DIVERTISSEMENT

« La musique de Misteur Valaire explosée » - Yannick Nézet-Séguin (VIDÉO)

01/10/2014 09:19 EDT | Actualisé 03/10/2014 09:21 EDT

Deux univers musicaux complètement différents vont cohabiter ensemble le temps d’un spectacle, jeudi soir, à l’église Saint-Jean-Baptise de Montréal. L’œuvre pop de Misteur Valaire sera visitée par l’Orchestre Métropolitain (OM) et son chef Yannick Nézet-Séguin lors d’un concert hors série.

Misteur Valaire est ce quintette de jeunes musiciens talentueux qui tirent des beats inspirés de l’électro, du jazz, du rock, ou encore du rap. Outre leur déclinaison d’albums produits au cours des dix dernières années, François-Simon Déziel, Jonathan Drouin, Julien Harbec, Thomas Hébert et Louis-Pierre B. Phaneuf s’affairent à réaliser des albums pour d’autres ou simplement à produire des sons qui peuvent servir à différents projets.

Dans une pièce de leur label Indica, les cinq membres de étaient réunis afin d’expliquer dans leurs mots cette singulière union avec l’Orchestre Métropolitain (quelques autres ont tenté l’expérience, dont Pierre Lapointe et Diane Dufresne), qui implique le couplage de la pop et la musique symphonique.

« C’est vrai qu’il y a eu plusieurs expériences de la sorte au cours des dernières années, indique Yannick Nézet-Séguin durant un entretien téléphonique. L’OSM (Orchestre symphonique de Montréal) a collaboré avec de nombreux artistes (Marie-Mai, Simple Plan ou encore Les Trois Accords, tout récemment). »

« De mon côté, j’attends que se présente un coup de cœur pour un artiste ou une démarche, poursuit-il. Les gars de Misteur Valaire démontrent une grande solidité au niveau de leur formation en plus de faire une musique séduisante et intelligente. Je dois dire aussi qu’ils sont sympathiques ! »

« Magnifier la musique »

Tout a commencé par l’entremise de Twitter, il y a environ trois ans, quand Yannick Nézet-Séguin y manifestait son appréciation de l’album Golden Bombay. De fil en aiguille, les membres du groupe ont échangé avec le chef d’orchestre pour finalement s’engager dans un projet commun.

« Ce n’est pas le projet de Misteur Valaire accompagné de l’Orchestre métropolitain, explique Phaneuf. Nous serons plutôt intégrés aux 59 autres musiciens. L’arrangeur Olivier Hébert (frère de Thomas) a réécrit nos pièces pigées dans les divers albums. Il a tout refait nos tounes en version orchestrale. »

La proposition générale sera donc acoustique dans son intégralité. « Tout mettre l’électro en version acoustique va magnifier le travail. Ce sera la musique de Misteur Valaire explosée», de dire avec enthousiasme Nézet-Séguin.

Bien que les musiciens n’envisagent pas tenir l’avant-scène lors de la représentation (autant au plan physique que sonore), il est à parier qu’ils se gardent quelques surprises dans cette mise en scène assumée par Brigitte Poupart. Le chef d’orchestre souligne même qu’il y aura quelques clins d’œil durant la soirée. « Au plan musical, c’est déjà vraiment généreux, souligne-t-il. On a changé peu de choses aux arrangements d’Olivier Hébert, qui a fait du très bon boulot. Pour le reste, les gens verront...»

Cela dit, il se plait de souligner la participation de 180 jeunes de l’école Joseph-François-Perrault, qui chanteront en chœur certaines pièces offertes durant ce concert d’environ deux heures.

Toute la durée de la performance sera d’ailleurs enregistrée, certains passages pouvant servir plus tard d’échantillonnages à Misteur Valaire ou à d’autres musiciens/DJ intéressés.

Au pays romantique de Mahler

nezet seguin

L’Orchestre Métropolitain entame par ailleurs sa 34e saison au cours de la même semaine avec l’inachevée 10e Symphonie du compositeur autrichien Gustav Mahler, que maestro Nézet-Séguin chérit tout particulièrement. Du même coup, ce concert d’ouverture livré les 4 et 5 octobre à la Maison symphonique de Montréal est le premier jalon des célébrations entourant la 15e année du chef auprès de l'OM.

« C’est un choix assez naturel, c’est vrai, raconte Yannick Nézet-Séguin. Je me sens assez près du compositeur. On a tissé un lien important avec Mahler en ayant offert les neuf autres symphonies depuis 2001. Celle que nous allons proposer prochainement est posthume, puisque Mahler n’a pu la terminer complètement avant sa mort. C’est Deryck Cooke (1919-1976) qui l’a achevée en connaissant fort bien son travail. »

« En travaillant la 10e Symphonie ces derniers jours, j’ai remarqué que certains des plus beaux moments de l’œuvre de Mahler s’y trouvent [...] La portée symbolique du concert (à venir) se manifeste dans la maîtrise du langage de Mahler par les musiciens de l’Orchestre. »

À noter que l’Orchestre Métropolitain offrira cette année dix programmes et trois concerts hors série.

Pour tout connaître de sa programmation 2014-2015, on peut consulter son site internet : orchestremetropolitain.com.

Le principal événement de la semaine est la présentation, par Yannick Nézet-Séguin et l'Orchestre Métropolitain, de l'inachevée 10e Symphonie de Mahler dans la version complétée et orchestrée par le musicologue Deryck Cooke et totalisant près de 80 minutes sans entracte. Avec ce concert donné vendredi et repris samedi, 19h30, à la Maison symphonique, l'OM entreprend sa 34e saison et Nézet-

Séguin, sa 15e à cet orchestre. Avant chaque concert, à 19h: conférence de Claudio Ricignuolo sur l'oeuvre.

La version Cooke existe en trois moutures légèrement différentes, datées de 1960, 1964 et 1972. L'OM ne précise rien à cet égard.

L'OSM a joué l'oeuvre complète deux fois, en 1988 et 2003, et l'Orchestre symphonique de McGill une fois, en 2002.

Plus tôt cette semaine, nos deux grands orchestres bifurquent vers la «pop». Ce soir et demain, 20h, à la Maison symphonique, Simon Leclerc dirige l'OSM et le groupe Les Trois Accords. Jeudi, 19h30, à l'église Saint-Jean-Baptiste, Nézet-Séguin dirige l'OM et le groupe Misteur Valaire.

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