'on a d'écouter la population. Par contre, je suis certaine que si on demandait aux gens : "voulez-vous garder la qualité et maintenir les services?", la réponse serait tout aussi forte. — Francine Charbonneau

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