DIVERTISSEMENT

Florence K au Théâtre Maisonneuve: après la pluie, le beau temps

07/11/2014 08:37 EST | Actualisé 07/11/2014 08:48 EST
Facebook- Florence K

L’attachante Florence K s’offrait jeudi son tout premier Théâtre Maisonneuve, à la Place des Arts, à l’occasion de la rentrée montréalaise de son spectacle I’m Leaving You.

En lançant l’album du même titre, l’an dernier, l’auteure-compositrice amorçait un nouveau chapitre de son existence. Sa nouvelle œuvre, plus personnelle que toutes les autres, dans laquelle elle livrait le fond de son âme comme elle ne l’avait jamais fait en musique auparavant, avait été composée dans les derniers mois de l’année 2012, au terme d’une période douloureuse marquée par une difficile peine d’amour et tous les soubresauts qui ont suivis.

Or, aujourd’hui, la tempête semble bel et bien derrière pour Florence, et le sourire lumineux, reconnaissant qu’elle affichait jeudi laissait transparaître son bonheur retrouvé. Elle qui n’a jamais élaboré publiquement les détails de ses mois de tumulte a néanmoins beaucoup joué sur le thème des chagrins du cœur entre ses chansons – ses interventions parlées avaient été scriptées par sa grande amie Rafaële Germain – et s’est laissée aller à une sympathique confidence à mi-parcours du concert.

«Je dois être la seule chanteuse au monde qui a écrit un album au complet pour quitter son chum… et qui est encore avec le même chum deux ans et demi plus tard», a-t-elle badiné. Un peu plus tôt, l’artiste avait tourné en dérision son caractère très intense, ses contradictions («Ma biographie devrait s’intituler De la salle de spectacle à la salle de lavage) et l’apitoiement dont elle a fait preuve pendant sa traversée du désert, dévoilant ainsi un humour charmant.

Tel un phénix qui renait de ses cendres – l’image est d’elle – Florence K exhibe désormais une sérénité et une maturité nouvelles. Elle avoue avoir touché le fond du baril, où elle a trouvé «de vraies petites perles». Et il est bon de la voir heureuse et épanouie. Il fallait entendre son rire de petite fille lorsqu’elle a bafouillé l’expression «metteuse enceinte» au lieu de «metteure en scène», lors de ses remerciements, à la fin, pour constater que sa quiétude n’est pas feinte.

Jazzée et solennelle

Robe noire scintillant de mille feux au corps, sa longue chevelure foncée descendant en cascades dans son dos, gracieuse et pleinement habitée par le moment, Florence K est apparue au public assise à son piano, éclairée par un seul faisceau de lumière dans la pénombre. Ses cinq musiciens, «ses garçons», comme elle se plait à les appeler, se tenaient près d’elle, recueillis.

De sa voix chaude, elle a doucement entonné Vol de nuit, l’un de ses premiers morceaux, de son disque Bossa Blue (2006). Le rythme s’est accéléré en fin de pièce, porté par les battements de mains saccadés des cinq «hommes en noir», un amalgame qui a donné un parfait aperçu de la soirée qui nous attendait : à la fois pimpante et solennelle, parfois teintée d’exotisme, parfois plus pop, mais surtout jazzée et envoûtante.

Batteur (Richard Irwin), guitariste (Andy Dacoulis), bassiste (Domenic Romanelli), percussionniste (Kiko Osorio) et trompettiste (Charles Imbeau) ont ensuite regagné leurs instruments, disposés en vague demi-lune derrière le piano de l’étoile du spectacle. Tout au long de la prestation, Florence et son orchestre ont été transpercés par les rayons d’une lumière bleue, rouge, blanche ou dorée, qui pouvaient également s’élever au-dessus de leur tête. L’effet était de toute beauté.

L’accrocheur refrain «You’re really nice, but I like you as a friend» de I Like You As A Friend a retenti gaiement, avant No Salgo De Aqui. Plus tard, une salve vigoureuse d’applaudissements a salué Never Gonna Go Back Again, une vibrante Les amours perdues a soulevé une vague d’émotions et une How Insensitive très latine a fermé sur une note ensoleillée cette première portion.

Rappel réclamé

Après l’entracte, la jeune trentenaire s’est ramenée vêtue d’une autre robe, tout aussi brillante, aux reflets verts et bleutés. I’m Leaving You a propulsé cette deuxième partie, suivie de Si de toi, et Florence s’est ensuite avancée au-devant de la scène pour interpréter «son seul succès radiophonique», Las Calles Del Sur, qui a démarré sa carrière. C’était agréable de pouvoir la regarder de plain-pied, elle qui ne s’est pas beaucoup éloignée de son piano pendant son tour de chant. Plusieurs airs de l’opus I’m Leaving You ont ensuite écoulé rondement les minutes restantes.

Florence K aurait oublié de prévoir un rappel pour couronner son passage devant ses admirateurs montréalais qu’elle aurait été obligée d’en improviser un, tant l’ovation debout qui a conclu son offrande était sincère et sentie. Visiblement émue, elle a été généreuse d’une La mentira, puis a demandé aux spectateurs de se lever pour se trémousser avec elle sur sa populaire ritournelle You’re Breaking My Heart. Spontanément, les gens ont obtempéré, pour une finale des plus joyeuses.

Décidément, la pluie s’est véritablement tarie pour Florence K, et a laissé place à un joli arc-en-ciel. On pourra célébrer avec elle dans plusieurs salles de la province d’ici le printemps 2015. Consultez son site internet pour toutes les dates.

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