DIVERTISSEMENT

David Jalbert : créer, sans se créer d'attentes

13/10/2014 07:05 EDT | Actualisé 13/10/2014 07:06 EDT
Marie-Claude Perron

«Croire en ses rêves». L’inscription est gravée sur la guitare de David Jalbert, sa fidèle alliée, l’instrument qui lui permet de vivre sa passion, la musique. «La plus saine de mes addictions», affirme cet être franc et entier, qui peut aussi passer de longues heures, manette à la main, à jouer à NHL ou autres jeux vidéo. Quoi qu’il fasse, David Jalbert ne le fait jamais à moitié.

C’est parce qu’il vit d’intensité et d’authenticité, et que son principal leitmotiv demeure, justement, de croire en ses rêves, que l’auteur-compositeur persévère dans le domaine de la chanson depuis une dizaine d’années et qu’il nous présente aujourd’hui De l’amour propre, son quatrième album. Un opus qu’il définit comme un «retour aux sources», dont l’humour parfois grivois se rapproche de celui des premiers textes qui ont fait sa renommée, avec néanmoins les mêmes sonorités folk et les mêmes formules accrocheuses qui lui ont amené le succès sur les ondes radiophoniques.

«Ce n’est pas un hasard, j’aime la musique de radio, lance David. C’est facile pour moi, d’écrire comme ça, c’est ce que j’aime.»

L’inverse de Marc Dupré

Lorsqu’il compose, David Jalbert garde un principe en tête. «J’essaie d’employer des mots qui jureraient dans la bouche de Marc Dupré», avance-t-il, le plus sérieusement du monde. «Si on est pour parler d’amour, je me donne le mandat de ne pas le faire comme sur les 20 milliards de chansons qui sont sorties avant, d’avoir de l’originalité, de ne pas le faire comme tout le monde.»

Image amusante, l’homme se compare à un mobilier de chambre en bois qui traverserait les modes et les époques. Jalbert clame n’en faire qu’à sa tête et souhaiter n’adhérer à aucun courant. Ne cherchez pas de banjo dans ses mélodies si Mumford & Sons a trop abondamment usé de la sonorité dans la dernière année. Il revendique également une façon bien à lui de traiter certains sujets. Ainsi, sur De l’amour propre, sous la réalisation d’Éloi Painchaud, on retrouve Nécrophile, l’histoire d’un tueur en série qui devient célèbre grâce au web (toute ressemblance avec une personne connue est ici souhaitée). Dans le morceau-titre, De l’amour propre, un gaillard se lave une brassée d’amour-propre pour retrouver l’estime de lui-même et «mettre les idées noires dans la sécheuse».

«Certains albums sont très difficiles à faire, et d’autres, très faciles, signale l’artiste. Je suis surpris car, De l’amour propre, plusieurs médias et radios ont dit que c’est mon meilleur en carrière. Et moi, c’est l’album pour lequel j’ai le moins souffert! Au niveau de l’écriture, ça sortait facile. Avec ma grande gueule, ça tombait du ciel! Ce disque est fini d’écrire depuis longtemps et j’ai encore 70 chansons en banque…»

Dont une dédiée à sa fille de six ans, que plusieurs attendent, après qu’il ait offert P’tit homme et Hey Jack à ses deux fils, Félix et Jacob. Pourquoi ne pas avoir inclus l’hommage à sa puce sur De l’amour propre? Parce que David Jalbert n’aime pas être là où on l’attend.

«Je ne porterai plus de chapeau la journée où tout le monde va s’attendre à me voir avec un chapeau. Tout le monde croyait qu’il y aurait une pièce pour ma fille sur De l’amour propre, parce qu’il y en a eu une pour les deux autres. No Way! Je vais la sortir quand ça va me tenter. Mais elle est déjà prête…»

Dés truqués

En entrevue, David Jalbert est comme dans la vie de tous les jours, vrai et sincère. Sa poignée de main est énergique, son débit est rapide, on dirait que les secondes se bousculent trop vite pour qu’il puisse exprimer tout ce qu’il a à dire. Et il n’a pas la langue dans sa poche. Lorsqu’on lui demande ce qu’il aimerait recommander au David Jalbert de 2008, qui se présentait au public avec son premier effort, Des histoires, le créateur se lance gentiment dans une tirade écorchant un brin son industrie, sans amertume, mais sans complaisance non plus.

«Ne te fais pas d’attentes, lance-t-il sans hésitation. Sinon, tu vas être déçu. Les dés sont truqués. Fais ta job pour les gens qui t’applaudissent, sans te créer d’illusions. Il y a des périodes où j’étais amer que certaines grosses émissions ne mentionnent même pas que je sortais un album, même si j’ai vendu plus de 65 000 copies en carrière. Il ne faut pas s’attendre, non plus, à ce que les fans soient toujours nos chums, même si on répond à tous nos courriels. Il y en a toujours un autre qui nous pousse dans le derrière. Si, parce que tu étais la saveur du jour en 2008, tu t’attends à ne jamais tomber, et que tu te blesses parce que ça arrive, tu es déjà en échec…»

«Maintenant, je me suis endurci et préparé à ça, continue David. Je gagne bien ma vie, j’ai en masse de monde qui remplit mes salles, je ne suis pas frustré. J’obtiens encore de beaux résultats, mais je ne me crée plus d’attentes. Je ne me demande pas pourquoi je n’obtiens pas de nomination à l’ADISQ même si ma chanson est la deuxième la plus jouée de l’année. Je fais de la musique pour les gens qui aiment ce que je fais. Louis-François Marcotte m’a téléphoné pour me dire qu’il a donné mon album à toute sa famille ; ce sont des gens comme lui qui me poussent à continuer…»

L’album De l’amour propre est présentement en vente et David Jalbert partira en tournée dès le printemps 2015.

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