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CEIC: des documents de la police italienne citent le nom de Tony Accurso

08/10/2014 12:24 EDT | Actualisé 08/10/2014 12:24 EDT
Montage photo

Des documents de la police italienne obtenus par l'émission Enquête parlent d'un certain Anthony, travaillant pour la mafia, qui serait vraisemblablement Tony Accurso. Les liens entre l'entrepreneur et la mafia sont-ils plus importants que ceux démontrés lors de son témoignage à la commission Charbonneau?

D'après un reportage d'Alain Gravel

Le mois dernier, lors du témoignage de Tony Accurso devant la commission Charbonneau, le nom de Joseph Zappia, un entrepreneur qui avait décroché le contrat de construction du village olympique à Montréal, dans les années 1970, a été prononcé.

M. Accurso avait alors dit qu'il le connaissait de nom. « C'est un grand architecte, je crois ». Lorsqu'interrogé à savoir s'il était en relation avec M. Zappia ou s'il avait fait des affaires avec lui, Tony Accurso avait déclaré que ce n'était pas le cas, et qu'il le connaissait de nom strictement.

Joseph Zappia vit aujourd'hui à Rome. En 2005, il a été décrit par la police italienne comme étant le paravent légal des Rizzuto dans la gigantesque opération de blanchiment d'argent entourant le projet de construction du pont de Messine, qui devait relier la Sicile au continent. Ce projet a été annulé étant donné l'implication de la mafia.

En 2010, Joseph Zappia a été condamné à trois ans de prison dans cette histoire, puis il a été absout il y a deux ans en cour d'appel.

Une mention dans une conversation téléphonique

Dans des documents de la brigade antimafia italienne déposés au procès de Zappia et résumant ses conversations téléphoniques, le nom de Tony Accurso apparaît à quelques reprises.

Dans une de ces conversations datant de 2003, Zappia et sa sœur, Nancy, qui était une proche du père de Tony Accurso, font état d'un certain Anthony et de sommes d'argent transitant au Panama. Selon les vérifications préliminaires de la police italienne, le Anthony en question serait vraisemblablement Tony Accurso, qui lui-même n'était pas visé par l'enquête.

« Maintenant, Anthony travaille pour la mafia, il y a un mafieux dans le groupe. »

— Joseph Zappia, parlant à sa sœur

À cela s'ajoutent les multiples contacts qu'a eus Tony Accurso avec la mafia, tels que révélés à la commission Charbonneau. Il y avait été établi que M. Accurso avait eu des contacts répétés avec les Rizzutos, et des centaines de contacts avec leur intermédiaire Filippo Ranieri, lui aussi visé par l'enquête de la police italienne. Deux contacts avec le caïd Raynald Desjardins avaient également été rapportés.

Trop de coïncidences?

Pour Yves Messier, un policier spécialiste du renseignement criminel de la Sûreté du Québec aujourd'hui retraité de l'UPAC, ces documents s'ajoutent au dossier des contacts de Tony Accurso avec la mafia. Bien qu'Accurso affirme n'avoir jamais travaillé pour la mafia, Yves Messier estime qu'il y a trop de coïncidences.

« C'est sûr qu'il ne faut pas juste regarder un événement. Il faut regarder l'ensemble de tous ces événements-là. [...] Pour moi, il y a trop de coïncidences pour dire que c'est des petits contacts », indique Yves Messier.

Au-delà du cas de Tony Accurso, Yves Messier ne cache pas son inquiétude de voir la mafia graviter de plus en plus souvent non seulement autour de gens d'affaires, mais aussi de politiciens. Il soutient même avoir vu les noms de quatre parlementaires ou ex-parlementaires dans des dossiers d'enquête durant sa carrière.

Demain soir à 21 h, regardez la version télévisée du reportage d'Alain Gravel, à Enquête, sur ICI Radio-Canada Télé.

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