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Une percée canadienne dans le traitement des bébés atteints du VIH

13/10/2014 04:47 EDT | Actualisé 13/10/2014 04:50 EDT
Brooke Auchincloss via Getty Images

Des chercheurs canadiens pensent avoir fait une percée importante dans le traitement des jeunes enfants atteints du virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Leurs recherches démontrent qu'il est possible de rendre indétectable la charge virale, en soumettant très rapidement les bébés à une trithérapie.

L'étude est née d'une collaboration entre le Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO), le CHU Sainte-Justine de Montréal et l'Hôpital pour enfants malades de l'Université de Toronto. Les résultats viennent d'être publiés dans la revue américaine Clinical Infectious Diseases.

Les chercheurs ont répertorié plus de 130 bébés, nés d'une mère infectée par le VIH, qui ont tous été soumis à une trithérapie moins de trois jours après leur naissance.

Douze enfants ont tout de même développé le virus, mais la poursuite des traitements a permis de rendre la charge virale indétectable chez quatre d'entre eux. Il s'agit d'une percée majeure selon Hugo Soudeyns, chercheur à l'hôpital Sainte-Justine.

Les Nations unies estiment qu'environ 260 000 enfants sont contaminés chaque année par le VIH, transmis par leur mère. L'Afrique est la plus touchée, avec 88 % des nouveaux cas. En l'absence d'interventions, le tiers des enfants atteints meurent avant l'âge d'un an, et la moitié avant leur deuxième anniversaire. (Source : ONU et Organisation mondiale de la santé)

D'autres cas répertoriés

Ces quatre cas rappellent celui d'une fillette du Mississippi, née d'une mère atteinte du VIH en 2010.

Après un traitement aux antirétroviraux combinés, le virus est devenu indétectable dans son sang. La famille a toutefois cessé le traitement lorsque la fillette était âgée de 15 mois, et le VIH est réapparu quand elle avait quatre ans.

Selon Ken Monteith, de la coalition COCQ-SIDA, la recherche canadienne est plus prometteuse. « Le bébé du Mississippi a eu une interruption dans son traitement, et ce n'est pas le cas avec ces bébés au Canada », souligne-t-il.

Les chercheurs pensent que l'étude canadienne pourrait permettre de mieux comprendre les mécanismes immunitaires qui s'exercent lorsque le VIH se cache dans l'organisme.

Éventuellement, elle pourrait mener au développement d'un moyen pour freiner la transmission du virus, même entre adultes.

D'après le reportage de Bruno Coulombe

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