NOUVELLES

Cordonniers mal chaussés: des employés d'un bureau de la CSST craignent pour leur sécurité

02/10/2014 04:13 EDT | Actualisé 02/10/2014 04:13 EDT
maros_bauer via Getty Images

Des employés de la CSST de Saint-Jérôme craignent pour leur sécurité au travail. Ils sont inquiets de l'état de l'édifice abritant leurs bureaux, où des travaux d'urgence doivent être réalisés d'ici le 15 octobre.

Un texte de Francis Labbé

L'édifice Athanase-David, situé au 85, rue de Martigny Ouest à Saint-Jérôme, a été construit dans les années 70. Des traces d'affaiblissement des planchers y ont été décelées ces dernières semaines, et les employés qui y travaillent craignent l'arrivée de la neige s'il ne fait pas l'objet de travaux importants.

« Mesures correctives d'urgence »

Dans un rapport d'inspection produit le 7 août par une firme d'ingénieurs indépendants, dont Radio-Canada a obtenu copie, on lit que « la capacité de la dalle en poinçonnement autour des quatre colonnes aux coins du bâtiment est dépassée et se situe dans l'ordre de 131 %. »

L'ingénieur ajoute : « La capacité de la dalle en flexion est dépassée au niveau de l'armature négative dans l'ordre de 142 %. » Il en vient à la conclusion que cette fragilisation du béton « peut causer des dégâts substantiels et des risques pour les occupants du bâtiment. »

« L'application des mesures correctives d'urgence est nécessaire, poursuit l'ingénieur, afin de pouvoir exploiter le bâtiment en sécurité en attendant les travaux de réfection ».

« La structure de la bâtisse n'est pas adéquate. Le plancher s'est affaissé », raconte Sylvain Gendron, président régional du Syndicat de la fonction publique du Québec.

« Nous avons demandé à voir les rapports d'inspection effectués par la Société québécoise des infrastructures, mais on nous les a refusés. Nous voulons avoir l'assurance que nos employés sont en sécurité, sinon, qu'ils soient relocalisés le temps des travaux » poursuit M. Sylvain Gendron.

« Je suis inquiète », affirme Francine Legault, une employée de la CSST qui travaille dans l'édifice. « On a des ingénieurs qui viennent, on nous déplace, on réalise des travaux d'urgence et on ne sait pas ce qui se passe. »

« On a des fissures dans les planchers, on a des fissures dans les plafonds. C'est vraiment cordonnier mal chaussé »

— Francine Legault, employée de la CSST

Aucun danger

De leur côté, autant la Société québécoise des infrastructures que la Commission de la santé et de la sécurité au travail se veulent rassurantes à l'endroit des gens qui travaillent ou fréquentent l'édifice Athanase-David.

Nos demandes d'entrevues ont été refusées, mais la Commission écrit : « Les plus récentes évaluations faites par les ingénieurs experts engagés par la SQI confirment que la sécurité des occupants n'est aucunement menacée et ce, bien que des travaux en cours présentement soient nécessaires. »

La SQI, qui a aussi refusé nos demandes d'entrevues, nous a fait parvenir un document daté du 11 septembre, où l'ingénieur déjà cité dans le rapport du 7 août affirme que « le bâtiment ne présente pas de danger ou de risque pour ses occupants. »

La SQI et la CSST n'ont pas jugé nécessaire de reloger les travailleurs le temps des travaux jugés prioritaires. Une fois que ceux-ci seront terminés, d'autres travaux de renforcement de la structure seront effectués.

La SQI reconnaît toutefois que « dans son état actuel, les dalles du bâtiment ne sont pas conformes au Code national du bâtiment (CNB). Ainsi, des travaux sont requis afin de rendre le bâtiment et ses composantes conformes au CNB ».

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter