POLITIQUE

Élections scolaires: les caquistes divisés sur la participation

01/11/2014 05:24 EDT | Actualisé 01/01/2015 05:12 EST
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TROIS-RIVIÈRES, Qc - Les députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) étaient divisés, samedi, sur la nécessité d'aller voter aux élections scolaires, alors que les libéraux ont fait de ce scrutin un critère déterminant pour l'avenir des commissions scolaires.

Le chef caquiste François Legault, qui prône l'abolition des commissions scolaires pour les remplacer par des centres de services, n'ira pas voter mais au moins trois de ses députés se prévaudront de leur droit de vote, dimanche, tandis qu'un l'a déjà fait par anticipation.

Lors d'un point de presse précédant l'ouverture du premier congrès de la CAQ, M. Legault a critiqué le ministre de l'Éducation Yves Bolduc, qui portera une attention particulière au taux de participation.

Aux dernières élections scolaires de 2007, le taux de participation était de 7,8 pour cent et M. Legault a déclaré qu'il s'attend à un score semblable de 8 à 10 pour cent dimanche.

«C'est le choix de M. Bolduc, je trouve ça un petit peu ridicule de dire: on va faire un référendum pour savoir si on garde les commissions scolaires, a-t-il dit en point de presse. Il s'agit de voir les taux de participation des dernières élections.»

Selon M. Legault, il est inutile pour lui de voter dans la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, où il est inscrit comme électeur.

«Je ne vois pas la différence dans le programme des deux candidats donc je ne vois pas l'intérêt d'aller voter», a-t-il dit.

Le député de Borduas, Simon Jolin-Barrette, la députée de Mirabel, Sylvie D'Amours et Lise Lavallée de Repentigny ont affirmé qu'ils voteront dimanche. Le député de Groulx Claude Surprenant a pour sa part voté par anticipation.

M. Jolin-Barrette s'est défendu d'envoyer un message contraire à la position du parti en allant voter dimanche.

«En tant que démocrate, pour moi, je vais toujours par mes gestes personnels, prôner le fait d'aller voter, a-t-il dit. Malgré le fait que je sois en désaccord avec l'instance et que je souhaite son abolition, que je souhaite leur transformation, lorsque j'ai un choix à exercer je considère que c'est préférable que j'exerce mon droit de vote.»

Selon le député, M. Bolduc «prend en otage les citoyens en faisant lui-même de cette élection le procès des commissions scolaires».

Mme D'Amours, qui doute de la volonté réelle des libéraux d'abolir les commissions scolaires, a minimisé l'impact de sa participation au scrutin.

«Je vais voter, ce n'est pas parce que je tiens aux commissions scolaires par du tout, a-t-elle dit. Les libéraux, ce qu'ils disent et ce qu'ils font parfois c'est deux. Moi j'ai toujours voté, je fais partie du 8 pour cent, ce n'est pas mon vote à moi qui va augmenter le taux de participation.»

Le mois dernier, le député caquiste Jean-François Roberge, porte-parole en matière d'éducation, avait pourtant annoncé que les membres du caucus caquiste ne participeraient pas aux élections scolaires.

Samedi, M. Roberge, qui n'ira pas voter, a déclaré aux journalistes que le caucus n'a pas pris position pour ou contre la participation.

«À la Coalition, on est plus libres et plus ouverts et plus démocratiques que cela, on n'est pas obligé tout le monde de faire la même chose tout le temps sans réfléchir», a-t-il dit.

Le député de Deux-Montagnes, Benoit Charette, qui n'ira pas voter, a affirmé que les caquistes rejettent la dimension référendaire du scrutin de dimanche.

«Il en a fait un enjeu référendaire qui n'est pas le mien, qui n'est pas celui de la Coalition non plus», a-t-il dit.

Environ 700 militants se sont inscrits à ce premier congrès, a indiqué la CAQ. L'événement, prévu l'automne dernier, avait été reporté en raison des rumeurs d'élections.

Samedi, à l'ouverture, environ 400 personnes étaient dans la salle d'un centre des congrès à Trois-Rivières.

Durant la fin de semaine, M. Legault sera soumis à son premier vote de confiance des militants, qui doivent également élire deux vice-présidents et adopter les statuts du parti créé il y a moins de trois ans.

Samedi, les participants ont pu entendre plusieurs panélistes et conférenciers, dont l'animatrice Jocelyne Cazin ainsi que l'homme d'affaires Charles Sirois, cofondateur de la CAQ.

L'événement doit servir notamment à concevoir la prochaine plate-forme électorale de la CAQ, bien qu'aucune résolution des militants ne soit au programme.

M. Legault a expliqué que le temps a manqué aux militants pour élaborer des résolutions, alors que la CAQ a déjà participé à deux élections depuis sa fondation.

«Laissez-nous un peu de temps pour souffler, en fin de semaine on va avoir de belles discussions, les prochaines réunions, on aura des résolutions qui vont venir de la base mais on est en train de s'organiser», a-t-il dit.

Sur le plan de l'organisation, M. Legault a affirmé qu'il souhaite miser sur le vote des personnes âgées, fortement sollicitées par les libéraux, comme lors des dernières élections.

Selon M. Legault, la récente victoire de la CAQ dans Lévis, lors d'une élection partielle, est le résultat de cette stratégie, qui aurait donné 5 à 10 sièges supplémentaire si elle avait été mise en place au dernier scrutin général.

«C'est clair qu'à la CAQ on va tout faire pour que dans quatre ans, on ait une machine comparable au Parti libéral, entre autre pour les centres de personnes âgées, au vote par anticipation», a-t-il dit.

M. Legault a rejeté une hypothèse du député péquiste, Jean-François Lisée, qui a dévoilé dans un livre à paraître sa proposition formulée à Pauline Marois pour que son gouvernement minoritaire forme une coalition au pouvoir avec la CAQ et Québec solidaire.

«Si Mme Marois m'avait fait cette proposition là, ça aurait été re-fu-sée, comme dirait la femme de quelqu'un d'autre, a-t-il dit. Je ne vois pas comment le PQ, tant qu'ils voudront faire un référendum sur la souveraineté, on pourrait discuter de quoi que ce soit. Jean-François Lisée encore une fois est dans la science-fiction.»

Par ailleurs, le député Gérard Deltell a répété une nouvelle fois qu'il a toujours l'intention de terminer son mandat même s'il est activement courtisé par les conservateurs pour faire le saut au fédéral aux prochaines élections.

«J'ai l'intention de continuer mon mandat et je suis très fier du mandat que j'ai reçu des citoyens du comté de Chauveau, maintenant ça fait six mois que je vous répète la même affaire, ça fait six mois que j'ai été approché et je réfléchis à ça c'est tout.»