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Santé: une «optimisation» touchant des clientèles fragiles à Montréal

30/09/2014 05:41 EDT | Actualisé 30/09/2014 05:47 EDT
RunPhoto via Getty Images

L'Agence de santé de Montréal propose de sabrer en santé mentale et dans les soins aux personnes âgées pour réaliser des économies de 87 millions de dollars cette année. Déjà, les programmes en déficience intellectuelle sont amputés.

Un texte de Davide Gentile

Dès octobre, des centaines de personnes de Montréal vivant avec une déficience intellectuelle verront disparaître une compensation versée à ceux qui travaillent, pour la plupart bénévolement. L'allocation de fréquentation, une somme de 4,30 $ par jour qui constitue pour la plupart d'entre eux leur seul salaire, est éliminée.

Une vingtaine de travailleurs de l'organisme Compagnons de Montréal écopent. Josée Costa, l'une des travailleuses qui vivent avec une déficience intellectuelle, est déçue. « Ça me permettait de m'acheter un petit lunch de temps en temps », dit-elle.

Cette mesure permettrait de récupérer pour 2015-2016 la moitié des quelque 2,2 millions de dollars que l'Agence de la santé et des services sociaux (ASSS) de Montréal propose d'économiser en déficience intellectuelle. Des sources indiquent que « c'était la moins dure des mesures qu'on pouvait appliquer » pour obtenir des économies.

Les bénéficiaires actuels pourront, précise-t-on, obtenir un appui financier pour défrayer leurs déplacements grâce à un autre programme. Delphine Ragon, directrice générale adjointe à Compagnons de Montréal, estime quand même qu'il s'agit d'une drôle de décision. « Déjà que c'était un salaire qui n'avait pas d'allure et là, en plus, on leur supprime. Il est où le sens du mot travail? »

L'ASSS n'utilise pas le terme « compressions »

Sur les 87 millions de dollars qu'on cherche à économiser sur l'île de Montréal, 33 millions visent l'administration et l'alimentation. Mais les chiffres de l'ASSS de Montréal indiquent aussi un effort « d'optimisation » dans quatre « programmes services » : santé mentale, déficience intellectuelle et troubles envahissants du développement, soins aux personnes âgées et dépendance.

En santé mentale, on cherche une « optimisation » de 9 millions de dollars.

Pour les soins aux personnes âgées, ce sont des économies de 8,8 millions qui sont envisagées.

Même la lutte aux dépendances doit trouver 227 000 $ pour contribuer au régime minceur.

Ces montants seraient des propositions faites aux établissements. À l'émission 24/60, l'ASSS a indiqué qu'il ne s'agissait pas de compressions, mais d'une façon de faire plus avec moins. Des sources dans les établissements parlent de « propositions ». Les efforts sont plus accentués à Montréal, région considérée comme « riche » en vertu des critères énoncés par les fonctionnaires de Québec.

Pour l'instant, malgré plusieurs appels, aucun établissement n'a commenté les « propositions » faites par l'ASSS de Montréal.

La présidente de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Carole Dubé, pense que le gouvernement doit admettre « qu'on est rendus à couper dans les services, c'est ce qui est demandé actuellement aux établissements ». En Montérégie et à Québec, les agences se contentent d'énoncer des cibles « globales », sans préciser où les économies doivent être faites.

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