DIVERTISSEMENT

Hôtel de ville de Montréal : touchante cérémonie d'adieu à Gilles Latulippe

03/10/2014 06:25 EDT | Actualisé 03/10/2014 06:32 EDT
PC

Gilles Latulippe a eu droit à une cérémonie d’adieu simple et touchante dans le hall d’honneur de l’hôtel de ville de Montréal, vendredi, en fin d’après-midi.

Stéphan Bureau, Janine Sutto, Jean Lapointe, Jacques Salvail, le duo Dominic et Martin et Olivier, le fils du défunt, se sont succédés devant la petite foule – seuls parents, amis et artistes étaient admis à l’événement – pour livrer un hommage senti au «père» du burlesque québécois, à son image, simple, sans trop de larmes, mais rempli d’émotion.

Le maire Denis Coderre a également livré une allocution retraçant le parcours de Monsieur Latulippe, et a par le fait même annoncé que ce dernier deviendra, à titre posthume, citoyen d’honneur de la ville de Montréal.

Ni religion, ni politique

Stéphan Bureau, qui a dirigé, le 21 juillet dernier le gala-hommage Juste pour rire à Gilles Latulippe, animait la célébration et a été le premier à prendre la parole, en saluant l’incroyable sens du timing du disparu, rappelant que celui-ci s’est éteint le 23 septembre, date-anniversaire de son Théâtre des variétés, qui a ouvert ses portes le 23 septembre 1947.

Désignant Monsieur Latulippe comme un «artiste accompli, un grand acteur», Stéphan Bureau a spécifié que jamais, pendant la préparation du coup de chapeau que Juste pour rire lui a tendu cet été, le légendaire comédien et humoriste n’a parlé de sa maladie. Il a ensuite souligné sa grande générosité.

«Gilles avait ce talent rare de faire briller celui des autres», a déclaré Stéphan Bureau.

L’hôte de la cérémonie a ensuite spécifié que si ce dernier adieu avait lieu à l’hôtel de ville de Montréal et non dans une église,

c’est parce que, tout au long de sa carrière, Gilles Latulippe n’a jamais voulu se prononcer ni sur la religion, ni sur la politique, afin de ne froisser personne de son public. La famille a donc formulé le désir que le rassemblement s’effectue en un lieu «neutre», en quelque sorte.

«À toujours, mon petit Gilles»

Un peu plus tard, Janine Sutto, grande complice de Gilles Latulippe à l’époque de Symphorien, a été émouvante en parlant de son «petit Gilles», qui était «toujours au-devant des gens» pour «les aider à se sortir des situations difficiles». «C’était un être unique, fort, qui voulait que tout le monde soit content, heureux.» Madame Sutto a mentionné à quel point son grand ami était fier de son fils unique, Olivier. Elle a dit que son départ a pris tout le monde par surprise en utilisant l’image d’un «coup de tonnerre». «Tout le monde a été sidéré», a-t-elle avancé, avant de conclure, un trémolo, dans la voix : «À toujours, mon petit Gilles!»

Lorsqu’invité à s’avancer au micro, Olivier Latulippe a d’abord remercié l’assistance de s’être déplacée en grand nombre pour cet ultime au revoir à l’auteur de ses jours. «Vous savez à quel point mon père aimait les salles pleines!», a-t-il blagué, un sourire dans la

voix. Le jeune homme a lui aussi louangé la grande générosité de son papa et a insisté sur «sa rigueur, son travail, sa détermination», qui ont fait de lui «un modèle». Il est revenu sur son bonheur d’avoir vu son père être fêté par ses pairs au Festival Juste pour rire 2014.

Puis, il a terminé en signalant que son père et sa mère, Suzanne, ont partagé 50 ans d’amour, et en s’adressant directement à cet homme qui l’a constamment guidé.

«C’a été un honneur d’être ton fils!»

D’autres amis précieux

D’autres complices importants dans le parcours de Gilles Latulippe sont aussi venus ajouter leur grain de sel. Jean Lapointe a raconté que l’interprète de Poivre et Sel et Les Brillant et lui aimaient badiner ensemble à propos des femmes, et que Gilles Latulippe l’épaulait parfois dans la mise en scène de spectacles. Il a conclu son discours par une phrase qu’il n’a dit qu’une seule fois dans sa vie, a-t-il précisé : «Mon ami Gilles s’est endormi. Quand on perd un ami, on s’endort un peu aussi…»

Jacques Salvail a brièvement relaté ses dernières rencontres avec Monsieur Latulippe, et s’est remémoré un autre regretté visage connu, Serge Christiaenssens, qui a lui aussi fait la pluie et le beau temps à l’époque du Théâtre des variétés. Enfin, il a regardé la famille de Gilles Latulippe : «Quand on pensera à Gilles, on aura un grand sourire, comme vous le souhaitez!», a-t-il promis.

Dominic et Martin, eux, ont relaté comment Gilles Latulippe les a aidés au début de leur carrière, en leur enseignant la dynamique d’un duo humoristique. On sentait toute l’admiration du tandem pour leur maître.

«Chaque fois qu’on avait besoin de lui, il était là», s’est souvenu Dominic Sillon.

«En humour, Gilles avait l’oreille absolue. Quand il rencontrait quelqu’un, il laissait toujours une petite étincelle d’humour à celui

qui voulait lui parler», a renchéri Martin Cloutier.

«Gilles, tu vas faire partie de notre duo», a lancé Dominic Sillon en guise de salutation finale.

Grande admiratrice de Gilles Latulippe, l’imitatrice Véronic DiCaire aurait voulu être présente à l’hôtel de ville, vendredi, mais était dans l’impossibilité de se rendre en raison d’autres engagements. On a diffusé sur un écran sa prestation du gala-hommage Juste pour rire, où elle avait entonné de sa propre voix la chanson préférée de Monsieur Latulippe, Smile.

Nommé citoyen d’honneur

Pour sa part, le maire de Montréal, Denis Coderre, n’a pu s’empêcher de pousser une plaisanterie en entamant son petit laïus. «Ça fait

trois jours que j’ai la musique de Symphorien dans la tête», s’est-il amusé, avant de détailler la biographie professionnelle complète de

Gilles Latulippe, qu’il a décrit comme un «grand spécialiste du burlesque». «On gardera de lui le souvenir d’un homme accessible et proche de son public, d’un géant parmi les petits», a-t-il déclaré solennellement.

En guise de témoignage de reconnaissance à l’œuvre de Monsieur Latulippe, Denis Coderre a ensuite enchaîné avec la nomination de l’artiste, à titre posthume, de citoyen d’honneur de la ville de Montréal. Son annonce a été suivie d’une longue et chaleureuse ovation.

Gilles Latulippe est décédé le 23 septembre dernier, à l’âge de 77 ans, des suites d’un cancer du poumon.

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