POLITIQUE

Le maire de L'Assomption s'accroche

05/11/2014 05:44 EST | Actualisé 05/11/2014 05:45 EST
Radio-Canada

Jean-Claude Gingras n'a pas l'intention de se retirer temporairement de ses fonctions maire de l'Assomption, même s'il fait l'objet d'une accusation d'abus de confiance.

Un texte de Dominic Brassard

La ministre de la Justice et procureure générale du Québec, Stéphanie Vallée, a déposé une requête en Cour supérieure pour que le maire soit déclaré « provisoirement incapable d'exercer ses fonctions », le temps que la lumière soit faite.

Le conseil municipal de l'Assomption a été pour le moins houleux mardi soir. Des élus municipaux ont déposé une résolution pour demander à leur tour au maire de se retirer temporairement.

La conseillère Marie Turgeon a sonné la charge : « Il est proposé que le conseil municipal appuie la démarche de la procureure générale du Québec afin que le maire, Jean-Claude Gingras, soit suspendu de ses fonctions jusqu'à ce qu'il y ait jugement dans le dossier d'accusation pour abus de confiance ».

Le maire a répondu qu'il souhaitait consulter ses avocats, mais il a ensuite précisé qu'il n'avait pas l'intention de se retirer. La foule, composée de dizaines de citoyens, a chahuté le maire. Les conseillers et des citoyens ont alors quitté la salle pour protester.

La séance du conseil a été levée, mais le maire est resté assis seul à la table du conseil. Il a alors réglé ses comptes. Durant plusieurs minutes, devant les citoyens, il a épluché un à un les dossiers disciplinaires présumés des employés municipaux qu'il a fait congédier depuis son arrivée au pouvoir.

Puis, le maire s'est adressé aux journalistes : « Quand on se fait accuser, on doit avoir les preuves de l'accusation, ce que je n'ai pas présentement. Quand j'aurai les preuves, je me retirerai. Là présentement, il y a un empressement des libéraux, qui sont à peu près tous corrompus, à régler le cas du maire de l'Assomption. Ça, je peux vous le dire ».

Jean-Claude Gingras entend se défendre bec et ongles pour démontrer que l'accusation d'abus de confiance qui pèse contre lui ne tient pas la route. Il fait toujours l'objet d'une enquête par l'Unité permanente anticorruption.

Entre-temps, la requête ministérielle sera entendue jeudi au palais de Justice de Joliette.

En déposant cette requête, la procureure générale du Québec a ainsi répondu à la demande de son collègue, le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau, qui lui avait confié le soin de vérifier s'il était possible de relever temporairement Jean-Claude Gingras de ses fonctions.

Pierre Moreau avait également demandé à la Commission municipale du Québec d'enquêter sur l'administration du maire de L'Assomption. Elle aura à faire la lumière sur l'octroi des contrats et la gestion des ressources humaines.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter