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Amandine Albisson : la danseuse étoile qui fera vibrer Montréal (ENTREVUE/VIDÉO)

14/10/2014 09:20 EDT | Actualisé 15/10/2014 06:56 EDT

Le 5 mars 2014, Amandine Albisson a reçu le titre suprême de danseuse étoile au Ballet de l’Opéra de Paris, la compagnie de ballet classique la plus réputée du monde. Tétanisée par la nomination, la jeune femme a reçu les applaudissements nourris de la foule pendant plus de dix minutes. Peu après, elle a annoncé la nouvelle à sa maman, qui a frôlé un accident de voiture tant elle était chavirée. Aujourd’hui, Albisson se prépare à interpréter le premier rôle-titre de Paquita, lors de la première présence du BOP à Montréal depuis 1967.

Quelques mois après l’annonce, Albisson se rappelle très bien du tourbillon d’émotions qui s’est abattu sur elle au printemps, au terme d’une représentation d’Onéguine où elle s’était illustrée tant par sa technique que son exceptionnelle capacité à transmettre des émotions sur scène. « Je me demandais ce qui m’arrivait, je croyais ne pas être prête et je me demandais si les dirigeants avaient raison de me faire confiance. C’est un titre énorme qui m’est tombé dessus sans préavis. »

Loin de faire preuve d’une fausse humilité, la danseuse est tout simplement consciente de la rapidité de son évolution. « Deux mois plus tôt, j’avais été promue première danseuse, à l’issue du concours annuel où l’on est évalué pour monter en grade. J’étais déjà super heureuse de ma nouvelle position. Je rêvais d’être une étoile, mais je ne pensais jamais y arriver si vite! »

Figurant au sommet de la pyramide de la prestigieuse compagnie, elle affirme qu’elle n’a plus droit à l’erreur. « Je suis la pièce centrale du ballet et je dois être à la hauteur. Je dois travailler encore plein de choses pour atteindre la perfection, même si c’est impossible, parce qu’elle n’existe pas. »

La naissance d’une étoile

Née le 30 janvier 1989 à Marseille, la jeune femme a fait ses premiers pas en danse à quatre ans. « Mon papa est chanteur d’opéra et ma maman était danseuse, alors j’ai baigné dans le milieu artistique quand j’étais petite. J’allais en coulisses et je regardais ma mère danser en rêvant de faire comme elle. À 8 ans, je suis allé faire un stage à Paris avec elle et des élèves de mon école de Marseille. Lorsque j’ai visité l’Opéra Garnier, où danse le BOP, j’ai dit spontanément que je voulais danser là un jour. »

Des années plus tard, Albisson repense à la vision qu’elle avait de la danse avec un sourire en coin. « Je rêvais d’être une danseuse étoile et d’avoir un tutu, des pointes, un diadème et des choses qui brillent. C’était un rêve de petite fille. »

Paquita à Montréal

Du 16 au 19 octobre prochain, elle interprétera le rôle-titre de Paquita, une jeune femme élevée par les gitans, qui apprend peu à peu qu’elle vient de la haute société, ce qui lui permet de marier Lucien, un aristocrate déjà promis à une dame de son rang.

Une histoire simple, pour une chorégraphie relevée. « C’est un énorme défi physique et technique. Il y a plusieurs pas de bas de jambes et des jeux de pieds complexes. On doit tricoter avec nos pieds assez vite, en étant le plus précis possible. Et le ballet est assez long. »

Malgré son titre imposant, elle ne prend pas son rôle à la légère. Misant sur trois semaines de répétitions, au lieu des six habituelles lorsqu’un danseur apprend un rôle pour la première fois, Albisson a su il y a cinq jours que l’autre danseuse étoile avec qui elle devait partager le rôle venait de se blesser.

« Non seulement je dois danser un plus grand nombre de représentations, mais je dois surtout travailler avec deux partenaires différents, dont un avec qui je vais répéter pour la première fois vendredi, en vue de la représentation de samedi en matinée. On a déjà dansé ensemble sur d’autres ballets et je sais que c’est un bon partenaire, mais c’est déstabilisant. »

« Plein de petits détails changent d’un danseur à l’autre dans un même rôle, dont le fait qu’ils n’ont pas du tout la même grandeur. Heureusement, les situations d’urgence nous poussent à être plus à l’écoute de ce qui se passe et moins dans l’automatisme. J’espère que ce sera le cas... »

Lisez le dossier sur la venue du Ballet de l’Opéra de Paris à Montréal :

>> Les Grands Ballets accueilleront le prestigieux Ballet de l’Opéra de Paris pour la 1re fois depuis 1967

>> Ballet de l’Opéra de Paris à Montréal : 12 000 spectateurs attendus

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