POLITIQUE

Pétrole bitumineux sur le fleuve : le PQ savait

01/10/2014 03:59 EDT | Actualisé 01/10/2014 04:02 EDT
Ici Radio Canada

Le premier ministre libéral Philippe Couillard affirme que le Parti québécois savait, quand il était au pouvoir, que le pétrole des sables bitumineux allait circuler par navire sur le fleuve afin d'être exporté. Un document obtenu par Radio-Canada confirme en partie ses dires.

Un texte de Thomas Gerbet

« Nos collègues, à l'époque où ils étaient au gouvernement, ont accordé l'autorisation », a lancé Philippe Couillard à ses adversaires péquistes, suscitant de fortes réactions sur les bancs de l'Assemblée nationale.

Pour la quatrième fois, le PQ venait de talonner le gouvernement concernant les débuts de l'exportation de pétrole de l'Ouest par navire sur le fleuve ce mois-ci. « Le premier ministre a donné son accord au nom des Québécois », a harangué le chef de l'opposition officielle, Stéphane Bédard. « [Le fleuve] devient ainsi le camion-citerne de l'Alberta », a-t-il lancé.

Un document du ministère de l'Environnement, daté du 20 décembre 2013, obtenu par Radio-Canada en vertu de la loi sur l'accès aux documents des organismes publics, démontre que le gouvernement précédent ne pouvait ignorer que du pétrole des sables bitumineux allait circuler sur le fleuve à partir de Sorel-Tracy.

Le rapport d'analyse de la demande de certificat d'autorisation indique que la compagnie Kildair stockera dans une partie de ses cuves du « Western Canadian Select », le nom officiel du pétrole issu des sables bitumineux. On peut aussi y lire que « le projet implique des risques environnementaux au niveau [...] du transport maritime ».

petrole saintlaurent

L'adverbe « indirectement » utilisé par le premier ministre est important, car nulle part dans le rapport, il n'est question d'exportation. Le gouvernement péquiste aurait très bien pu croire que ce pétrole s'en irait par bateau à une raffinerie du Québec ou du Nouveau-Brunswick.

« En aucun temps, le gouvernement du Parti québécois n'a autorisé l'exportation de pétrole », a répondu Stéphane Bédard, en mettant au défi les libéraux de trouver une quelconque information qui le démontre. « C'était pour la transformation ici, pour nos installations, pas pour l'exportation de masse vers les pays européens ou ailleurs », a précisé le chef de l'opposition.

L'ancien ministre de l'Environnement du PQ s'en souvient

Questionné au sujet de l'autorisation donnée à la compagnie Kildair, l'ancien ministre péquiste de l'Environnement, Yves-François Blanchet, a dit, récemment, s'en souvenir « un peu », avant d'ajouter que le ministère « ne favorise l'arbitraire ni des opposants, ni des promoteurs, mais applique les lois et règles ».

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