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Prévention du suicide : les comédiens de «Yamaska» marchent pour la vie

28/09/2014 09:17 EDT | Actualisé 28/09/2014 09:31 EDT
Courtoisie TVA

Les auteurs de Yamaska, Anne Boyer et Michel d’Astous, font de la lutte contre le suicide leur cheval de bataille depuis bientôt deux ans. À la fin 2012, ils tissaient une intrigue autour de Samuel (Marc-Olivier Lafrance), un adolescent qui avait tenté de mettre fin à ses jours. Cette première incursion dans ce sujet délicat avait débouché sur la campagne de prévention T’es important pour nous, au début 2013.

Puis, au printemps dernier, c’est finalement Rachel (Nathalie Mallette), la maman de Samuel, qui est passée à l’acte, hantée par ses troubles d’alcoolisme et de pharmacodépendance et sa rupture avec Étienne (Patrick Labbé).

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Pour poser un autre geste de sensibilisation concret, le tandem de créateurs a imaginé une «marche pour la vie» qui se déroulerait non seulement dans le téléroman, à l’initiative du personnage d’Étienne, mais aussi dans la réalité. Et c’est aujourd’hui, dimanche 28 septembre, que l’événement a lieu, à Granby. Les 5000 marcheurs qui se sont inscrits il y a quelques semaines – le groupe est complet et ne peut s’agrandir pour des raisons de sécurité et du nombre de bénévoles sur place – seront au rendez-vous ce matin, à 10 heures, au Parc Daniel-Johnson.

Plusieurs comédiens impliqués dans l’intrigue relative à la mort de Rachel, dont Patrick Labbé, Denis Bernard, Normand D’Amour, Chantal Fontaine, Anne-Marie Cadieux, Michel Laperrière, Marc-Olivier Lafrance et Marie Cantin, seront présents et ouvriront le cortège. Et on captera des images de la procession pour les insérer dans l’épisode de Yamaska qui sera diffusé demain, à TVA. C’est dire que les monteurs de l’émission devront accomplir un petit miracle en assemblant les scènes en un temps record, dans la nuit de dimanche à lundi.

En entrevue avec Le Huffington Post Québec, Anne Boyer s’est dite heureuse de bénéficier du petit écran comme tribune pour attirer l’attention sur les causes qui leur sont chères, à son partenaire et elle.

«On est conscients de l’impact qu’on a, a-t-elle souligné. Quand on a la chance d’avoir une série qui entre dans le salon des gens à toutes les semaines, c’est à la fois un privilège et une grande responsabilité. On en est conscients depuis longtemps.»

Pas une fatalité

Afin d’aborder la thématique du suicide avec toute la délicatesse nécessaire quand ils ont eu envie de l’approfondir, les «parents» de Yamaska ont fait appel à l’expertise des professionnels de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), leur but étant de faire partie de la solution et non pas d’aggraver le problème.

«On sait que c’est un sujet extrêmement sensible, a reconnu Anne Boyer. Énormément de personnes ont été touchées par le suicide, au

Québec ; il y a quand même trois personnes par jour qui s’enlèvent la vie. Beaucoup de gens ont été touchés et meurtris. Puisqu’on voulait traiter le sujet correctement, on est entrés en contact avec l’Association québécoise de prévention du suicide. Et de là a commencé un genre de croisade, pour parler de prévention du suicide. Ces organismes sont tellement sous-financés, ils n’ont pas beaucoup d’occasion d’être à l’avant-scène. On trouvait que c’était intéressant de faire d’une pierre deux coups.»

À travers cet investissement, Anne Boyer a réalisé à quel point certaines croyances toutes faites sur le suicide sont dévastatrices, et a compris que le simple fait de communiquer sa souffrance à quelqu’un, quand on a le goût d’en finir, est le premier pas vers la guérison. Même si on voit tout en noir quand on a mal, il faut se souvenir qu’il n’en sera pas toujours ainsi et que les choses peuvent

changer. La clé, c’est d’en parler.

«Ce que j’ai appris en parlant avec les gens de l’AQPS, c’est que les gens qui se suicident ne veulent pas réellement mourir, a-t-elle expliqué. Ce qu’ils veulent, c’est arrêter de souffrir. En posant ce geste, une personne pense qu’elle va soulager tout le monde. Mais, en réalité, ça crée une tempête épouvantable dans la vie de son entourage, qui dure pendant des années.»

«Moi, avant de m’y intéresser, je pensais que le suicide, c’était une fatalité, a poursuivi Anne Boyer. J’étais certaine que, si quelqu’un avait le goût de se suicider, c’était son affaire et ça ne nous regardait pas. Alors que ce n’est pas ça du tout. Le suicide, ce n’est pas une fatalité. On est dans une société où on est beaucoup laissés à nous-mêmes, où on ne veut pas trop se mêler de la vie des autres, mais parfois, les gens ont juste besoin de savoir qu’ils sont importants pour quelqu’un d’autre. On pourrait réduire le taux de suicide de façon très significative en parlant suffisamment et en transmettant le message que de s’enlever la vie, ce n’est pas une solution.»

«Comme ils disent à l’AQPS, le suicide est une solution permanente à un problème temporaire. Le fait d’en parler peut changer quelque chose et je trouve encourageant de penser que ça peut avoir un effet. Le vent peut tourner rapidement…»

Yamaska, le lundi, à 20h, à TVA.

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