POLITIQUE

Le Front commun syndical demande un rattrapage salarial de 13,5 %

30/10/2014 01:05 EDT | Actualisé 30/12/2014 05:12 EST
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QUÉBEC - À l'aube des négociations avec le gouvernement, les syndicats du secteur public appellent à la mobilisation populaire contre l'austérité.

Le Front commun regroupant la CSN, la FTQ et le Secrétariat intersyndical (APTS, SFPQ, CSQ) exige un «rattrapage» salarial de 13,5 pour cent sur trois ans au profit des employés des secteurs public et parapublic dont les conventions collectives viendront à échéance le 31 mars 2015.

Les représentants des 400 000 travailleurs ont présenté leurs demandes au Conseil du trésor, jeudi. Ils réclament des hausses de salaire de 4,5 pour cent par année pendant trois ans, plus un «montant variable» à être versé à l'expiration de la convention collective pour combler l'écart de la rémunération avec le secteur privé.

La réponse du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a pris des allures de fin de non-recevoir: les demandes syndicales ne sont pas connectées avec la réalité, a-t-il fait comprendre.

«Ce sont des demandes qui, à leur face même, apparaissent venir d'une époque où on s'endettait pour payer les dépenses d'épicerie, chose que nous ne ferons plus», a tranché, lapidaire, M. Coiteux en point de presse.

«Malgré tout, le gouvernement va prendre connaissance en toute bonne foi de ces demandes et les suites à y adresser se feront aux tables de négociations», a-t-il ajouté.

Le Front commun chiffre ses demandes à un peu plus de 4,08 milliards $, un montant qu'il ramène 3,37 milliards $ après impôt. Le président du Conseil du trésor évalue plutôt la facture à plus de 5 milliards $ par année.

Le gouvernement présentera ses offres plus tard cet automne mais d'ores et déjà, le ministre Coiteux prévient qu'il ne remettra pas en question le retour et le maintien de l'équilibre budgétaire.

«L'objectif du gouvernement de rétablir l'équilibre budgétaire en 2015-2016 et de le maintenir par la suite sans augmenter le fardeau fiscal des Québécois est ferme. Nous n'allons plus pelleter dans la cour de nos enfants nos responsabilités et c'est dans ce contexte que nous allons analyser les demandes au cours des prochaines semaines», a déclaré le ministre.

L'augmentation de 13,5 pour cent sur trois ans souhaitée par le Front commun inclut des sommes pour la «protection du pouvoir d'achat», l'«amélioration des conditions de vie» et surtout, pour le «rattrapage graduel» de la rémunération avec les salariés des autres secteurs, un écart évalué à 8,3 pour cent par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

«C'est un écart qui se creuse depuis les dernières années et nous, on pense que ça fait longtemps qu'on a fait notre juste part», a lancé la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, en marge d'une manifestation de quelques centaines de syndiqués devant l'Assemblée nationale.

Sa collègue Lucie Martineau, du Secrétariat intersyndical, a elle aussi justifié les revendications syndicales.

«C'est un rattrapage et c'est pour la protection du pouvoir d'achat. On n'est pas gêné du tout de faire ces demandes-là», a-t-elle martelé.

En point de presse, le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Daniel Boyer, a invité le gouvernement libéral à tendre l'oreille et à négocier de bonne foi.

Il a cependant averti le premier ministre Philippe Couillard qu'il trouvera sur son chemin les syndiqués et tous les autres opposants aux restrictions budgétaires s'il refuse le dialogue.

«Au lendemain de son élection, M. Couillard nous a invités à un dialogue social et ce à quoi on a droit, au moment où on se parle, c'est à un monologue antisocial. À ça, on va opposer une mobilisation», a soulevé M. Boyer, qui envisage un vaste mouvement populaire anti-austérité.

«On va inviter les gens à descendre dans la rue avec nous et on va se joindre à d'autres groupes qui ont des luttes qui sont aussi les nôtres. On va manifester toute la gang ensemble», a-t-il dit.

Plus tôt cette semaine, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui représentent 100 000 travailleurs du secteur public, ont soumis au Conseil du trésor des demandes salariales (13,5 pour cent) du même ordre que celles du Front commun.

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