POLITIQUE

La GRC est intervenue à 28 reprises auprès de militants liés à des groupes étrangers

11/10/2014 09:00 EDT | Actualisé 11/10/2014 09:00 EDT
Radio-Canada

La GRC est intervenue à 28 reprises au Canada auprès de personnes qu'elles soupçonnent d'avoir rejoint des groupes terroristes, ou d'avoir l'intention de se rendre à l'étranger pour gonfler les rangs de ceux-ci, a appris CBC.

Le ministre de l'Immigration, Chris Alexander, avait déjà indiqué que le gouvernement cherchait à révoquer le passeport des Canadiens qu'il soupçonne de travailler pour des groupes terroristes à l'étranger.

CBC a appris que la GRC est « intervenue » à 28 reprises, auprès de personnes qu'elles soupçonnent d'être des militants actifs de réseaux que le gouvernement canadien considère comme terroristes. Dans certains cas, la GRC a ainsi « dérangé » ces individus dans leurs activités militantes, selon les informations obtenues par CBC.

Ces individus sont des personnes qui sont rentrées au Canada après avoir rejoint à l'étranger les rangs d'un groupe terroriste et qui ont l'intention d'y retourner ou des sympathisants qui sont au pays et qui ont l'intention de se rendre à l'étranger pour intégrer une organisation terroriste.

Les policiers de la GRC peuvent « intervenir » et « déranger » des individus dans le but de collecter des preuves qui pourraient les aider à porter des accusations par la suite. Dans ce contexte, les policiers sont amenés à conduire des interrogatoires, parler aux membres de la famille des personnes concernées, effectuer des opérations de surveillance et dans certains cas demander à Passeport Canada de révoquer le passeport du suspect.

Les 28 cas sur lesquels la GRC s'est penchée concernent des individus qui sont surveillés de près par les policiers et pas le Service canadien du renseignement de sécurité, car ils font partie d'un groupe de personnes qui mettraient en danger la sécurité nationale si elles décidaient de voyager à l'étranger.

Le groupe armé État islamique (EI), Al-Shabab en Somalie, les talibans ou Boko Haram font partie de la cinquantaine d'entités que le Canada a ajoutées sur une liste des groupes terroristes. Par ailleurs, si les autorités canadiennes estiment qu'une personne présente un risque « imminent » si elle prend l'avion, elles peuvent décider de la mettre sur « la liste des personnes précisées », en vertu du « Programme de protection des passagers ».

Le gouvernement refuse d'indiquer le nombre de personnes placées sur cette liste et précise seulement que plusieurs individus ont vu leurs passeports révoqués en vertu des nouvelles lois canadiennes destinées à lutter contre le terrorisme.

En entrevue avec CBC, le ministre de l'Immigration a indiqué cette semaine que le gouvernement tentait de révoquer les passeports de 80 personnes qui sont revenues au Canada après avoir collaboré avec des groupes « militants » à l'étranger.

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