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L'ONU craint un massacre si Kobané tombe entre les mains des djihadistes

10/10/2014 09:29 EDT | Actualisé 10/12/2014 05:12 EST
ARIS MESSINIS via Getty Images
A picture taken in the southeastern village of Mursitpinar, on October 10, 2014 shows smoke rising from the Syrian town of Ain al-Arab, known as Kobane by the Kurds. AFP PHOTO / ARIS MESSINIS (Photo credit should read ARIS MESSINIS/AFP/Getty Images)

MURSITPINAR, Turquie - Au moins 500 civils sont toujours coincés dans la ville syrienne de Kobani, le long de la frontière avec la Turquie, et risquent d'être massacrés si elle tombe entre les mains des djihadistes du groupe armé État islamique, a prévenu vendredi le nouvel émissaire des Nations unies en Syrie.

Staffan de Mistura a présenté aux journalistes réunis à Genève une carte de la ville. Il a expliqué qu'une analyse de la situation réalisée par l'ONU démontre que seul un étroit corridor permet encore aux gens d'entrer ou de sortir de Kobani.

Il a lancé cet avertissement au moment où les djihadistes s'enfonçaient dans Kobani depuis le sud et l'est, s'emparant presque complètement d'un quartier où on retrouve des édifices de sécurité des miliciens kurdes, un commissariat de police et plusieurs immeubles gouvernementaux.

L'attaque de l'organisation État islamique contre Kobani a débuté à la mi-septembre et quelque 200 000 personnes ont maintenant trouvé refuge en Turquie. Les combats auraient déjà fait plus de 500 morts.

Les frappes aériennes de la coalition américaine semblent insuffisantes pour freiner la progression des islamistes, qui contrôleraient maintenant 40 pour cent de la ville, selon l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres.

Vendredi, les djihadistes ont bombardé le seul poste frontalier entre Kobani et la Turquie, dans l'espoir de pouvoir s'en emparer pour couper la ville du reste du monde. Cette capture empêcherait aussi quiconque d'entrer dans la ville ou d'en sortir.

En milieu de matinée, vendredi, on pouvait entendre des échanges de tirs et des explosions sporadiques dans les rues de Kobani, depuis le territoire turc. Des colonnes de fumée s'élevaient aussi au loin. Un kamikaze semble s'être donnée la mort près de la Grande Mosquée de la ville, mais on ne disposait dans l'immédiat d'aucun bilan.

Un communiqué du Commandement central des États-Unis fait état de neuf frappes aériennes en Syrie, jeudi et vendredi. Deux centres de formation, des chars et des véhicules djihadistes auraient été détruits.

À Genève, M. de Mistura — un diplomate italo-suédois en poste depuis juillet — a évoqué les génocides du Rwanda en 1994 et de Srebrenica en 1995 quand il a demandé à la planète d'intervenir pour empêcher un autre massacre. Si la ville tombe aux mains des militants du groupe armé État islamique, a-t-il dit, «nous savons ce dont ils sont capables».

Les civils de Kobani «seront fort probablement massacrés, a dit M. de Mistura. Quand une menace imminente plane sur des civils, nous ne pouvons pas, nous ne devons pas, rester silencieux.»

Autant au Rwanda qu'à Srebrenica, les troupes dont disposait l'ONU sur le terrain ne sont pas intervenues pour sauver les civils dont elles devaient pourtant assurer la protection. Il n'y a toutefois pas de troupes onusiennes en Syrie, mais la Turquie — un membre de l'OTAN — a déployé des hommes et des chars de l'autre côté de la frontière.

La Turquie a déclaré qu'elle ne participera pas aux combats si la coalition américaine ne tente pas aussi de renverser le régime de Bachar el-Assad.

M. de Mistura a demandé aux responsables turcs de permettre à des volontaires et à de l'équipement de rejoindre Kobani pour aider les combattants kurdes.

Sans cette aide, a-t-il dit, Kobani «tombera fort probablement».

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