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TransCanada: des retombées difficiles à évaluer

16/10/2014 06:37 EDT | Actualisé 16/10/2014 06:48 EDT
Bloomberg via Getty Images
A sixty-foot section of pipe is lowered into a trench during construction of the Gulf Coast Project pipeline in Prague, Oklahoma, U.S., on Monday, March 11, 2013. The Gulf Coast Project, a 485-mile crude oil pipeline being constructed by TransCanada Corp., is part of the Keystone XL Pipeline Project and will run from Cushing, Oklahoma to Nederland, Texas. Photographer: Daniel Acker/Bloomberg via Getty Images

Les retombées économiques réelles du projet Énergie Est de TransCanada, qui doit passer par le Kamouraska et le Témiscouata au Bas-Saint-Laurent, demeurent floues.

TransCanada a beau affirmer que le projet d'oléoduc devrait rapporter 2 milliards de dollars en impôts à la province et créer 3600 emplois, bon nombre d'élus et d'acteurs sociaux économiques de la région veulent obtenir des réponses claires à leurs questions.

Le professeur en économie de l'énergie à Université Laval Patrick Gonzalez est sceptique.

« Deux milliards, c'est beaucoup d'argent. À cet égard-là, pendant la construction, c'est sûr que c'est majeur. Ensuite, bien ce n'est certainement pas du même ordre », croit le spécialiste

Selon lui, il y aura peut-être quelques retombées locales pour l'entretien et l'exploitation courante du pipeline.

Quant à Cacouna, où TransCanada prévoit construire un port pétrolier, on ignore toujours le nombre d'emplois qui seront créés et les taxes qui pourraient être perçues.

« Présentement, il n'y a pas de chiffres. Le seul chiffre qui est sur la table, c'est celui de l'oléoduc », confirme la mairesse, Ghislaine Daris.

En moyenne, chaque municipalité par où passera l'oléoduc devrait recevoir 17 500 $ du kilomètre par année d'exploitation.

Selon le tracé préliminaire, 15 kilomètres de pipeline seront construits à Cacouna, ce qui devrait rapporter 262 000 $ par année à la Municipalité.

D'ici 2018, TransCanada prévoit investir 4 milliards de dollars au Québec pour construire plus de 500 kilomètres de pipeline, entre la région de Montréal et la frontière du Nouveau-Brunswick.

Des coûts pour l'avant-projet

Toutefois, Cacouna doit déjà investir à l'étape de la conception du projet. Elle a engagé des avocats pour négocier avec TransCanada.

« Si le projet ne se fait pas, on ne veut pas rester seulement avec les factures. » — Ghislaine Daris, mairesse de Cacouna

La mairesse souhaite que ces frais, qu'elle refuse de chiffrer, soient remboursés par le promoteur.

« L'avant-projet, ce n'est pas la Municipalité ni les citoyens de Cacouna, ce n'est pas avec les revenus de la Municipalité qu'on va payer ça. », fait-elle valoir.

La facture, c'est aussi celle de la sécurité puisque les municipalités devront être bien outillées pour agir en cas d'urgence.

« Si demain matin ce projet est en opération, puis qu'un an après il arrive un dégât quelconque, bien ça va prendre de l'argent pour couvrir le sinistre. Ça, ça veut dire que ça prend de l'argent quelque part dans un compte en fiducie qui sera indexé au fil des années », explique le maire de Témiscouata-sur-le-Lac, Gilles Garon.

Impact sur le prix à la pompe

Selon le professeur Gonzlez, le projet risque d'avoir un impact réduit sur le prix à la pompe.

« À certains endroits, peut-être qu'on va payer un peu plus cher, un peu moins cher, on présume que ces installations-là ont tendance à améliorer le système, mais s'il y a des changements dans les prix qu'on paie, ils vont être relativement faibles », croit l'universitaire.

Même le ministre de l'Énergie, Pierre Arcand, admet qu'il est difficile d'évaluer si le projet Énergie-Est présentera véritablement des avantages économiques pour la province.

Les études existantes sur le sujet sont contradictoires, mais Québec promet de faire la lumière sur le sujet.

D'après les informations recueillies par Julie Tremblay

Manifestation à Cacouna (11 octobre 2014)

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