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«Les femmes devront toujours se battre» - Lancement de «Survivre! Survivre!» de Michel Tremblay (ENTREVUE)

05/11/2014 09:46 EST | Actualisé 07/11/2014 09:36 EST
Courtoisie

Survivre! Survivre!, le titre du nouveau livre de Michel Tremblay sonne comme un mantra. Et pour cause, l’écrivain est sur le point de terminer la saga de La diaspora des Desrosiers avec ce huitième chapitre, qui dresse le portrait de femmes courageuses devant les tragédies qui se profilent à l’horizon.

Toutefois, quelques petits moments de soleil surgissent à travers les pages sombres d’un roman empli d’envolées lyriques. Campé en septembre 1935, le récit revient sur les figures chères aux lecteurs comme Ti-Lou, Édouard, Victoire ou Maria. Parmi toutes ces existences, certains trouveront la lumière, tandis que d’autres manqueront leur rendez-vous avec le bonheur.

«On veut tous être heureux dans la vie, lance Michel Tremblay en entrevue pour le Huffington Post Québec. J’ai essayé de trouver comment les personnages que j’ai décrits quand j’étais plus jeune vont devenir ces créatures en quête d’un idéal que plusieurs n’atteindront jamais. Je parle de ces gens qui refusent la responsabilité de leur malheur en mettant la faute de leur destin sur le dos des autres.»

Bonheur ou malheur, tout cela reste secondaire pour l’écrivain qui voulait davantage parler de résilience, le vrai sujet du bouquin. «Mes personnages sont d’abord courageux, surtout les femmes. Je les ai voulu fortes et débrouillardes évoluant dans un monde misogyne. Dans les années 1930, elles n’ont pas droit de travailler.»

Pourtant, les héroïnes de Tremblay travaillent. «Par obligation, rétorque-t-il. Elles sont obligées de travailler sans jamais se révolter. Elles sont courageuses sans le savoir.»

Depuis cinq décennies qu’il écrit, l’auteur du cycle des Belles-Sœurs a au fil du temps élaboré une définition personnelle du courage. «Je pense que ceux qui font preuve de courage ne s’en rendent compte qu’après. Quand j’ai appris que j’avais un cancer et que je devais le combattre pour pouvoir m’en sortir, j’ai dû passer à travers plusieurs étapes difficiles. Avec le recul, je peux maintenant dire que j’ai été courageux.»

Les femmes en première ligne

Des années 1930 à aujourd’hui, les droits des femmes ont connu un bond spectaculaire grâce aux mouvements féministes. «Elles ont fait un chemin assez incroyable. Elles ont réussi à s’emparer d’une place dans la société que les hommes ne voulaient pas leur donner. Elles l’ont prise sans demander la permission.»

Malgré les avancées, la société est encore gérée par les hommes, souligne l’écrivain. «La société comme la religion ont été faites par les hommes, pour les hommes, contre les femmes. Même si elles gagnent, elles devront toujours se battre. La misogynie ne disparaîtra jamais. Elles sont obligées de lutter contre la connivence des hommes. C’est un combat perpétuel.»

Le livre – à paraître mercredi – possède une place très particulière dans la série des neuf romans entamés en 2007 et dont le prochain tome ultime fera le lien entre La diaspora des Desrosiers et La grosse femme d’à côté est enceinte, premier chapitre des fameuses Chroniques du Plateau-Mont-Royal.

«C’est l’avant-dernier livre, précise Tremblay. C’est passionnant d’inventer une jeunesse à des personnages qui étaient déjà âgés quand j’ai commencé à écrire. Une de mes plus belles aventures littéraires, c’est d’avoir imaginé une enfance à ma mère incarnée par le personnage de Nana.»

Survivre! Survivre! – Michel Tremblay – Les Éditions Leméac/Actes Sud – 247 pages – parution le 5 novembre 2014.

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