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Fraude: Conrad Black se défend devant la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario

10/10/2014 07:29 EDT | Actualisé 10/12/2014 05:12 EST
CP

TORONTO - Conrad Black a soutenu vendredi, devant la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario (CVMO), qu'il ne prévoyait pas, dans un proche avenir, occuper de hautes fonctions dans une entreprise sous la juridiction de cette instance quasi judiciaire.

L'ancien magnat de la presse, aujourd'hui âgé de 70 ans, avait l'occasion pour la première fois de défendre publiquement sa réputation devant la CVMO, qui supervise le plus important marché boursier au pays — et donc les activités de plusieurs sociétés canadiennes inscrites à la Bourse.

La CVMO doit décider si on devrait empêcher M. Black et son ancien directeur des finances John Boultbee, tous deux condamnés pour fraude aux États-Unis, d'occuper des fonctions d'inscrivant, d'administrateur ou de dirigeant pour un émetteur assujetti sous la juridiction de la commission.

M. Black a occupé par le passé plusieurs de ces fonctions, notamment celle d'administrateur à la CIBC et, bien sûr, celle de dirigeant de plusieurs compagnies du groupe de presse Hollinger, dont il était aussi l'actionnaire de contrôle.

La CVMO soutient que M. Black a été impliqué dans une «combine», avec d'autres dirigeants de Hollinger Inc., de Toronto, et de Hollinger International, de Chicago, pour toucher personnellement des sommes qui auraient dû être versées dans les coffres des entreprises et aux actionnaires. Ces sommes avaient été versées dans le cadre de la vente par Hollinger International de petits journaux aux États-Unis.

La procureure de la commission, Anna Perschy, a plaidé plus tôt cette semaine que MM. Black et Boultbee s'étaient ainsi indûment approprié 600 000 $ de Hollinger, et qu'ils ont toujours nié leur responsabilité par la suite, malgré des condamnations aux États-Unis.

«Les fraudeurs reconnus coupables ne sont pas les bienvenus», a-t-elle lancé lors de sa plaidoirie d'ouverture, mercredi.

Conrad Black, qui avait renoncé à sa citoyenneté canadienne en 2001 pour accéder à la Chambre des lords britannique alors qu'il était propriétaire du quotidien Telegraph, a toujours soutenu qu'il n'avait pas commis de gestes illégaux. Il a réussi à faire retirer la plupart des chefs d'accusation retenus contre lui aux États-Unis, et à faire renverser en appel la plupart des verdicts de culpabilité prononcés par des jurys.

D'abord accusé de plusieurs chefs par le ministère public américain, il aura été finalement reconnu coupable d'un chef de fraude et d'un autre d'entrave à la justice. Il a purgé 37 mois d'une peine de 42 mois de prison en Floride, et écopé d'une amende de 125 000 $ US. John Boultbee, lui, a été reconnu coupable d'un chef de fraude aux États-Unis.

Vendredi, devant la CVMO, Conrad Black a réitéré que ces accusations aux États-Unis étaient non fondées, et qu'il était déterminé à défendre sa réputation. Son avocat, Peter Howard, a par ailleurs plaidé que la commission avait une vision tronquée de ce qui était arrivé chez Hollinger, que M. Black avait purgé sa peine, et que les risques qu'il enfreigne la loi sont «infinitésimales».

La cause de M. Black devant la CVMO avait été amorcée en 2005, mais était suspendue pendant toute la durée des procédures criminelles aux États-Unis.

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