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Cacouna : un millier de personnes manifestent contre la reprise des travaux dans le fleuve (PHOTOS/VIDÉO)

11/10/2014 06:13 EDT | Actualisé 12/12/2014 05:12 EST

Environ un millier de personnes ont manifesté à Cacouna, près de Rivière-du-Loup, pour demander à Québec l'annulation du certificat qui autorise TransCanada à procéder à des travaux de forages exploratoires en vue de construire un terminal pétrolier.

Transcanada pourra reprendre ses travaux jeudi, après la suspension de son permis par la Cour supérieure, qui avait jugé que les travaux mettaient en péril un site de reproduction des bélugas.

Le ministère de l'Environnement a imposé, hier, une condition additionnelle à la compagnie pour protéger l'espèce, en vue de la reprise des travaux. Elle devra faire moins de bruit.

Mais les opposants jugent cette nouvelle condition insuffisante. Venus de Montréal, Québec, Sherbrooke et Rimouski en autocars, les écologistes et les citoyens inquiets ont lancé un appel au ministre libéral responsable de la région, Jean D'Amour, pour qu'il interdise définitivement les travaux de forage dans le fleuve.

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Manifestation à Cacouna (11 octobre 2014)

« M. D'Amour avait dit au lendemain de la manifestation du 27 avril qu'il n'y aurait pas de projet avec TransCanada si la population démontrait qu'elle n'en voulait. Pour nous, la manifestation d'aujourd'hui lance ce signal-là : il n'y a pas de feu vert de donné par la population. On n'a jamais donné ce mandat-là à notre gouvernement. »

— Le coorganisateur de la manifestation Martin Poirier

Certains parlent maintenant ouvertement de désobéissance civile comme étant « la prochaine étape » de ce mouvement de contestation.

Transport Canada dit avoir apporté les correctifs

De son côté, TransCanada dit respecter les règles. Le porte-parole Philippe Cannon a affirmé en entrevue à Radio-Canada que bien que le ministère de l'Environnement autorise 10 voyages par jour entre la rive et les navires de la compagnie, TransCanada a plutôt décidé de réduire ce nombre à 8.

M. Cannon estime également avoir l'appui d'une bonne partie de la population qui voit dans le projet de TransCanada la création d'emplois pendant la construction du terminal pétrolier.

« Je ne sais pas pour les opposants qui sont là aujourd'hui, mais moi je suis là toutes les semaines ou presque dans la région, et les gens soutiennent le projet. Ils comprennent qu'on est dans une société qui a du pétrole, ce n'est pas demain la veille qu'on va arrêter de s'en servir, ils comprennent qu'on en importe [...], alors les gens en veulent de ce projet-là, les gens s'arrêtent et posent des questions. Les bonnes questions. »

— Philippe Cannon, de TransCanada

À propos de la manifestation de samedi, Philippe Cannon s'est dit satisfait de voir que les citoyens partagent l'inquiétude de la compagnie pour les bélugas. « On est content de voir qu'on n'est pas les seuls à s'en préoccuper. Ils n'ont pas le monopole de ça, puis on ne l'a pas non plus. C'est collectivement qu'on va arriver à quelque chose », a-t-il estimé.

TransCanada veut effectuer des travaux de forage en vue de construire un terminal pétrolier pour y acheminer du pétrole des sables bitumineux de l'Ouest canadien.

Une comédie d'erreurs, selon les écologistes

Les opposants dénoncent ce qu'ils qualifient de « véritable comédie d'erreurs ». Ils exigent maintenant que le gouvernement applique le principe de précaution quant aux espèces en péril comme le béluga. Selon eux, TransCanada n'a plus aucune crédibilité, même si le promoteur affirme avoir déjà apporté des correctifs.

Le directeur général de Nature Québec, Christian Simard, estime même que le mal est déjà fait puisque selon l'avis même du ministère, TransCanada n'a pas respecté ses obligations en matière de bruit. « Le dérangement des bélugas a déjà eu lieu, et ce dans la pire des périodes possibles. »

Une pétition lancée sur le web et qui demande l'interdiction définitive « de tous les travaux effectués dans l'habitat essentiel du béluga » a recueilli près de 30 000 signatures, environ deux semaines après son lancement.

Des appuis politiques

Plusieurs députés du Parti québécois ont participé à la manifestation, dont l'ex-ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet. Le député de Rimouski, Harold LeBel a salué pour sa part la mobilisation des citoyens. « Les gens de chez nous sont très présents pour la préservation de notre environnement, de notre milieu marin et des espèces qui y vivent », a-t-il dit.

La co-chef de Québec solidaire, Françoise David était également présente. Elle déplore que le gouvernement se contente de rappeler TransCanada à l'ordre.

« C'est de la poudre aux yeux. Le problème demeure entier et de légères modifications aux pratiques de TransCanada ne changent rien sur le fond des choses », croit la députée de Gouin.

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