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Cimenterie de Port-Daniel : des sénateurs américains veulent une enquête

10/10/2014 07:44 EDT | Actualisé 10/10/2014 07:44 EDT
radiocanada.ca

De nouveaux nuages assombrissent l'horizon déjà encombré de la cimenterie de Port-Daniel. Les sénateurs de l'État de New York Charles Schumer et Kirsten Gillibrand demandent une enquête du représentant commercial américain, Micheal Froman.

Un texte de Davide Gentile

Dans une lettre publiée jeudi, ils souhaitent que l'enquête se penche sur le demi-milliard de dollars en « subventions potentiellement injustes » que pourrait octroyer Québec à ce projet.

Ils notent que l'usine de Port-Daniel devra conquérir le marché du nord-est des États-Unis pour assurer son avenir. Selon les deux sénateurs, cela pourrait se traduire par l'arrivée massive de ciment « injustement subventionné » dans le marché américain.

Les sénateurs craignent que cela provoque une « distorsion » du marché aux États-Unis et demandent donc au représentant commercial d'intervenir.

Conformité aux normes de l'OMC

Charles Schumer et Kirsten Gillibrand souhaitent que Washington analyse les « détails » des investissements réalisés par Québec pour vérifier si ces ententes ne contreviennent pas aux normes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

L'Association canadienne du ciment (ACC) a réagi prudemment à cette nouvelle demande de politiciens américains. L'ACC a largement critiqué l'intervention de Québec dans le dossier de Ciment McKinnis dans le passé, prétextant que cette nouvelle usine allait encombrer un marché québécois prétendument saturé.

Aujourd'hui, le vice-président de l'ACC pour le Québec et l'Atlantique, Michel Binette, estime que ce début d'escalade n'augure rien de bon. Il craint l'imposition éventuelle de droits compensateurs. « Ce ne serait pas une décision qui s'appliquerait uniquement à la future cimenterie de Port-Daniel, mais c'est une décision qui va s'appliquer pour toutes les cimenteries au Canada », pense-t-il.

Nous n'avons pas pu obtenir de réaction du ministre responsable du dossier, Jacques Daoust. Ce dernier avait, dans un premier temps, exprimé de sérieux doutes sur le projet, avant de donner son feu vert au printemps dernier, et ce, après avoir obtenu des garanties supplémentaires des investisseurs partenaires dans le projet.

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